Accrocs sur un CV : la vérité, rien que la vérité
Olivier Pierson | 06 mars 2009
La vrai vérité vrai sur votre CV
Vous avez été au chômage pendant 6 mois, vous avez suspendu votre activité professionnelle pour élever vos enfants ou faire le tour du monde… Pendant un entretien, préparez-vous à justifier les accrocs de votre CV. Expliquez-les simplement et avec sincérité si vous ne voulez pas que ces trous deviennent des crevasses.Justifier un accroc sur un CV, c’est comme raccommoder un trou sur une chemise. Encore faut-il utiliser le bon fil et la bonne aiguille, autrement dit être capable de faire face aux questions du recruteur, sans complexe et avec conviction. Vos périodes d’inactivité ne doivent pas être un fardeau : assumez-les ! Votre facilité à en parler donnera une première indication sur votre personnalité : vous allez de l’avant, vous êtes motivé et vous n’êtes pas du genre à ruminer.
Ne mentez pas et positivez
Quelle que soit l’anomalie à expliquer, jouez franc jeu et ne cachez rien. La moindre faille installe le doute dans l’esprit de l’employeur. « Il est très difficile de rattraper un mensonge ou une omission », avertit Dominique Legoubey. Pour cette ancienne DRH devenue coach il y a 5 ans, tout l’enjeu est de transformer un accroc en une force. C’est aussi l’avis de Martine Cabaret, du cabinet e-Consulting RH. « Une situation délicate peut permettre à un candidat de se valoriser ». La façon dont vous avez surmonté une période de chômage par exemple intéressera le recruteur. Ne jouez pas les Caliméros mais démontrez que ce cap difficile a été géré de façon constructive et intelligente :- Vous en avez profité pour faire le point sur votre parcours professionnel.- Vous avez suivi une formation.- Vous avez pris du temps pour votre famille.- Vous êtes devenu trésorier dans une association…Aucune expérience n’est anodine si elle reflète une force de caractère et une capacité à rebondir. Dîtes-vous que le travail n’est pas tout dans une vie. Valorisez les activités culturelles, sociales, associatives que vous pouvez avoir par ailleurs. « Quand on est recruteur, on veut du concret », rappelle Martine Cabaret. Vous pouvez aussi utiliser des mots et des verbes qui donnent de l’épaisseur à votre discours : transition, transformation, reconversion, rebondir, changer, progresser…Si certains blancs dans votre parcours sont difficiles à exprimer, vous pouvez aussi faire appel à un professionnel pour mettre tout ça à plat et présenter une explication cohérente.Ne culpabilisez pasPour Dominique Legoubey, les candidats ont tendance à culpabiliser quand ils évoquent des accrocs dans leur parcours, même si certains sont plus faciles à exprimer que d’autres. « Bien souvent, ils font une montagne avec un grain de sable ». Il n’y a ainsi aucune honte à mettre sa carrière professionnelle entre parenthèses pour élever un enfant ou pour suivre son conjoint muté à l’étranger.D’autres cas, plus extrêmes, légitiment certaines réticences. Martine Cabaret se souvient d’un candidat expérimenté et compétent qui avait fait un séjour en prison. « C’est un élément qu’il est difficile de placer sur un CV, reconnaît-elle, mais il faut se préparer à en parler en entretien. Il faut dire la vérité. En jouant la transparence, vous rassurez le recruteur… » Idem si votre absence professionnelle est due à une cure de désintoxication, ou résulte d’une longue maladie, même si, pour tous ces cas, vous n’êtes pas obligé de rentrer dans les détails. Quelques mots suffisent, sans jamais vous départir de cette conviction : « J’affronte, j’assume et j’en parle. » Ou encore, comme le dit joliment Dominique Legoubey : « Ne donnez pas l’impression que vous êtes le bouchon de liège ballotté par les eaux, qui subit les événements. »
Ces accrocs qui sont aussi des forces
> Vous êtes parti à l’étranger : vous faites preuve de débrouillardise, vous êtes ouvert d’esprit, vous avez appris une langue étrangère…> Vous avez connu une longue période de maladie : vous n’avez jamais baissé les bras et, au contraire, vous avez fait preuve de caractère. Cette épreuve a décuplé votre motivation.> Vous avez été au chômage : vous vous êtes recentré sur vos objectifs professionnels, vous avez suivi une formation, aidé un ami à monter sa société…> Vous avez changé de cap professionnel : vous vouliez acquérir de nouvelles compétences, exercer le métier dont vous rêviez depuis tout petit…> Vous avez un trou dans vos études : vous en avez profité pour vivre pleinement une passion (sportive, culturelle…) et vous émanciper.

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