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Emploi des femmes
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Un hôpital sans mâles ?

Madeleine Brès n’en croirait pas ses yeux. Elle qui dut lutter bec et ongles pour devenir la première femme médecin, quelle ne serait pas sa surprise de voir sa faculté emplie de filles ? Bastion masculin il y a encore 30 ans, la médecine française est aujourd’hui assaillie par les jeunes doctoresses.
Aux femmes l’infirmerie, aux hommes la salle d’opération ! Longtemps la médecine fut réservée au sexe fort, interdisant aux femmes l’accès à cette fonction prestigieuse. Mais en 20 ans, les femmes sont passées de 25 % à 38 % des médecins en exercice en 2005.
En outre, le nombre d’étudiantes en médecine ne cesse de croître, alors que celui des candidats masculins stagne. Résultat : les filles représentent maintenant deux tiers des étudiants en 1er cycle de médecine.
« La situation sociale supérieure du médecin a tendance à se gommer, explique Dominique Stricher, directrice du développement d'Adecco Medical et de RH Santé. Or les études de médecine sont parmi les plus longues. Ainsi, pour un statut social et un revenu équivalent, les jeunes hommes optent davantage pour un cursus plus court tel qu’une école de commerce ». Faire médecine n’est donc plus le chemin royal de la reconnaissance sociale. Ce qui affecte moins les jeunes filles, qui choisissent plus cette voie par vocation.
Avec 50 % des médecins français qui partiront en retraite d’ici 10 ans, il est ainsi fort probable que la physionomie médicale française change de sexe dans la prochaine décennie. Ce ne serait d’ailleurs pas une première mondiale puisqu’en Finlande les femmes médecins sont d’ors et déjà majoritaires.
Pédiatrie plus que chirurgie
Si elles investissent les blouses blanches, les femmes restent cependant cantonnées à certaines spécialités. La médecine du travail compte 70 % de femmes, la santé publique (médecine scolaire, en P.M.I,…) 59 %, la gynécologie 88 % et la pédiatrie près de 60 %. Des héritages du passé, comme le souligne Dominique Stricher : « Les premières femmes à avoir pu faire des études médicales ont privilégié des professions nouvelles, telles que la médecine du travail ou la santé publique, afin d’éviter d’être en concurrence frontale avec les hommes ». Elles ont aussi opté pour des spécialités où leur légitimité serait moins contestée, c’est-à-dire celles en lien avec la maternité et les enfants.
En revanche, seuls 23 % des chirurgiens sont des femmes. Car les femmes évitent les spécialités très exigeantes en volume horaire et en heures de garde, souhaitant préserver leur équilibre de vie. On les retrouve d’ailleurs davantage dans le salariat que dans la pratique libérale.
Nouveau visage médical
Femmes médecins / hommes médecins, qu’est-ce que ça change ? Rien dans la pratique, affirme Dominique Stricher. En revanche, l’arrivée des femmes a fait évoluer le mode de travail. Car les femmes médecins travaillent statistiquement moins que les hommes afin de ne pas sacrifier leur vie personnelle. Ainsi, dans la médecine généraliste, elles ne reproduisent pas le modèle du médecin de famille toujours disponible. Elles se regroupent avec d’autres confrères, travaillent sur rendez-vous, prennent un jour de congé par semaine quand elles ont un enfant… En hôpital, elles font moins de garde et plus de temps partiel.
Peu à peu, la féminisation influe donc sur notre système de santé, tout comme le vieillissement de la population. Une nouvelle répartition du travail doit être inventée pour y répondre. Intérim, communautés hospitalières de territoire, maisons de santé pluridisciplinaires,… les idées fusent pour repenser l’organisation des soins. D’autant que les jeunes docteurs emboîtent maintenant le pas à leurs consœurs.
Laure Marcus © Keljob.com
Aux femmes l’infirmerie, aux hommes la salle d’opération ! Longtemps la médecine fut réservée au sexe fort, interdisant aux femmes l’accès à cette fonction prestigieuse. Mais en 20 ans, les femmes sont passées de 25 % à 38 % des médecins en exercice en 2005.
En outre, le nombre d’étudiantes en médecine ne cesse de croître, alors que celui des candidats masculins stagne. Résultat : les filles représentent maintenant deux tiers des étudiants en 1er cycle de médecine.
« La situation sociale supérieure du médecin a tendance à se gommer, explique Dominique Stricher, directrice du développement d'Adecco Medical et de RH Santé. Or les études de médecine sont parmi les plus longues. Ainsi, pour un statut social et un revenu équivalent, les jeunes hommes optent davantage pour un cursus plus court tel qu’une école de commerce ». Faire médecine n’est donc plus le chemin royal de la reconnaissance sociale. Ce qui affecte moins les jeunes filles, qui choisissent plus cette voie par vocation.
Avec 50 % des médecins français qui partiront en retraite d’ici 10 ans, il est ainsi fort probable que la physionomie médicale française change de sexe dans la prochaine décennie. Ce ne serait d’ailleurs pas une première mondiale puisqu’en Finlande les femmes médecins sont d’ors et déjà majoritaires.
Pédiatrie plus que chirurgie
Si elles investissent les blouses blanches, les femmes restent cependant cantonnées à certaines spécialités. La médecine du travail compte 70 % de femmes, la santé publique (médecine scolaire, en P.M.I,…) 59 %, la gynécologie 88 % et la pédiatrie près de 60 %. Des héritages du passé, comme le souligne Dominique Stricher : « Les premières femmes à avoir pu faire des études médicales ont privilégié des professions nouvelles, telles que la médecine du travail ou la santé publique, afin d’éviter d’être en concurrence frontale avec les hommes ». Elles ont aussi opté pour des spécialités où leur légitimité serait moins contestée, c’est-à-dire celles en lien avec la maternité et les enfants.
En revanche, seuls 23 % des chirurgiens sont des femmes. Car les femmes évitent les spécialités très exigeantes en volume horaire et en heures de garde, souhaitant préserver leur équilibre de vie. On les retrouve d’ailleurs davantage dans le salariat que dans la pratique libérale.
Nouveau visage médical
Femmes médecins / hommes médecins, qu’est-ce que ça change ? Rien dans la pratique, affirme Dominique Stricher. En revanche, l’arrivée des femmes a fait évoluer le mode de travail. Car les femmes médecins travaillent statistiquement moins que les hommes afin de ne pas sacrifier leur vie personnelle. Ainsi, dans la médecine généraliste, elles ne reproduisent pas le modèle du médecin de famille toujours disponible. Elles se regroupent avec d’autres confrères, travaillent sur rendez-vous, prennent un jour de congé par semaine quand elles ont un enfant… En hôpital, elles font moins de garde et plus de temps partiel.
Peu à peu, la féminisation influe donc sur notre système de santé, tout comme le vieillissement de la population. Une nouvelle répartition du travail doit être inventée pour y répondre. Intérim, communautés hospitalières de territoire, maisons de santé pluridisciplinaires,… les idées fusent pour repenser l’organisation des soins. D’autant que les jeunes docteurs emboîtent maintenant le pas à leurs consœurs.
Laure Marcus © Keljob.com
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