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Rachat d'entreprise
Souriez, vous êtes rachetés !

Votre entreprise vient d'être rachetée et vous ne savez pas comment réagir. Option numéro un : vous convertir en adepte du « c’était mieux avant ! », comme la plupart de vos collègues. Option moins suicidaire : adopter la positive attitude et transformer cet événement en opportunité. Parfois, ça a du bon la nouveauté…
> Intégration : les conseils d’un pro
La résistance au changement est un phénomène naturel, tout au moins dans un premier temps. À moyen terme, point de salut n’est envisageable si vous ne parvenez pas à faire le deuil de votre ancienne organisation. Pour vous aider dans votre intégration, Keljob a demandé conseil à Laurent Tylski, consultant spécialiste des affaires de fusions et acquisitions au sein du cabinet de conseil Acteo. Voici ses recommandations :
• Pas de « nous » contre « eux ». N’opposez pas les achetés aux acheteurs, sinon vous courez droit au casse-pipe. Utilisez sans plus attendre le nom de votre nouvelle entreprise, découvrez ses méthodes de travail sans à priori, et nouez des contacts avec vos nouveaux collègues (machine à café, déjeuners…). Pensez positif et ne vous réfugiez pas systématiquement dans la critique. Trop souvent, dans le même bureau, on retrouve les acheteurs d’un côté et les achetés de l’autre ! Pas très productif à long terme...
• Récoltez le maximum d’infos sur l’acheteur. Positionnement, stratégie, filiales, chiffre d’affaires, taux de croissance, valeurs, politique RH… En vous renseignant sur votre nouvel employeur (Internet, presse…), vous montrerez votre bonne volonté. Et vous découvrirez peut-être des opportunités d’évolution insoupçonnées.
• Développez votre réseau en interne. Dans la nouvelle organisation, vous aurez besoin de sponsors pour appuyer, valoriser et favoriser votre progression. Ce soutien ne se manifestera qu’au bout de quelques semaines voire quelques mois de travail. Alors mettez dès à présent votre timidité de côté et osez contacter les personnes clés. On ne vous reprochera jamais de poser des questions pertinentes (« Comment va évoluer tel secteur ? », « Recherchez-vous plutôt de nouveaux collaborateurs internes ou externes ? », « Y aura-t-il d’autres rachats à court terme ? »).
• Misez sur la formation. Lorsqu’il y a un rachat, les salariés bénéficient généralement de formations en interne. Ces ateliers vous permettront non seulement de mieux connaître l’entreprise (techniques, produits, méthodes managériales) mais aussi de vous intégrer et de constituer votre réseau plus rapidement.
• Ne grillez pas les étapes. Profiter du rachat pour demander de l’avancement serait malvenu. Il est toujours très délicat de postuler à une mobilité interne avant même de s’être familiarisé avec la nouvelle organisation. Gare aux opportunistes !
Témoignage : la vie de Laura
Acheter ou être acheté, telle est la question. En l’espace de quinze ans, la chef de projets Laura a déjà vécu trois rachats dans l’industrie très concurrentielle des technologies de l’information.
> Comment avez-vous vécu votre premier rachat ?
Pas très bien… Mon entreprise comptait 200 personnes, et nous avons fusionné avec une société qui employait plus de 1 000 personnes. En réalité, c’était un rachat pur et dur. L’acheteur nous a imposé une organisation stricte, alors que nous étions habitués à une certaine souplesse sur les horaires, l’autonomie... Nous avons essayé de rester fidèles à nos anciennes méthodes, en nous disant que nos nouveaux employeurs allaient bien s’adapter, mais ça ne s’est pas bien passé. Il y avait deux clans, nous travaillions dans des locaux séparés et nous nous regardions comme chiens et chats. Quelques mois après le rachat, l’acheteur s’est séparé d’une cinquantaine de ses nouveaux collaborateurs.
> Quelques années plus tard, dans une autre entreprise, vous avez ensuite fait partie du « clan » des acheteurs. Etait-ce plus facile à vivre ?
Nettement. C’était bien plus confortable car nous étions chez nous. Nous n’avons pas eu à changer de travail sans l’avoir demandé. Nous étions 500 et nous avons simplement dû accueillir 150 nouveaux collaborateurs parmi nous. Nous les avons reçus dans nos bâtiments, nous nous sommes présentés, nous avons brisé la glace. Cela dit, leur situation était assez simple dans la mesure où ils ont obtenu de bonnes conditions d’intégration. Ils ont, par exemple, bénéficié des avantages RH des deux sociétés. Il a quand même fallu un an pour achever cette réorganisation, mais ça s’est bien passé. Il n’y a eu que quelques départs volontaires dans les 6 premiers mois.
> L’an dernier, votre entreprise a été « avalée » à nouveau, mais cette fois-ci par une multinationale qui emploie 30 000 personnes dans le monde. Avec l’expérience, êtes-vous devenue plus zen ?
Je ne sais pas… Le plus difficile dans un rachat, c’est d’accepter un changement que l’on n’a pas choisi. Il faut repartir sur un nouveau pied, positiver, et se dire qu’on a quelque chose à apporter à l’organisation. Il ne faut surtout pas rester isolé comme j’ai pu le faire à une époque. Reste qu’il est toujours plus facile d’être du côté des acheteurs que de celui des achetés !
Benjamin Métral© keljob.com – janvier 2008
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