Hotellerie, Restauration

hôtellerie restauration reconversion

L'hôtellerie-restauration : le royaume des reconversions

Une diplômée de philosophie qui devient l'une des meilleures sommelières du pays, un futur médecin qui se retrouve aux côtés d'un des plus grands chefs français, un couple de fonctionnaires qui commence une nouvelle vie en ouvrant un gîte... Nous ne sommes pas dans la Cour des Miracles, mais tout simplement dans le monde de l'hôtellerie-restauration. Rencontre avec trois aventuriers du secteur.

« Le monde de la gastronomie est fascinant », Pascaline Lepeltier, sommelière

Pascaline Lepeltier a déjà goûté plus de vins dans sa vie que vous n'en verrez jamais : « La semaine dernière, j'ai dû en tester environ 400. Mais durant des grands salons, ce chiffre peut monter jusqu'à 250 par jour ! » A moins de 30 ans, Pascaline Lepeltier est déjà reconnue comme l’une des meilleures sommelières de France. Pour preuve, elle est arrivée en finale au dernier concours de meilleur sommelier de France.

Pourtant, quelques années auparavant, elle bachotait encore sur les bancs de l'université : « Je me destinais à devenir prof : après mes études de philosophie, j'ai tout simplement préparé mon agrégation. Mais je n'ai pas réussi l'oral. » C'était en 2003, et Pascaline Lepeltier remet alors tout en cause : « Je n'étais plus sûr de vouloir enseigner. Or, depuis quelques années, je bossais tous les étés pour un traiteur. Le monde de la restauration me plaisait, alors j'ai intégré une école de tourisme et d'hôtellerie à Angers. »

Un choix courageux qui lui permet d'acquérir de nouvelles qualifications, notamment dans le monde du vin. « J'ai fait de la sommellerie en apprentissage, puis j'ai rejoint le groupe de restaurants Rouge Tomate, où je travaille toujours. » Aujourd'hui, elle exerce son métier entre Paris, Bruxelles, New-York... pour son plus grand plaisir : « C'est un métier de service, donc il faut aimer le contact avec les gens. Je trouve le monde de la gastronomie fascinant. On donne du plaisir aux gens de manière simple, et même si c'est beaucoup de travail, je ne regrette absolument pas mon choix de carrière. »

« J'étais passionné par le personnage d’Alain Ducasse », Didier Elena, chef

Il y a des rencontres qui changent une vie. En 1989, Didier Elena vient de décrocher son bac et s'apprête à entamer des études de médecine. C'est alors qu'il rencontre Alain Ducasse, le célèbre chef français qui, à l'époque, n'était pas encore une star de la gastronomie française. « J'étais passionné par le personnage. Alors, un jour, je suis allé le voir dans son restaurant à Monaco et j'ai tout simplement commencé à travailler pour lui. »

Tout est allé très vite pour Didier Elena, qui choisit cette voie par instinct : « C’était une décision évidente. Une fois que j'avais mis les pieds dans la cuisine d'Alain Ducasse, je ne voulais plus en sortir, même si au départ, je me contentais d'éplucher les légumes. » Pour rassurer ses parents, il fait une école de cuisine à Paris : « Mais c'est possible de tout apprendre sur le tas dans ce métier, si on est passionné ».

Didier Elena a travaillé quinze ans aux côtés de son mentor. Depuis 2005, il est devenu chef pour le château Les Crayères, à Reims. « Ce que j'aime, c'est transformer les produits. Il n'y a plus beaucoup de métiers où la main de l'homme fait le travail de A à Z. De plus, ma fonction de chef me permet de voyager et de découvrir de nouvelles cultures, notamment par le biais des plats que je cuisine. »

« Nous ne regrettons pas d'être partis », Josiane et Alain Cattoire, propriétaires de gîtes dans le Tarn

Pour Josiane et Alain Cattoire, c'est après une longue carrière dans la fonction publique que l'heure de la reconversion a sonné. Employée de bureau, comme son mari, dans un syndicat intercommunal, Josiane Cattoire décide un beau jour qu'elle en a assez : « J'aimais mon travail, mais après 25 ans, j'en avais fait le tour. Je souhaitais continuer de travailler, mais je voulais trouver un moyen de le faire de chez moi, pour profiter de ma maison. »

Le couple choisit alors d'ouvrir des gîtes et de quitter le nord de la France. Mais la route est longue avant de voir leur rêve se réaliser : « Il a fallu attendre plusieurs années pour enfin pouvoir emménager. Car il a fallu notamment retaper la maison, qui était en ruine. »

Depuis 9 ans, leur rêve a pris forme. Ils sont aujourd'hui propriétaires de deux gîtes et de deux chambres d'hôtes dans le Tarn. « Je n'imaginais pas que cela représenterait autant de travail, explique Josiane. Mais nous ne regrettons absolument pas d'être partis et d'avoir laissé notre travail et notre famille dans le Nord. Aujourd'hui, nous avons le soleil, et même si nous n'avons pas beaucoup de temps pour en profiter, nous aimons notre nouvelle vie. »

Sébastien Hervier © Keljob.com

Partager ce lien

Les recruteurs du moment

ILS RECRUTENT