Conseils et emploi

Qui veut la peau de nos hôtesses de caisses ?

Y-a-t-il un complot européen contre nos hôtesses de caisses ? A lire les dernières actualités emploi les concernant, on commence à se poser la question. Barbara et Marie Christine, deux affaires pour tout un symbole.

Son histoire a fait le tour de la planète. Le mois dernier, Barbara,  hôtesse de caisse allemande est renvoyée sans ménagement après 31 ans de service. Son employeur, la chaîne de supermarché Kaiser's, la soupçonne d’un détournement de bons d’achats d’une valeur « record » de 1,30 €. Licenciement confirmé par un juge local qui retient le critère de « perte de confiance » pour valider ce renvoi.  Malgré le tollé suscité par cette affaire outre Rhin, celle que l’on surnomme « Emmely » pointe désormais au chômage.

L’affaire Barbara n’est pas isolée. Les jugements aberrants en matière de droit du travail sont aussi une réalité en France. Au moment ou les médias s’épanchent sur les malheurs de notre hôtesse de caisse germanique, ceux-ci oublient qu’il y a eu un précédent au pays de la baguette. En février 2008, Marie Christine, salariée de l’enseigne Atac à Auneau (Eure-et-Loir)  est licenciée pour faute. Objet de la sanction : 60 centimes d’euros auraient été détournés via sa carte de fidélité du magasin (somme ramenée à 40 centimes après nouveau décompte). Une somme ridicule qui  n’a d’égal que l’entêtement de l’employeur à confirmer le licenciement.
 
Après un an de bataille juridique, les prud'hommes de Versailles viennent d’annuler ce licenciement. Le supermarché Atac devra verser près de 16.000 euros de dommages et intérêts pour "licenciement en l'absence de cause réelle et sérieuse", ainsi que 1.380 euros pour "licenciement vexatoire", a indiqué la victime, confirmant une information parue dans Libération et sur Lci.fr.

Vous pensez qu’il y a finalement une justice ? Ne souriez pas trop vite. Le renvoi a été cassé, non pour une question de moralité (ce n’est pas le but de la Loi), mais simplement parce que Marie Christine a pu argumenter que sa carte de fidélité aurait très bien pu être utilisée par son ex mari. De son côté l’enseigne Atac propose une réintégration de son ancienne employée. Pas sur que Marie Christine aujourd’hui employée dans une cantine scolaire,  exulte devant cette « généreuse » proposition. 

Antoine Vlastuin © Keljob.com - mars 2009

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