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Ce que font les chercheurs d'emploi et qui ne sert à rien

À force de vouloir bien faire, certains candidats en font trop. Au point, d’être parfois contre-productifs. Des professionnels du recrutement détaillent avec nous les initiatives des chercheurs d’emploi qui ne sont pas efficaces pour décrocher un job.

1 Gommer les trous dans son parcours

Quand Kevin Zarka regarde un CV, il trouve vite certains parcours trop lisses. Parmi les indices qui sautent aux yeux de ce recruteur : les dates, exprimées en années sans préciser les mois de début et de fin de collaboration, paraissent vite suspects. « La maîtrise d’un CV tient à son exhaustivité technique tempérée par des touches très humaines », explique ce consultant et talent researcher au sein du cabinet de recrutement Hunton Lewis. Pourquoi gommer une période de chômage qui, aujourd’hui, arrive à tout le monde et participe à la construction d’une personnalité ? « Car au final, cet épisode apparaîtra soudain comme un signe positif d’honnêteté et une difficulté surmontée. »

 

2 Écrire une lettre de motivation à la main

Prendre sa plus belle plume, c’est bien. Mais signer sa lettre de motivation avec un lien hypertexte renvoyant vers son blog, son profil Viadeo ou LinkedIn, c’est mieux… « Aujourd’hui, une lettre manuscrite risque surtout de finir à la poubelle, observe Alain Gavand, responsable d’un cabinet de recrutement et de management en ressources humaines. Quand une candidature n’est pas retenue, elle est souvent ajoutée à une CVthèque pour de futurs postes à pourvoir. Or, quand on reçoit un courrier écrit à la main, il faut le numériser pour le garder en archives. C’est un peu fastidieux... »

 

3  Rédiger un mail de motivation trop long

« Je vais être sincère avec vous : je ne lis quasiment jamais les mails de motivation. » Christine Damasceno dit tout haut ce que de plus en plus de recruteurs font tout bas. Quand elle reçoit une candidature, la responsable recrutement et compétences de T-Systems France regarde directement la pièce jointe. « C’est dans le CV que j’espère trouver toutes les informations dont j’ai besoin : ce que le candidat sait faire, ce qu’il veut faire et le chemin parcouru pour en arriver là. » Pas question de zapper le mail de motivation pour autant. Mais pas la peine de perdre son temps : mieux vaut accompagner son CV d’un message court, poli et percutant. L’essentiel est ailleurs.

 

4 Envoyer trop de CV

Beaucoup de candidats zélés ne regardent pas à la dépense d’énergie. En effectuant leurs démarches par internet, ils sont souvent tentés d’arroser le maximum de recruteurs, voire de les relancer en quelques clics. Mais cette avalanche de CV sert-elle à quelque chose ? Daniel Porot, spécialiste en gestion de carrière, en doute. Ce consultant recommande plutôt de canaliser ses efforts en diversifiant ses approches et ne pas oublier, par exemple, de solliciter son réseau, envoyer des candidatures spontanées ou assister à des événements de recrutement.

5 Démarcher un recruteur qu’on ne connaît pas sur les réseaux sociaux

Il y a réseau et réseau. « Par définition, un réseau se construit, observe Hervé Bommelaer, spécialiste de la question. Aujourd’hui, on peut vite contacter quelqu’un d’intéressant sur les réseaux sociaux en une ou deux étapes. Mais comme dans la vie, mieux vaut ne pas envoyer un CV venu de nulle part. Préférez contacter un ami commun dont on pourra se recommander. C’est une façon de personnaliser sa démarche et de la rendre plus efficace. Car il est rare que l’on ne vous réponde pas si vous êtes « envoyé » par quelqu’un. »

 

6 Poursuivre un entretien quand on s’aperçoit qu’il ne nous intéresse pas

Véronique Sharayri sait que son conseil va surprendre. Pourtant elle assume. Cette consultante au cabinet Jacéa RH a déjà cherché du travail. « Je me souviens d’un entretien d’embauche qui a duré 3 h 30. Mais aussi d’un autre qui s’est achevé, à mon initiative, au bout de deux minutes ! Je sentais que le poste n’était pas pour moi. J’aurais été prise sur un malentendu et cela se serait mal passé. »

Selon cette spécialiste, les candidats, par peur de ne pas trouver d’emploi, prennent la première offre venue et n’osent pas interrompre certains processus. « Ce ne sera pas mal vu par le recruteur, au contraire : un candidat est davantage valorisé s’il lui évite de perdre du temps. Et en plus, il sera plus heureux, à terme, s’il attend de trouver le poste qui correspond le mieux à son profil. »

 

7 Essayer de contrôler ses gestes

Grâce à la synergologie, on sait que le corps dit tout haut ce que l’esprit pense tout bas. Mais si cette discipline est à la mode, Corinne Moret, dirigeante du cabinet Coaching et Communication, met en garde contre les dérives chez certains candidats. « On peut se servir de la synergologie pour observer un recruteur et voir s’il est convaincu ou sceptique mais surtout pas pour se contrôler soi même. Il n’y a rien de plus contre-productif qu’un individu qui essaie de masquer une vulnérabilité avec des regards ou des gestes faussement appuyés. Il paraîtra faux car on ne peut pas tricher. »

Vos réactions (29 Réactions)

  • Mafalda del Quino

    Sans

    Ce que font les chômeurs sans allocations...

    Perdre beaucoup de temps en procédures administratives et autres pour voir leurs dépenses se réduire, pallier la discrimination (exemple de contrats d'assurance augmentés du fait de votre nouveau "statut", demander l'application de la réglementation chômage que l'ancien employeur public ne veut pas appliquer, répondre à des offres vainement avec ce qu'il reste d'optimisme, le marché de l'emploi se trouvant saturé, les exigences des recruteurs exagérées pour le salaire quand il est affiché (on exige la formation spécialisée et l'expérience, on est trop jeune, trop vieux, trop ou pas assez diplômé...), et beaucoup d'offres se trouvant dans les faits non actualisées, sans réponse donnée, détail sur l'entreprise, sa localisation, les moyens...

  • emma

    Les gens qui insultent les demandeurs d'emploi d'assistés sont des idiots qui n'ont rien compris ! moins d'un chômeur sur 2 est indemnisé

    Je suis d'accord avec tripalée, un jour, j'ai fait 700 km de route. J'avais répondu à une annonce le poste était censé être à temps plein. Arrivée à l'entretien, c'était un poste à 20h au smic. Le problème c'est que ce type de déconvenue m'ait arrivé plusieurs fois à un tel point que maintenant quand ça se produit, j'ai l'impression que je vais cracher toute ma colère au recruteur car lorsque je pose des questions au recruteur par téléphone, ils sont désagréables me disent de venir à l'entretien et point barre. J'en ai marre de lire des articles "les erreurs des candidats et bla bla bla" si vous êtes journaliste faites des articles "ce que les recruteurs font et qu'ils ne devraient pas faire". Déjà si ils pouvaient nous donner une réponse.

  • Mafalda del quino

    en réponse à : emma

    En effet!

    Et s'ils pouvaient cesser de profiter du marché piteux de l'emploi par leur exigences au delà de leurs compétences, expériences, formations...sans contrepartie, prise de risque et définition exacte de leur offre... Cesser de mépriser l'âge, le sexe, l'expérience, le diplôme, ou les fautes qu'ils produisent eux même dans leurs annonces. Quant à la situation des femmes là aussi, n'en parlons pas...

  • Tripalée

    Bonjour,

    1- Il y a dix ans, les recruteurs me disaient que j'étais trop jeune et donc non crédible... Maintenant, pour le même poste, ils me disent que je suis trop vieille... (j'ai 35 ans !)

    2- Dans les conseils prodigués par les sites, sauf erreur de ma part, il n'est jamais question des recruteurs qui "noient le poisson" et s'appliquent à ne pas vous préciser le contenu exact du poste pour lequel vous passez l'entretien. Dans ces cas-là, les descriptifs de postes sont souvent laconiques, et malgré les questions que l'on peut poser, la personne en face de vous reste évasive ou devient même méfiante.

    Comment se fait-il qu'un recruteur puisse imaginer chercher à tout savoir du candidat (de manière parfois limite...), alors qu'il ne fait pas l'effort minimum de lui fournir l'information somme toute limitée concernant le travail à faire ?

    Ca m'est arrivé plusieurs fois. Chaque fois j'ai pensé qu'il y avait un loup... Ces situations ne peuvent pas aboutir sur quoi que ce soit de bon, de toute façon ! Mais j'ai l'impression qu'elles sont de plus en plus fréquentes.

    Cdlt

  • Mafalda del+Quino

    en réponse à : Tripalée

    FIFTY 3

    Je cumule la discrimination sur le sexe avec celle de l'âge... Ah si Nicolas m'avait adoptée, que j'étais née dans une étude de notaires, si j'étais élue... je ne me serais jamais inquiétée et n'aurais pas à produire Cv et lettres de motivations en vain, le tout sans allocation (refus ancien employeur public exposé obligé au TA).

  • saivo12

    en réponse à : Tripalée

    je te réponds

    1- Il y a dix ans, les recruteurs me disaient que j'étais trop jeune et donc non crédible... Maintenant, pour le même poste, ils me disent que je suis trop vieille... (j'ai 35 ans !)
    ===> prétexte fallacieux pour te dire :
    - pas le bon physique
    - je vous prend pas

    2- Dans les conseils prodigués par les sites, sauf erreur de ma part, il n'est jamais question des recruteurs qui "noient le poisson" et s'appliquent à ne pas vous préciser le contenu exact du poste pour lequel vous passez l'entretien. Dans ces cas-là, les descriptifs de postes ...

    ===> il a vu dès la 1er seconde que vous faisez pas l'affaire, tout se joue dès le 1er contact, comme dans la vie

  • aurélie

    Totalement d'accord avec ce message ! j'ai 24 ans et je n'ai toujours pas trouvé un vrai métier ! Dès lors que je vous êtes jeunes, les entreprises ne prennent pas le temps de s'occuper de vous, elles se disent simplement " pas assez d'expérience, au revoir". Sale société!

  • ericm

    conseils

    plus on lit les conseils, moins on est conseillé. faites le comme vous le sentez, soyez vous même.

  • emma (trop vieille à 51 ans !)

    Les DRH marchent vraiment sur la tête, mouton à 5 pattes payés au smic

    Il y a de plus en plus de cv entier à trous car, entre les jeunes dont les entreprises ne veulent pas et ceux qui sont vieux après 45 ans pour certaines entreprises. Quand je pense qu'on nous dit qu'il faudra travailler jusqu'à 80 ans alors que certaines entreprises ne veulent plus de gens après 45 ans (déjà trop vieux!). Et les chômeurs que plein de gens insultent d'assistés ou de fainéants sans rien comprendre à la réalité. Il faudrait apprendre aux DRH à vivre dans un monde REALISTE. Cette France marche sur la tête !

  • Mafalda del+Quino

    en réponse à : emma (trop vieille à 51 ans !)

    Et que dire

    de tous ces gens qui cumulent emplois et retraites sans jamais avoir cherché à postuler du fait de leurs droits de naissance ou d'élus ou assimilés (élites dites)?
    Que penser de ces gens assis et vissés sur leurs sièges depuis la naissance ou presque?

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