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Recherche d’emploi et handicap : aides et barrières

Recherche d’emploi et handicap : aides et barrières

En 20 ans, le nombre de personnes handicapées insérées dans l’emploi a été multiplié par 16, et d’ici à 2011, la loi va se faire encore plus sévère avec les entreprises n’embauchant aucun travailleur handicapé. Et pourtant, on est loin de l’égalité des chances : en moyenne, les handicapés souffrent d’un taux de chômage de 19 %, soit le double de la moyenne nationale. 

Sur la bonne voie ?
Les chiffres sont unanimes : l’emploi des handicapés s’est beaucoup amélioré depuis les années 90. Pour autant, n’oublions pas que nous partions de loin : avant la loi de 1987, on estimait à seulement 7 000 le nombre annuel d’embauches de personnes handicapées ! En 2006, on en comptait tout de même 111 000, soit plus de 15 fois plus. La loi de 2006 a aussi fait bouger les choses, entre 2006 et 2007, le nombre de personnes handicapées en emploi a augmenté de 4 % et le nombre de demandeurs d’emploi handicapés a diminué de plus de 8 %.

Du côté de la formation professionnelle, des progrès sont aussi sensibles, l’alternance est notamment de plus en plus plébiscitée, 23 000 handicapés ont été insérés par cette voie entre 1990 et 2006. Sans oublier la création d’entreprises puisque 30 000 entrepreneurs handicapés ont monté leur projet en 16 ans.

Quant à la perception du handicap dans l’entreprise, le sondage réalisé par LH2, Manpower et l’Agefiph en 2005 fait ressortir que 93 % des entreprises qui emploient des personnes handicapées se déclarent satisfaites et que 87 % des salariés jugent la présence de collègues handicapés enrichissante.

Premier frein : la formation
80 %. C’est le chiffre sans appel des travailleurs handicapés qui n’ont pas le bac. Comment expliquer un tel chiffre ? Les handicapés sont souvent scolarisés dans des institutions spécialisées, où ils suivent des formations courtes, comme des CAP ou des BEP. Très peu d’entre eux s’engagent donc dans des études longues, souvent par manque d’accessibilité des écoles et des universités.

Pour Géraldine Plenier, en charge du pôle responsabilité sociale chez Sogeti, améliorer la formation des handicapés doit être LA priorité des entreprises et des pouvoirs publics. « Le manque de formation des personnes handicapées nous bloque souvent dans nos recrutements et nous avons du mal à trouver les compétences dont nous avons besoin », regrette-t-elle.

Les idées reçues ont la vie dure
Outre le manque de formation, le frein à l’embauche réside toujours dans le handicap en tant que tel. Certains recruteurs ont encore peur d’une présumée  « incapacité » résultant du handicap et jugent ces recrutements compliqués. « Ils sont nombreux à penser que le handicap, c’est forcément quelque chose de lourd, déplore François Atger, directeur territorial sud de la communication de l’Agefiph. Or il y a de nombreuses personnes reconnues travailleurs handicapés dont le handicap ne se voit pas ! »,

Marie Decker est responsable du pôle emploi du site handicap.fr, et elle-même en fauteuil roulant. Son travail : aider les personnes handicapées dans leurs démarches de recherche d’emploi. Elle remarque un manque d’information et de sensibilisation auprès des entreprises. «  Les recruteurs mettent très souvent la charrue avant les bœufs. Par exemple, ils pensent aménagement du poste avant même d’avoir trouvé le profil adéquat. Or on choisit un profil, on ne choisit pas un handicap ! »

Autre barrière : les employeurs ignorent aussi bien souvent les aides auxquelles ils peuvent prétendre en embauchant un salarié handicapé. « Ils doivent savoir que nous proposons de multiples moyens de pallier le handicap : un sourd aura la possibilité de bénéficier d’un traducteur, une personne en fauteuil aura droit à l’aménagement de son poste de travail », argumente François Atger de l’Agefiph (association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées).

Résultat : 20 % des entreprises de 20 salariés et plus n’ont toujours pas de personnel handicapé, et ce malgré l’obligation d’emploi qui doit être de 6 % de l’effectif total de l’entreprise. Ils doivent ainsi verser, en compensation, une contribution à l’Agefiph. Espérons que ce chiffre baissera radicalement avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi Handicap, celle-ci  prévoit que les entreprises d’au moins 20 salariés qui n’auront pris aucune initiative en matière d’emploi de personnes handicapées entre 2006 et 2010 verront leur contribution financière passer à 1 500 fois le Smic horaire par personne manquante…

 

© Keljob.com

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