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Cinq idées reçues sur l'intérim

En temps de crise, pourquoi ne pas se tourner vers l’intérim ? Cette forme de travail souffre souvent d’idées préconçues que nous allons tester avec un expert, Daniel Lascols, directeur du Fonds d'Action Sociale du Travail Temporaire (Fastt).

 

 

1. En acceptant des missions, je me prive d’un CDI

FAUX

« Au contraire, c’est justement le moyen de trouver un job ! observe notre expert. D’ailleurs, les agences d’intérim préfèrent se présenter aujourd’hui comme des agences d’emploi. Elles proposent des missions d’intérim et parfois des CDD et des CDI. »

 

La preuve que cela marche ? En un an, 16 % des intérimaires en moyenne décrochent un contrat à durée indéterminée selon le Prisme, regroupement des Professionnels de l’intérim, services et métiers de l'emploi. « Pour les jeunes, qui représentent un tiers des effectifs, c’est le moyen de tester diverses formes d’entreprise ou univers professionnels et de se faire repérer. C’est l’équivalent d’une période d’essai, finalement. »

 

 

2. Je n’aurai pas de vrai contrat ni de vraie couverture sociale

FAUX

Certes, à chaque mission, un intérimaire signe un contrat de travail avec une agence et non l’entreprise dans laquelle il l’envoie travailler. Malgré tout, il reste affilié, comme n’importe quel salarié, au régime général de la Sécurité sociale et bénéficie à ce titre de ses prestations.

 

En cas de congé maladie ou maternité, les indemnités journalières sont calculées en fonction de la rémunération des douze mois précédents. En outre, les intérimaires l’ignorent souvent mais ils bénéficient d’avantages particuliers à leur statut auprès du Fastt.

 

« Dès la première mission, le fonds peut vous aider à trouver un véhicule ou à régler vos soucis de garde d’enfant. Et dès que l’on a travaillé 600 heures, pas forcément en continu, sur une période de 12 mois, on a droit à des aides au logement et au crédit. » L’organisme propose aussi une mutuelle à ceux qui n’en ont pas.

 

 

3. C’est compliqué à gérer au quotidien

VRAI

Voilà un point que Daniel Lascols concède volontiers. Si pour près du tiers des intérimaires, la durée moyenne d'activité en intérim est supérieure à 10 mois dans une année, la durée moyenne d'emploi générale en intérim est de 7 mois sur une année.

 

Globalement, la durée moyenne d’une mission est de 1,7 semaine. Alors que dans le bâtiment ou l’industrie automobile, les missions sont le plus souvent d'un mois, dans la restauration, il n’est pas rare d’accepter des missions d’une journée.

 

« Dès lors, il faut se préparer psychologiquement et financièrement et savoir s’organiser. Pour certains, c’est un choix de vie, mais plus souvent, une contrainte. C’est pourquoi il est recommandé d’épargner sa prime de précarité, voire parfois la somme allouée aux congés payés que l’on touche à chaque fin de contrat, pour voir venir parfois. » Quant à la mobilité exigée, le directeur du Fastt assure qu’elle est toute relative. « La très grande majorité des missions se déroule dans le périmètre de l’intérimaire. »

 

 

4. Je n’aurai  jamais droit à une formation

FAUX

Encore une idée reçue ! Peu importe si vous cumulez des courtes missions dans plusieurs entreprises différentes : comme n’importe quel autre salarié, vous bénéficiez d’un plan de formation via votre entreprise d’intérim.

 

« Les intérimaires ont aussi accès au DIF (droit individuel à la formation), au CIF (congé individuel de formation) sous certaines conditions. » Vérification faite, pour un DIF il faut ainsi totaliser 2700 heures de mission sur 24 mois, dont 2 100 dans la même entreprise d’intérim. Certains candidats peuvent même demander un bilan de compétence ou une validation des acquis de l’expérience (VAE).

 

 

5. De toutes façons, il n’y a que des jobs dans l’industrie…

FAUX

Certes, l’industrie truste encore 39 % des postes proposés : ce qui laisse encore de la marge à d’autres secteurs comme le bâtiment et les travaux publics (23,3 % des offres recensées) et le tertiaire (37,2%).

 

De la secrétaire à l’ingénieur spécialisé, en passant par ajusteur, le soudeur ou encore le chauffeur poids lourds, une large palette de métiers sont offerts par l’intérim. Cadres y compris. « Entre ceux qui galèrent et ceux qui font de l’intérim une vraie philosophie, les profils sont variés et les débouchés aussi. Être intérimaire, c'est avoir la possibilité d'exercer un emploi dans des secteurs d'activité les plus variés. C’est aussi un moyen de réinsertion et un excellent moyen pour les seniors d’utiliser leur expertise. »

 

À condition de suivre l’ultime conseil de notre expert. « Il ne sert à rien de s’inscrire absolument partout, conclut-il. Sans se cantonner à une seule enseigne, il est important de repérer certaines agences spécialisées qui sauront exploiter au mieux votre profil. »

 

Céline Chaudeau © Keljob – 7 février 2012

 

VOS COMMENTAIRES :

Patrice Germaine, 23-02-12 :

cadre senior, l’intérim ne m’attire pas mais c’est certainement plus rassurant qu’un CDIC. Késako ? Un CDI de Chantier qui n’a rien à voir avec un CDI, une forme de contrat tout à fait méconnue.

L’appellation est trompeuse pour signifier que vous êtes embauché le temps d’un « chantier » sans savoir quand il se terminera. Lorsque la mission se termine pour quelque raison que ce soit, vous vous retrouver ipso facto en préavis de licenciement ; et si l’employeur ne vous replace pas en mission dans les trois mois, vous êtes licencier sans autre formalité.

On a ainsi les désavantages maximaux de la précarité sans avoir les avantages de l’intérim. Pour certains, ceux qui pratiquent ce style sont des « marchands de viande ». Pour la salarié, c’est extrêmement difficile à vivre. Au bilan, l’employeur fait du chiffre d’affaires, vous tend les bras en ayant besoin de vous puis vous jette à son gré.

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