Employeur zappé = lettre de motivation ignorée
Olivier Pierson Keljob.com | 17 février 2010
Beaucoup de candidats négligent encore le « vous » dans leur lettre de motivation. Pourtant, cette partie consacrée à l’entreprise est un indicateur de votre intérêt pour le poste proposé. Evitez d’enfiler des formules toute faire, soyez finaud et utilisez nos astuces pour retenir l’attention du recruteur.
La partie consacrée au « vous » (pourquoi votre entreprise m’intéresse ?) est souvent négligée dans la lettre de motivation. Nombre de candidats oublient ou négligent ce paragraphe, pourtant aussi important que celui où l’on évoque son parcours (le « moi ») et les services que l’on propose (le « nous »).
Se renseigner : une preuve de motivation
On ne le répétera jamais assez : ne pas s’informer sur l’entreprise qui offre un poste revient à se tirer une balle dans le pied. « Peu de candidats font l’effort de réfléchir à la personne qui se trouve en face d’eux », remarque Martine Cabaret, responsable de l’équipe de recherche qualification de candidats au sein du cabinet e-consulting RH. Pour mieux cerner les attentes du recruteur, essayez de vous mettre à sa place : Pourquoi a-t-il choisi mon entreprise et pas celle d’un concurrent ? En quoi va-t-il répondre à mes besoins ?... L’absence de connaissances sur la structure est un pari risqué. Sur des postes à valeur ajoutée, les recruteurs attendent un minimum d’implication de la part du candidat. Difficile d’être indulgent par exemple avec un directeur commercial qui n’a pas récolté d’informations sur l’employeur, sachant que l’identification de cible est au cœur de son métier
- Une lettre de motivation, adressée par un professionnel de la vente à un groupe international de transport, illustre ce propos. Elle débute ainsi : « Votre groupe international a de fortes ambitions de développement. Pour relever et réussir ce challenge, vous misez sur des compétences capables de valoriser vos atouts et de mettre en place des solutions performantes. » On apprend ensuite qu’il souhaite « capitaliser ses acquis et se sent armé pour évoluer vers un poste de directeur grands comptes », ce qui n’est pas rien. « Il y a un gros décalage entre le poste qu’il vise et ses faibles connaissances de l’entreprise, ce qui n’est pas pardonnable », tranche Martine Cabaret.
Le « vous » avant le « moi » ?
Souvent, les recruteurs préfèrent les lettres de motivation commençant par le « vous ». Wilhelm Laligant, directeur général du cabinet de recrutement Advancers executive, estime « qu’il est maladroit de parler de soi en premier. » L’utilisation du « moi » à outrance provoque aussi un sentiment désagréable. « L’oubli du vous est gênant, et l’éthique, c’est aussi l’intérêt des autres… »- Cet extrait d’une lettre envoyée par une responsable commerciale dans une PME, où le vous est absent, en témoigne : « Je cherche à donner un nouvel essor à ma carrière. Je suis diplômée de l'Ecole Supérieure de Commerce de X. (…) Je cherche donc à relever de nouveaux challenges. Je souhaite intégrer une entreprise qui pourra me proposer des perspectives d'évolution intéressantes. » L’impression dégagée est sans appel. « C’est du e-mailing. Elle doit démarcher toutes les entreprises avec la même lettre. » La succession de « je » laisse aussi un arrière-goût prétentieux. Si un candidat doit faire montre d’assurance, il doit aussi rester humble ! Professionnel entre les lignes
Les formules toutes faites, les éléments recopiés tels quels sur le site de l’entreprise n’apportent rien et brisent le rythme. Rappelez-vous que dans « lettre de motivation », il y a… motivation ! Elle doit transparaître dans votre style pour capter l’attention. Inutile non plus de dire que l’entreprise est leader ou innovante dans son domaine. Primo, elle le sait déjà. Deuxio, on pourrait croire que vous cirez les pompes. « Le too much n’est pas agréable non plus. Il faut être sincère et professionnel », précise Wilhelm Laligant.
Démontrez en quoi votre profil est pertinent par rapport aux valeurs et à la culture de l’entreprise. « On n’embauche pas seulement une personne sur sa carte de visite », souligne Martine Cabaret.Enfin, si les accroches classiques sont à éviter, elles ne sont pas éliminatoires. Encore faut-il offrir à l’employeur ce dont il a besoin. Cette candidate postulant pour un poste de juriste dans le domaine du commerce et de la distribution, s’en est bien tirée :
- « L’offre de poste parue sur le site XXXX a retenu toute mon attention. Connaissant le renom des magasins YYYY, j’ai pu apprécier également le dynamisme des professionnels de la distribution au cours de mes expériences professionnelles. Et sur un plan strictement juridique, la loi Châtel du 3 janvier et la Loi de Modernisation de l’Economie du 4 août dernier ouvrent de nouveaux challenges. » Le vous n’est pas très travaillé et la mention de l’annonce aurait pu figurer dans l’objet de la lettre. Mais elle démontre des connaissances juridiques qui intéressent le recruteur. « On ne l’avait pas mentionné dans l’offre mais on recherchait quelqu’un qui connaissait cette loi de modernisation »

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