Région Sud-Ouest

Recrutement local et Sud Ouest

Faut-il être « d’ici » pour être embauché ?

Les recruteurs présents privilégient-ils les recrutements de proximité ou sont-ils ouverts aux candidats venus d'autres régions ? Nous leur avons posé la question.

« Ce qui compte, c’est de trouver les bons éléments, peu importe d’où ils viennent. Nous n’avons aucun a priori. Parmi nos chefs des ventes, nous comptons des Parisiens, des gens du Nord et du Nord-Est. Le fait qu’ils connaissent bien ces zones nous intéressent puisque, une fois embauchés, ils peuvent les gérer depuis le siège de Mérignac », explique Marie Couturier, directrice générale de Flat Lease Group.

« Il est certes difficile d’attirer des candidats dans certains endroits,
comme Mont-de-Marsan ou Agen, mais c’est une belle région et dans l’ensemble ce n’est pas compliqué de la vendre », explique Jean de Paredes, directeur de Volem Consultants.

Même son de cloche du côté du groupe Pichet : « au début, nous avons beaucoup recruté dans le bassin d’emploi local, puis nous avons dû élargir notre champ de recherches, raconte Delphine Stein, directrice des ressources humaines. Aujourd’hui, la moitié de nos salariés vient d’Aquitaine, et l’autre moitié du reste de la France. Beaucoup étaient déjà établis à l’Ouest, surtout sur la façade atlantique. Nous constatons que les Parisiens sont très attirés par la région ! »

CDiscount recrute également dans la France entière. Pour les emplois en logistique (soit 50 % des postes), les collaborateurs sont majoritairement des locaux, ce qui n’est pas le cas des fonctions achats et marketing, pour lesquelles la société a attiré beaucoup d’ex-Parisiens.

Mais attention, changer de région doit être un projet mûrement réfléchi s’inscrivant dans la durée. « Il ne faut pas choisir de venir en région si l’on recherche une vie douce où l’on travaille moins, sourit Delphine Stein. Ici, on a tendance à travailler plus car on habite moins loin de son lieu de travail. On commence plutôt vers 8h30 le matin et non 9h30 comme à Paris… »

D’autres critères peuvent jouer dans la non-compatibilité avec la région : « Nous avons été déçus par des salariés ex-parisiens dont les conjoints cherchaient du travail dans les métiers de la communication, de la mode, du journalisme ou des ressources humaines. Ils n’en n’ont pas trouvé à Bordeaux, ni dans la région. Au bout d’un an, ils sont donc repartis. Désormais, je me méfie de ces profils car l’entreprise ne peut pas investir pour quelqu’un qui risque de repartir aussi vite, » prévient Delphine Stein. Les personnes les plus mobiles sont d’ailleurs souvent celles qui ont déjà des attaches dans la région.

Et Jean de Paredes confirme que les entreprises ont tendance à se méfier des projets de vie mal ficelés : « Lorsqu’une entreprise me confie une mission, je vérifie effectivement que le cadre a toutes les dispositions pour s’intégrer dans la vie locale. Et s’il est en couple, nous demandons à voir le conjoint pour en parler ensemble. Nous évitons parfois des catastrophes. »


La rédaction © Keljob - Novembre 2009

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