Chercher un emploi

Comment bien mentir aux recruteurs

Petits et parfois gros mensonges sont monnaie courante dans les candidatures. Les recruteurs ne sont pas dupes. Découvrez ceux qu'ils tolèrent… et ceux qui font passer votre CV par la case « poubelle ».

 

Les mensonges les plus fréquents

 

« Nous publions une étude tous les un à deux ans sur le sujet. Il en ressort que plus de 80 % des CV sont trompeurs, à différents niveaux », annonce Augustin Valero, co-gérant du Florian Mantione Institut. La plupart du temps, il s’agit de candidats jouant sur les mots : "formation" ou "niveau" au lieu de "diplôme" lorsque celui-ci n’a pas été obtenu mais que le cursus a bien été suivi.

 

Les dates sont aussi souvent trafiquées pour masquer une période d’inactivité. « Ce qui est dommage, c’est que ces informations sont facilement vérifiables. Les candidats se desservent plus qu’autre chose avec ce genre d’arrangements », déplore Cindy Pavillon, responsable d’agence chez Hureca.

 

Plus anecdotique, certains ont tendance à se dévaloriser, en particulier les seniors. Augustin Valero a en effet constaté qu’« ils diminuent parfois leur niveau de salaire ou de responsabilité pour ne pas faire peur au futur employeur en présentant un profil surdimensionné par rapport au poste. »

 

 

Les limites à ne pas franchir

 

« Les mensonges par omission et les légères manipulations, c’est la règle du jeu, admet Didier Perraudin, directeur associé du cabinet de recrutement Uptoo. Plus encore pour certains profils : chez un commercial, c’est presque intéressant de voir la façon dont il peut valoriser une information dévalorisante. C’est quand il y a une vraie tentative d’embrouille que cela devient gênant. »

 

Et il est vrai que la plupart des recruteurs sont assez indulgents, car ils comprennent le besoin de gommer les défauts et de combler les trous du CV. « Il y a une marge de tolérance, tout dépend de l’impression générale, confirme Cindy Pavillon. Par exemple, pour un candidat qui gonflerait une expérience sur son CV, on peut faire preuve de souplesse… ou pas. S’il la fait passer de quatre à six mois, c’est tolérable. S’il la fait passer de quatre mois à un an, c’est plus problématique. »

 

 

Do you speak Angliche ?

 

« Les exagérations sur le niveau de langue sont si fréquentes qu’on ne les compte même plus comme des mensonges », note Cindy Pavillon. Parfois, la tromperie est innocente, il arrive qu’il s’agisse d’un manque de réalisme et que le candidat ait simplement surestimé ses capacités. La technique imparable pour démasquer l’imposture, volontaire ou non : passer à l’anglais en plein milieu du premier entretien téléphonique. « Si le candidat switch tout de suite, c’est bon. S’il hésite, c’est qu’il y a un problème. »

 

 

Le palmarès des gros mensonges

 

3e position : le candidat qui ne se présente pas à l’entretien et qui, lorsqu’on le rappelle, explique qu’il a eu un empêchement, que son rendez-vous précédent s’est terminé plus tard que prévu… puis qui finit par avouer qu’il ne s’était tout simplement pas réveillé.

« Les excuses abracadabrantes sont légions pour expliquer un retard ou une absence pure et simple », déplore Cindy Pavillon. Suicide d’une vache dépressive devant un train, grève des bus, embouteillages… Dans le monde du recrutement, ces arguments invraisemblables ou trop faciles sont considérés comme l’équivalent du chien qui a mangé les devoirs.

 

2e position : Didier Perraudin classe un candidat ayant largement exagéré ses capacités d’encadrement. Pour un recrutement sur un poste où il fallait manager une vingtaine de commerciaux, une expérience similaire était exigée. Et effectivement, la personne qui s’est présentée à l’entretien annonçait avoir déjà encadré environ vingt personnes. « Sauf qu’elle avait ajouté d’autres salariés dans son périmètre de responsabilité. Des administratifs et des techniciens qui n’avaient rien à voir avec les fonctions commerciales. » Au final, le candidat n’avait eu que deux commerciaux sous sa responsabilité et ne savait pas vraiment comment gérer une équipe plus importante. « Ca a été une rencontre frustrante, car c’était une perte de temps aussi bien pour lui que pour moi. »

 

1e position : La palme d’or revient à un candidat cumulant malhonnêteté et malchance. « Il s’était présenté pour un poste et avait soi-disant obtenu sa maîtrise à Sup de co Toulouse en 1972 », se souvient Augustin Valero. Coïncidence : il s’agissait de la promotion dont avait fait partie Florian Mantione, fondateur du cabinet. « Il a suffit d’un coup de fil au bureau des anciens pour confirmer que le candidat avait bien suivi la formation, mais qu’il avait abandonné en cours de route. »

 

Séverine Dégallaix © Keljob - Février 2011


 

Lire aussi :

Tricher sur son CV : vos témoignages

Vous avez les compétences mais pas le titre ? 4 conseils pour postuler

Les recruteurs vous confient leurs meilleurs conseils

Faites-vous contacter par les recruteurs !

Dépôt de CV

Déposez dès maintenant votre CV dans la base de CV Keljob et rendez-vous visible auprès de plus de 13 000 recruteurs.

Laissez les recruteurs venir à vous en déposant gratuitement vos CV dans la CVthèque Keljob.

Vos données personnelles seront protégées et accessibles uniquement par les recruteurs ayant accès à la Cvthèque.

Je dépose mon CV >

Partager cet article

Les recruteurs du moment

ILS RECRUTENT

Pour bien trouver votre job, rejoignez Keljob sur : Infos insolites, quiz, offres d'emploi... Actu de l'emploi et conseils