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Etudiants, cadres et emploi : les illusions perdues ?
Que l’université soit le tombeau des chimères de nombreux étudiants est un fait. Plus de la moitié d’entres eux quittent l’université sans obtenir le moindre diplôme. Le rythme de travail particulier, les amphithéâtres bondés et le peu de visibilité professionnelle suffit à décourager le plus têtu des élèves. Dans le même temps, l’enseignement supérieur français possède une caractéristique unique : il est bicéphale. Les écoles grandes ou petites assurent une formation souvent plus motivante et mieux inscrite dans la réalité professionnelle. Les stages en entreprises sont des galops d’essais que savent utiliser les étudiants. Pour autant le stage n’est pas l’acabit des écoles et chaque université propose des stages conventionnés.
Le manque de connaissance du monde du travail de la part des étudiants est pointé du doigt par bon nombre de professeurs. Ces âmes éclairées reprochent aux élèves de vouloir « tout, tout de suite ». En effet, l’enquête du Groupement Syntec précise les centres d’intérêts des étudiants et des jeunes cadres. Les premiers recherchent avant tout un métier passionnant et les opportunités de travail à l’étranger. La question de la rémunération ne vient qu’ensuite. Les jeunes cadres préfèrent eux se former, l’expérience extra territoriale n’étant pas vue comme indispensable. Cette réticence au mouvement s’explique par un marché de l’emploi tendu et par l’évolution des situations personnelles. Il est plus aisé de s’envoler vers d’autres cieux à 20 ans que 10 ans plus tard lorsque vous partagez votre vie, que la maison est en train de se construire et que le crédit sur la voiture n’est pas encore arrivé à son terme.
Malgré cette divergence d’opinion, les jeunes cadres sont heureux. On aurait pu penser qu’après le parcours du combattant qu’ont pu parfois représenter leurs études, les jeunes salariés auraient la rancune tenace envers le monde de l’entreprise. Au contraire, les jeunes salariés sont fiers d’eux et de leurs employeurs.
Si l’échec à l’université est connu, la réorientation aussi. Quitte à relever des montagnes, les étudiants ne se découragent pas et apprécie la réussite quand elle est au rendez-vous. La formation reste au cœur de l’emploi. 68 % des jeunes cadres reconnaissent que leur métier actuel est directement lié à celle-ci.
Bons joueurs, 91 % des jeunes employés estiment que leur secteur est dynamique, 73 % qu’il est innovant, et 65 % qu’il est respectueux de l’éthique. 93 % ont le sentiment de bénéficier d’autonomie, ils pensent pour la plupart que leur secteur favorise le développement. Ils sont 88 % à recommander leur secteur.
Antoine Vlastuin © keljob.com
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