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Emploi cinéma
Charlotte : « Avec les comédiens, c’est à 100 à l’heure tout le temps »

« La ravisseuse », avec Isild le Besco ; « Didine », avec Géraldine Pailhas ; ou encore « Les liens du sang », avec Guillaume Canet et François Cluzet…Charlotte Marrel, intermittante du spectacle lyonnaise de 26 ans, diplômée d’un BTS de production cinéma audiovisuel, évolue depuis trois ans au milieu des acteurs en vue du cinéma français. Son job : 2e assistante réalisateur, ce qui signifie qu’elle doit être « toute la journée avec les comédiens pour s’assurer que le timing du tournage est bien respecté ». Le temps c’est de l’argent, un adage qui sied à merveille au milieu du cinéma… Le boulot de Charlotte n’est donc pas de tout repos : « En amont du tournage quand je ne pars pas en repérage pour le réalisateur, je suis en contact direct avec les agents des comédiens. Je m’assure qu’ils ont bien reçu le scénario complet du film et les informe des dates et des horaires à respecter pour que tout se passe dans les meilleures conditions, explique la jeune femme. Le tournage d’un film, c’est quelque chose de très compliqué car, par souci de rentabiliser le temps et les décors, les scènes ne sont pas filmées dans l’ordre de passage à l’écran. Un acteur peut donc tourner trois jours, puis ne retravailler que la semaine suivante. Côté organisation, ce n’est pas toujours simple à gérer. »
De multiples émotions
Une fois en tournage, le meilleur compagnon de Charlotte c’est son ordinateur : « Chaque jour, je dois remplir des tableaux excel qui récapitulent l’emploi du temps de chaque acteur. 8h : maquillage ; 9h : costume ; 10h30-13h : scène 3, énumère Charlotte qui confie également à chaque comédien son « jour à jour » c’est-à-dire le texte qu’il devra jouer dans la journée.
Et quand il faut composer avec la nonchalance de certains acteurs, le stress monte encore plus intensément. « Je dois avouer que quelques-uns ont des caractères particuliers et que ça ne sert à rien de parler contraintes techniques avec eux parce qu’ils s’en moquent… » Un 2e assistant réalisateur doit donc savoir se faire respecter tout en restant diplomate. N’empêche, « ce sont des personnes très intéressantes avec qui j’aime beaucoup travailler car c’est humainement très enrichissant. Hélène de Fougerolles, par exemple, est une fille vraiment extra, précise Charlotte. Un tournage, c’est une expérience de vie très intense ramassée sur quelques semaines seulement. Les émotions sont multiples. Le dernier jour de plateau est toujours très particulier. Au début, je finissais en larmes à chaque fois! »
Un site plein d’annonces
Charlotte ne regrette rien, et surtout pas ces deux premières années professionnelles dans une entreprise montpelliéraine de production de documentaires. « C’était une expérience intéressante mais j’étais toujours assise à mon bureau, je ne voyais personnes. Moi ce que je voulais s’était vivre les émotions d’un tournage, pas gratter du papier toute la journée. » Lyonnaise de naissance, la jeune femme s’est donc rapprochée de la Commission du film Rhône-Alpes qui subventionne la réalisation de courts et longs métrages en contrepartie d’une promotion locale et de l’emploi de rhône-alpins sur les tournages. « Leur site est très bien fait et bourré d’annonces de petits boulots. J’ai commencé par distribuer les cafés et garer les véhicules. Puis, sur une grosse journée, j’ai eu l’opportunité de donner un coup de main comme assistante casteuse. Concrètement, je devais m’occuper des figurants, les faire patienter entre deux scènes, m’assurer qu’ils avaient bien compris ce qu’on attendait d’eux, etc. C’était mon premier vrai boulot dans le cinéma, se souvient Charlotte. Aujourd’hui, je trouve toute seule mes tournages car, au fur et à mesure, je me suis fais mon petit réseau dans le milieu. C’est très dur de percer mais il faut s’accrocher. J’ai ramé au moins deux ans avant de travailler régulièrement. »
Sébastien Tranchant © Keljob.com - février 2009
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