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Quel ambitieux faut-il être pour plaire aux recruteurs ?

A la question sur votre plan de carrière, vous hésitez entre l’attitude du jeune loup aux dents longues et le candidat faussement détaché. Mauvaise idée. Pour évoquer votre avenir professionnel en entretien, pensez plutôt subtilité et tact. Keljob vous guide pour triompher de cette question piège.

 


Manifester une certaine ambition est un trait de caractère plutôt bien accueilli par les recruteurs. « Cela ne vous portera pas préjudice, assure Olivier Gizzi, responsable du recrutement au sein du cabinet Attitudes. C’est normal qu’un futur employé se projette à long terme dans l’entreprise dans laquelle il souhaite travailler. Il a le droit d’expliquer ce qu’il recherche en termes d’opportunités de carrière ». Pour autant, il doit savoir rester réaliste et raisonnable !

 

Souplesse sur les échéances

« Trop souvent, les candidats attendent une évolution professionnelle sur des délais très courts », constate Olivier Gizzi. Sachez qu’aucune règle ne régit les délais d’une évolution professionnelle. Ils varient souvent d’une entreprise et d’un poste à l’autre. Force est de constater qu’un terrain d’entente est parfois difficile à trouver avec un employeur, une fois le salarié en poste. « Les entreprises n’ont pas le même rythme que leurs candidats. Elles préfèrent que ceux-ci mûrissent dans leur poste », prévient Arnaud de la Tour, Pdg du groupe Minerve, spécialiste du recrutement et intérim des métiers du service et de la finance.

Lorsque vous évoquez vos ambitions de carrière, vous avez donc intérêt à être souple sur les modalités et les échéances, sous peine d’effrayer votre interlocuteur. Evitez, par exemple, de dire que vous vous êtes fixé l’objectif de devenir chef de projet dans un an, ou pire de suggérer que vous pourriez quitter l’entreprise si on ne vous donne pas les moyens d’y parvenir… Expliquez plutôt que vous avez envie d’évoluer une fois que vous aurez acquis suffisamment d’expérience ou émettez l’idée d’encadrer un jour une équipe, sans pour autant donner une date butoir. Autre subterfuge : exposez au recruteur vos ambitions par rapport à vous-même puis, peu à peu, par rapport au poste proposé.

À noter : « contrairement aux commerciaux, qui peuvent être évalués grâce à des résultats chiffrés et ainsi évoluer en quelques années, les fonctions supports ne prennent pas en compte cette logique de performance. L’évolution de poste est donc plus longue », précise Olivier Gizzi.

 

Ne pensez pas qu’à vous, évoquez les bénéfices pour l’employeur

La plupart des candidats justifient leurs ambitions en expliquant le bénéfice qu’ils pourront en retirer : envie d’apprendre, besoin de nouveauté, intérêt personnel pour le management,… Mais attention, expliquer les raisons qui vous poussent à vouloir monter en grade ne suffit pas. « Il faut également préciser ce que cela pourrait apporter à l’entreprise », insiste Arnaud de la Tour.

Car une évolution de poste doit contenter les deux parties : le salarié et l’employeur. Elle doit bien sûr répondre aux besoins de l’entreprise, ce que vous devriez souligner lorsque vous annoncez vos ambitions personnelles. « Les candidats oublient trop souvent que les entreprises ne sont pas là pour satisfaire leurs envies », constate le Pdg du groupe Minerve.

 

Pas envie d’évoluer ? Un mauvais point

A contrario, un salarié qui ne manifeste pas d’ambition risque d’être « très mal compris », assure Arnaud de la Tour. Cela peut sous-entendre qu’il a peur de ne pas être à la hauteur lors de ses prochaines missions. Ou pire, qu’il n’a pas réfléchi à son projet professionnel. Dans ce cas-là, suivre un bilan de compétences est idéal pour faire le point sur ses objectifs de carrière. « C’est une bonne occasion, notamment pour les candidats qui ont entre 10 et 15 ans d’expérience, de donner un nouvel élan à sa carrière », explique Olivier Gizzi.

Quoiqu’il en soit, ceux qui se cantonnent à un seul poste dans leur carrière sont de moins en moins nombreux. « Le plus souvent, les salariés souhaitent enrichir leur poste avec des responsabilités supplémentaires », constate Olivier Gizzi.

Mais certains métiers font exception. « Les commerciaux n’ont généralement pas envie d’évoluer sur des postes de manager où il faut encadrer des équipes », explique t-il. De même pour ceux qui occupent des fonctions d’expertise, où « la qualité du savoir-faire peut s’accroître au fil du temps sans pour autant monter en grade », souligne Arnaud de la Tour.

Aurélie Tachot © Keljob – Mai 2010

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