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Etre surqualifié et trouver un emploi

Par les temps qui courent, vous êtes de plus en plus nombreux à tenter votre chance sur des postes pour lesquels vous êtes surqualifiés. Problème : la surqualification fait peur aux recruteurs. Quelques conseils pour viser plus bas avec adresse.
Certes, ce n’est pas quelque chose de nouveau, ni de spécifique à la période difficile que nous traversons. Les recruteurs ont l’habitude de recevoir des CV de candidats dont les compétences dépassent, parfois même de beaucoup, celles recherchées pour un poste donné. Mais ces derniers temps le phénomène s’est accentué : « beaucoup de bons profils se retrouvent sur le marché, et leur objectif premier est un retour à l’emploi le plus rapide possible. Or, s’il y a peu ou pas de postes disponibles à hauteur de leurs compétences, ils s’orientent vers ceux qui en requièrent moins », explique Émilie Maini, consultante pour le cabinet de recrutement Attitudes.
C’est pas gagné !
Vous vous dites peut-être que les employeurs vont sauter de joie à la vue de votre super CV ? Taper dans leurs mains à l’idée du faible salaire qu’ils pourront vous donner en regard de tout ce que vous allez leur apporter ? Eh bien ils ne voient pas du tout les choses comme ça, figurez-vous. Bien au contraire. D’abord parce qu’en France tout est très cloisonné : si une entreprise cherche tel profil, avec X années d’expérience, tel type de diplôme, etc., elle s’orientera difficilement, en règle générale, vers des profils différents. Alors quand le profil est carrément atypique…
Ensuite, un recrutement ne se fait pas que sur des compétences, il répond aussi à un besoin qui est fonction d’un type d’organisation. Si l’entreprise veut un junior par exemple, il y a des raisons, en termes de contenu de la mission, de salaire, de structure et d’équipe. Peut-être le manager n’a-t-il que 25 ans et peut-être ne le voit-on pas encadrer une personne de 50 ans.
Vous représentez un risque
C’est peut-être un peu moins compliqué pour un jeune diplômé, un niveau Bac +5 qui vise un poste de niveau Bac +2 par exemple. Après tout il débute, ça peut passer. Mais pour l’entreprise, vous représentez plus un risque qu’une opportunité : vous êtes susceptible de vous lasser très vite des missions qui vous seront confiées, et donc de vous démotiver. N’allez-vous pas, assez rapidement, demander une rémunération supérieure ? Combien de temps allez-vous rester ? Combien va coûter un nouveau recrutement ?
Pour ne pas se démonter pendant l’entretien
La rencontre fait souvent la différence, comme le souligne Émilie Maini : votre personnalité peut séduire et effacer vos diplômes ou compétences en trop. Mais si vous accédez à cette étape, pas d’erreur possible.
● Ne vous dénigrez pas, restez positif. Certes vous ne collez pas à 100 % aux attentes mais on veut quand même vous rencontrer, c’est bon signe.
● N’en faites pas trop non plus, du style : « étant donné mon niveau/mon expérience, je sais tout faire, je suis le meilleur... », ça ne passera pas.
● Faites face au problème de façon ouverte : « oui, je conçois que je suis trop diplômé/expérimenté, mais je suis opérationnel de suite, je n’ai pas besoin de formation, j’ai des compétences transversales... ».
● Si on vous dit que le salaire va poser problème ou que vous allez vous ennuyer, vous pouvez répondre que ce qui compte pour vous est de remettre le pied à l’étrier/de vous mettre dans le bain rapidement et d’apprendre les bases, que la mission vous motive particulièrement pour telle et telle raisons, que vous avez un attrait particulier pour le produit/service. Interrogez aussi l’employeur sur les possibilités d’évolution, ce qu’il a à vous proposer peut représenter une motivation supplémentaire.
Diplômé de l’ESC Rennes School of Business, titulaire d’un Master en Business Administration sanctionné par l’Open University de Londres (2007) et d’un Master Études des pays de l’Europe centrale et orientale (université Jagellonne de Cracovie, 2008), Maxime Legras a choisi de miser sur un pays à forte croissance pour faire valoir ses compétences.
« J’ai toujours été très attiré par l’international et notamment l’Europe de l’Est, c’est pourquoi j’ai débuté ma carrière par un VIE de 18 mois en Pologne. Manager Europe centrale et orientale pour Devoucoux, leader mondial de la sellerie de luxe, j’ai ensuite voulu m’orienter vers la finance, qui est une autre de mes passions.
Lorsque je candidatais pour des postes correspondant à mes qualifications, on me disait que je manquais d’expérience. Lorsque je postulais à des emplois « d’entrée », on m’opposait le fait que, malgré un CV intéressant, on craignait que je m’ennuie très vite… bref, cela s’avérait compliqué de se positionner.
Finalement, la banque américaine State Street m’a donné ma chance pour un poste de comptable en Pologne. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Ma candidature les a certainement inquiétés de prime abord, mais nous sommes tombés d’accord sur des modalités d’évolution rapide vers un poste de team leader, puis de manager Pologne. J’ai notamment insisté, lors de nos différents entretiens, sur le fait qu’il était normal pour moi de faire mes preuves, et d’appréhender le quotidien des personnes que j’encadrerai par la suite.
L’ouverture aux pays émergents me semble une solution intéressante si l’on est attiré par l’international, car ce sont eux, « les grands de demain ». Beaucoup d’entreprises se développent fortement là-bas, donc les opportunités professionnelles se multiplient et les perspectives de progression se révèlent plus rapides qu’en France. »
Priscilla Franken © Keljob.com - juin 2009

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