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Séduire un recruteur en 7 minutes !

Job-dating ou speed-recruiting, le nom peut changer mais le principe est le même. Une rencontre directe avec un recruteur et 7 minutes pour le convaincre. Une occasion à ne pas rater, encore faut-il être bien préparé. Nos conseils pas à pas.
Apparu en France il y a un peu plus de 5 ans, le job-dating a dépassé le simple effet de mode. Cette déclinaison du speed-dating version emploi remporte toujours beaucoup de succès à travers l’Hexagone. On en trouve de tous types : pour les vendeurs, les ingénieurs, pour les jobs d’été, d’autres sont dédiés aux travailleurs en situation de handicap ou aux demandeurs d’emploi, certains spécifiques à des secteurs… Il faut dire qu’à la fois recruteurs et candidats y trouvent des avantages.
Job-dating, pour quoi faire ?
Pour les recruteurs, c’est l’occasion de rencontrer un maximum de candidats en un minimum de temps. Mais pas toujours. Préciada Amouyal, directrice du cabinet Potentiel RH, organise, elle, des sessions de job-dating très calibrées avec seulement une dizaine de recruteurs et de candidats du secteur banque-assurance-finance. « Avec cette formule, les recruteurs font primer la qualité sur la quantité. C’est l’optimisation de la rencontre qui les intéresse », explique Préciada Amouyal.
L’intérêt est évident côté candidats : ils ont un accès direct aux recruteurs sans passer par la classique présélection via CV et lettre de motivation. Mais attention de ne pas gâcher cette chance. Pour Wilhelm Laligant, DG de Randstad Search & Selection, comparer l’entretien traditionnel au job-dating, « c’est comme comparer le marathon et le sprint. Avec le sprint, on n’a pas le droit à l’erreur. On ne peut rater ni son départ, ni son arrivée ». Et Wilhelm Laligant est catégorique : « si vous êtes un diesel, pas la peine de vous essayer au job-dating ! ».
Les conseils pour réussir un job-dating
1. Le CV
S’il n’y a pas de présélection CV pour rencontrer un recruteur en job-dating, le jour J il faut tout de même l’apporter. Cyril Niedzweski, directeur du Pôle emploi de Gennevilliers, à la tête de l’opération A chacun son emploi, conseille de le donner à la fin de l’entrevue : « On a si peu de temps, il ne faut pas que le recruteur le passe entièrement à détailler votre CV. C’est aussi une manière de laisser ses coordonnées ».
On peut opter pour une autre alternative et faire un mini-CV. Il ne dépassera pas la demi-page et mettra l’accent sur vos compétences et votre projet professionnel.
2. Lettre de motivation ou pas ?
On oublie la lettre de motivation. Les 7 minutes dont vous disposez sont justement là pour vous permettre de démontrer votre motivation. En revanche, Wilhelm Laligant recommande de laisser une note de synthèse, en plus du CV. « Ce document ne dépassera pas les trois quarts de page et indiquera les éléments clés de votre candidature : le poste recherché, les compétences… ».
3. Comment brise-t-on la glace ?
Pas la peine de tergiverser et d’essayer de trouver la bonne formule de politesse en introduction. On rentre directement dans le vif du sujet. Wilhelm Laligant est clair : « le mot d’ordre, c’est droit au but ! ». Lors de l’opération A chacun son emploi : « ce sont les conseillers de Pôle emploi qui introduisaient les candidats auprès des recruteurs, ce qui facilitait le démarrage de l’entretien », avoue Cyril Niedzweski.
4. Comment se préparer ?
Le temps étant fortement limité, on s’entraîne à se « pitcher » en quelques secondes, c’est-à-dire à résumer son parcours et ses atouts en quelques secondes. Mais attention à ne pas réciter ! Bien sûr comme dans un entretien classique, on se renseigne sur les entreprises qui vont nous recevoir et les postes proposés. C’est fort de ses connaissances que l’on peut construire un argumentaire qui tient la route. « L’un des plus gros défauts des candidats lors de ce genre d’exercice c’est le manque de préparation, précise Préciada Amouyal. Par exemple quand on est commercial, on doit anticiper les questions classiques comme Avez-vous du réseau ? Savez-vous prospecter ? »
5. Quelle attitude adopter ?
Avec le job-dating, on sort du cadre classique de l’entretien. Ce n’est pas, pour autant, une raison de se relâcher, que ce soit au niveau de son comportement ou de la tenue vestimentaire. L’entretien est différent et pas seulement au regard du temps limité. Cyril Niedzweski, explique : « les rapports de forces diffèrent. Le recruteur n’est pas sur son terrain. De plus, s’il est rompu à l’exercice de l’entretien, il ne l’est pas toujours au job-dating. L’angoisse est donc parfois des deux côtés. Il ne faut pas non plus que le candidat devienne trop directif ! ».
Les candidats ont aussi tendance à trop parler et à trop parler d’eux. Cyril Niedzweski prévient qu’il ne faut pas avoir peur des silences. On permet ainsi à l’interlocuteur de digérer les informations qu’on vient de lui donner. Wilhelm Laligant souligne également l’excès d’égocentrisme chez certains candidats : « Ils passent leur temps à parler d’eux et concluent en lançant un j’aimerais beaucoup pouvoir vous rencontrer pour un autre entretien, alors qu’ils n’ont pas posé une seule question. Résultat, certains candidats se démarquent juste parce qu’ils se sont intéressés à l’entreprise et au poste. ». N’oubliez donc pas d’écouter.
6. Se rappeler les objectifs
Quand on participe à un job-dating, l’objectif n’est pas de décrocher un job en 7 minutes mais de retenir l’attention du recruteur pour obtenir un 2e rendez-vous. Rappelez-vous que les recruteurs vont rencontrer beaucoup de candidats dans la journée, évitez donc les formules toutes faites qu’ils vont entendre 100 fois dans la journée.
7. Comment conclure l’entretien ?
Ne perdez pas de vue l’objectif : un 2e rendez-vous. C’est donc sur ce sujet qu’il faut finir. Cyril Niedzweski suggère de demander les coordonnées du recruteur ou de fixer directement la date d’un autre entretien. « Quand on reprend contact avec le recruteur après l’événement, il faut le faire rapidement. Aucune chance qu’il se souvienne de vous au-delà de 10 jours. »
Louise Fontana @ Keljob – 21 avril 2010
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