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Négocier son salaire : les plus mauvaises techniques

La négociation salariale est une épreuve qui donne souvent des sueurs froides aux candidats. Pour éviter le fiasco, des pros du recrutement dévoilent pour Keljob les 5 erreurs à ne pas reproduire.
1. Parler salaire trop tôt
Aborder prématurément la question de la rémunération pendant l’entretien, c’est laisser entendre que votre unique motivation est le montant qui sera inscrit sur votre fiche de paie.
Par conséquent, avant de parler gros sous avec un recruteur, « il faut prendre connaissance des enjeux du poste et montrer son enthousiasme », insiste Catherine Bouchereau, chargée de recrutement au sein d’Aviva France.
Un avis partagé par Frédéric Magnen, consultant pour le cabinet Selescope. « La rémunération est un levier de motivation parmi d’autres. Un candidat qui se focaliserait d’entrée de jeu sur la rémunération ne renverrait pas l’image de quelqu’un souhaitant participer à un projet collectif d’entreprise », précise-t-il.
Profitez plutôt du début de l’entretien pour évaluer le rapport de force qui s’installe entre vous et votre interlocuteur. Plus ce contexte vous sera favorable, plus vous pourrez être offensif dans votre négociation.
2. Parler salaire le premier
Dans la mesure du possible, laissez votre futur employeur dire le premier ce qu’il avait prévu comme rémunération. Car en parlant avant lui, vous courrez le risque d’être en-dessous de ce que l’entreprise peut vous offrir.
S’il prend les devants et vous interroge sur vos prétentions salariales, répondez par une pirouette. Du type : « Qu’avez-vous prévu pour le poste ? » ou encore « J’imagine que vous avez une idée plus précise que moi du salaire que le poste mérite ».
Si le recruteur vous fait d’emblée une proposition chiffrée qui reflète votre niveau de compétences, « ne lui donnez pas votre réponse trop vite », conseille Catherine Bouchereau. Il y a certainement d’autres avantages à négocier comme des primes à l’intéressement, des tickets restaurants, un aménagement du temps de travail, une voiture de fonction, une mutuelle… Voire même une réévaluation de salaire au bout de six mois d’ancienneté.
3. Camper sur ses positions
« Une négociation salariale est un échange dont l’enjeu est de faire correspondre l’offre de poste avec le profil du candidat », rappelle Catherine Bouchereau. Lorsque vous donnerez vos prétentions salariales, préférez une fourchette relativement serrée à un chiffre précis. Par exemple : entre 30 000 et 34 000 euros brut par an.
Cela prouve que vous êtes ouvert à la négociation mais que vous savez rester ferme. Attention toutefois, à ne pas annoncer des montants trop bas. « Les recruteurs choisissant systématiquement la fourchette minimum », confie Frédéric Magnen.
Si d’aventures votre interlocuteur ne peut pas s’aligner sur le montant que vous réclamez, ne soyez pas obtus. Argumentez de nouveau et apportez des preuves tangibles de votre expertise : un chiffre d’affaires décuplé, un projet sorti de terre, la baisse d’un ratio de rotation des stocks…
Si vous êtes suffisamment convaincant, le recruteur devrait faire monter les enchères. Quoiqu’il en soit, n’essayez pas de grappiller plus de 15 %.
4. Être en décalage avec le marché
« Un candidat qui réclamerait un montant irréaliste ou déraisonnable risque de ternir sa crédibilité et par conséquent de décrédibiliser sa candidature », prévient Frédéric Magnen.
Pour éviter les bavures, renseignez-vous, en amont de l’entretien, de votre valeur sur le marché. Consultez les offres d’emploi, les études de rémunération des cabinets de recrutement, interrogez vos ex-camarades de promo, jetez un œil aux grilles salariales de l’entreprise…
Et surtout, tâchez de mettre ces éléments en perspective avec votre niveau d’expérience et votre lieu de travail. Vous craignez d’être à côté de la plaque ? « Se baser sur le salaire de son précédent poste, sans le gonfler, est un bon point de départ pour négocier », estime la chargée de recrutement d’Aviva France.
5. Parler en net
C’est une erreur qui agace de plus en plus les recruteurs. « Les candidats qui ont l’habitude de faire de l’intérim et qui raisonnent en taux horaires ont tendance à parler en net mensuel, constate Catherine Bouchereau. Or, il est préférable de prendre en considération les charges de l’entreprise dans la négociation. »
De même, pensez à demander au recruteur si le montant annuel qu’il vous propose comprend un 13e voire un 14e mois. Cela vous permettra de mieux appréhender la rémunération globale.
Aurélie Tachot © Keljob – Février 2012
| VOS COMMENTAIRES : Patrice Germaine, le 13-02-12 la 5e erreur appelle une modulation dans le cadre de la fonction publique qui est restée archaïque en la matière. Habitué effectivement à me présenter sous un global brut par an, plusieurs fois des collectivités m’ont demandé la conversion en net par mois. L’exercice est difficile, ne serait-ce justement par le fait qu’il puisse être réparti sur 12 ou 13 mois tandis qu’un salaire de la fonction publique est un vrai patchwork, le salaire de base étant souvent la moitié du salaire total. Autre point, pour ma part, évoluant dans des milieux très différents et bien que connaissant ma fourchette salariale, je propose la plupart du temps une référence qui est la rémunération que j’ai touché dans mon avant-dernier poste, plus élevée que celle du dernier où je ne suis resté que très peu de temps. Le message semble bien passé et être accepté des recruteur : dès lors que j’exprime qu’il s’agit d’une référence et non d’une exigence, toute négociation est possible. |
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