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Conseils et emploi
Un « Coup de pouce » pour repartir du bon pied
Pour la seconde édition de l'opération Coups de pouce du Syntec Recrutement, le syndicat du conseil en recrutement, près d'un millier de jeunes diplômés ont pu obtenir conseils et orientations de professionnels afin d'optimiser leur recherche d'emploi. Seules conditions : être détenteur au minimum d'un bac +4 et être au chômage depuis plus de six mois.
Mains qui s'agitent frénétiquement ou voix qui tremblotent légèrement... Mardi 23 mars 2009, 9 h : le bal des débutants commence. Dans le cabinet de recrutement Mercuri Urval, c'est Khadidja, 24 ans, diplômé en Master 2 de marketing et stratégie qui ouvre la danse. Face à elle, une conseillère en recrutement et une DRH. Tout ce qu'il faut pour se mettre en situation d'entretien... L'exercice n'est pourtant pas fait pour impressionner. Rose-Marie Ponsot, de Mercuri Urval, désamorce d'ailleurs d'emblée la situation : « Je vais m'asseoir par là, près de vous. Ça fera moins tribunal. On va pouvoir faire connaissance. »
Des conseils sur mon CV...
CV à l'appui, Khadidja commence à présenter son parcours, ses stages et premières expériences. La jeune femme semble rôdée. Elle n'a pourtant passé que trois entretiens depuis six mois. « J'ai répondu à plusieurs annonces, mais j’ai eu peu de retour. C'est peut-être mon CV qui est mal fait ? »
Les deux professionnelles examinent avec attention le précieux sésame. « Il est peut être un peu
trop fourni, observe Estelle Kazek, qui a travaillé aux ressources humaines de Look Voyage. Pourquoi par exemple mentionner votre bac et votre licence ? »
...Et des petits trucs de recruteurs
De commentaires en commentaires, le curriculum reprend forme. « Vous devez absolument fonctionner par mots-clés, explique Rose-Marie Ponsot. Car grâce à eux que nous pouvons vous repérer dans les bases de CV. » Etonnement de la candidate. La journée Coup de pouce sert également à ça : décrypter les méthodes des recruteurs pour savoir au mieux répondre à leurs attentes.
Un marché caché à exploiter
« Vous avez dit que vous répondiez à des annonces, interroge Estelle Kazek. Est-ce que vous faites également des candidatures spontanées ? » C'est désormais Antoine, 24 ans, plutôt branché finance, qui est en scène. Un sac à dos entrouvert à ses pieds laisse déborder des feuilles blanches, chiffonnées à la va-vite et le langage n'est pas encore très assuré. « Oui, euh... Bah, là, comme le reste n'a pas marché, je comptais m'y mettre. » « Alors, il n'y a rien de désespérant à votre situation, rassure la DRH. Il existe tout un marché caché dans les entreprises. Si vous envoyiez vos CV spon
tanément, ils ont même plus de chance de retenir l'attention que perdus au milieu des centaines de réponses à une annonce. Il n'y aura pas forcément de poste à ce moment là pour vous. Mais on peut garder votre nom en tête pour une prochaine fois. »
Rose-Marie Ponsot confirme : « Il faut tout faire en même temps : les candidatures spontanées, les réponses aux annonces, les jobboards... C'est un vrai travail de chercher du travail. Il ne faut se fermer aucune opportunité. Surtout en temps de crise. »
Des juniors pas vraiment désespérés
Car en temps de crise, les juniors sont parmi les premiers à souffrir. « Les entreprises sont plus frileuses dans leur recrutement, reconnaît Rose-Marie Ponsot. Elles préfèrent se tourner vers des profils plus expérimentés. » Une réalité qu'aucun recruteur ne voit comme une fatalité : « Certes, les jeunes diplômés mettront plus de temps à trouver du travail, mais ils y arriveront », affirme Roland Chabrier, de R&C consultant.
Redorer l'image du recrutement
Chez lui, l'ambiance est plus cosy. Epaulé par Blandine Langlois, directrice des ressources humaines chez Editis, il reçoit directement dans son bureau. Dès le début de l'entretien, les choses sont mises au clair : « Ce rendez-vous est juste une aide qu'on vous apporte. Il n'y pas d'enjeu de poste à la clé. Vous pouvez donc être détendue et poser toutes vos questions. » Le message est passé. Clarisse, 29 ans, engage la discussion. Elle cherche un poste de commercial, elle qui vient de se découvrir une réelle passion pour la photographie et qui arbore un côté très créatif. On parle CV et méthode d'entretien, mais on épaule surtout la jeune femme dans ses questionnements sur elle-même. Le ton est presque paternel. « C'est aussi l'enjeu de cette journée, convient Roland Chabrier. Les recruteurs ont mauvaise presse. Et pour cause : nous disons plus souvent « non » que « oui ». Mais nous voulons aussi montrer que nous sommes des conseillers. »
Motivé pour mieux continuer
Ici, comme chez Mercuri Urval, les séances se terminent par un échange de cartes de visite. « Vous n'hésitez pas à nous recontacter pour toutes les questions que vous vous poserez. Ou simplement pour nous dire où vous en êtes. » A la sortie de l'entretien, Clarisse affiche un sourire radieux : « Une recherche d'emploi, c'est difficile... Mais là, c'est vraiment bon de se sentir soutenu. Ca encourage et ça rebooste. » Il suffit parfois d'un simple coup de pouce...
Tiphaine Réto © Keljob.com – Avril 2009
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