Bien mener sa recherche d'emploi

Un sportif témoigne : Fulcran Fezard, épéiste de haut niveau

L’escrime a donné plus d’un coup de pouce à Fulcran lors de ses recherches d’emploi. Il partage son expérience et nous livre quelques conseils.

 

En quoi le sport vous a-t-il aidé lors de vos recherches d’emploi ?

De plusieurs façons et quasi-systématiquement. Il s’est notamment révélé déterminant lors de mon premier recrutement. Le DRH m’a ensuite informé qu’à ses yeux mes résultats sportifs étaient révélateurs de valeurs concrètes transposables au monde du travail : la capacité à s’investir et à franchir des obstacles, une très bonne connaissance de soi, et une bonne gestion du temps (je poursuivais ma « carrière » d’épéiste pendant mes études et sans emploi du temps aménagé). Résultat, j’ai été préféré à un autre candidat expérimenté alors que j’étais jeune diplômé.

 

Et pour votre poste actuel ?

J’ignore si dans ce cas cela a été décisif, mais j’en ai beaucoup parlé avec le secrétaire général de l’établissement, lui-même ancien sportif, lors de mon dernier entretien. J’ai senti qu’il connaissait l’investissement que représente le sport de haut niveau.

 

Comment parlez-vous de l’escrime dans votre CV ?

Je mentionne dans la rubrique « activités extraprofessionnelles » que je pratique l’escrime depuis X années, dont 15 à haut niveau. Puis je précise mes principaux titres : une coupe du monde, de nombreuses sélections en équipe de France en catégorie cadets, juniors et seniors, et mes trois titres de champion de France. Je pense qu’il est important de préciser son niveau véritable : participer à un circuit national, c’est bien. Mais finir 200e sur 300, ce n’est pas pareil que faire partie du gratin.

 

Comment le sport vient-il sur le tapis lors des entretiens d’embauche ?

Je ne l’ai jamais abordé moi-même car les recruteurs l’ont toujours fait. Autrement, je l’aurais glissé au cours de l’échange, par exemple en expliquant que j’ai développé telle qualité grâce à l’escrime. Mais si on sent que ça n’accroche pas, mieux vaut ne pas insister, peut-être l’interlocuteur n’est-il pas sensible à ça.

 

Existe-t-il des techniques pour relier sport et travail dans son discours ?

Non, ça se fait tout seul. Quand on s’investit dans un sport, on l’a en soi et on l’exprime naturellement. Les recruteurs pensent quant à eux assez spontanément que tu vas faire appel à tes qualités de sportif dans ton travail. Parfois, on peut même sentir de l’admiration, et cela met particulièrement à l’aise.

 

Le fait que l’escrime soit peu répandue joue-t-il en votre faveur ?

Oui, j’en suis convaincu. Qui dit rare dit original, donc ça interpelle forcément. Il y a aussi le côté noble de l’escrime, souvent davantage perçue comme un art, qui plaît beaucoup. C’est aussi très rapide et physique, les gens le savent. La curiosité que cela suscite fait prendre une autre tournure aux entretiens.

 

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Priscilla Franken © Keljob.com – Février 2010

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