Comment rater son intégration dans une nouvelle entreprise
Fiona Collienne © Keljob | 10 juillet 2012
L’arrivée dans une nouvelle entreprise est toujours un moment délicat à aborder. Si personne n’attend que vous soyez parfait, il y a des comportements qui pourraient vous freiner dans votre intégration. Des experts dévoilent pour Keljob les erreurs classiques d’une prise de poste.
Tout comparer à son ancienne entreprise
Le changement des méthodes de travail d’une entreprise à une autre peut être difficile à gérer. « Il arrive parfois qu’une nouvelle recrue parle de son ancienne entreprise comme si elle y était encore attachée ou comme si elle n’avait pas réussi à faire le deuil de son précédent poste », remarque Nathalie Atlan-Landaburu, responsable du domaine RH au sein de CSP Formation. Or, le collaborateur friand de comparaisons avec son lieu de travail passé se trouve rapidement dans une posture de critique et de dénigrement qui peut être très mal perçue et qui rend son intégration plutôt difficile.
Rester dans son coin
Il est difficile d’arriver dans une équipe déjà constituée et de se faire une place. Pourtant, on attend généralement du nouveau collaborateur qu’il fasse un effort pour se présenter et s’ouvrir aux autres. « Une erreur classique consiste à ne pas s’intéresser à l’équipe, à ne poser aucune question et à s’exclure soi-même du groupe », indique Evelyne Petit, chef de projet RH au sein du cabinet Merlane. Pour elle, cette attitude peut-être le signe d’une timidité excessive ou d’un manque d’intérêt et de curiosité vis-à-vis de ses nouveaux collègues. Bref, rien de très positif…
Brûler les étapes
Pour Patrick Ragaru, directeur des opérations du cabinet de sécurité informatique Lexsi, la première semaine passée dans une entreprise s’apparente à un état de grâce. « C’est une période très courte au cours de laquelle on peut quasiment tout se permettre et poser des questions sans être jugé. Et ce serait une erreur de ne pas en profiter », affirme-t-il.
Certains nouveaux salariés veulent faire leurs preuves et se plonger dans l’action dès les premiers jours. Si cet enthousiasme peut se comprendre, mieux vaut toutefois observer et prendre le temps de comprendre les codes de l’entreprise et les manières dont communiquent les équipes en place.
Déborder de confiance
Tout part en général de la crainte d’un monde inconnu. Certains se montrent exagérément timides et refermés sur eux-mêmes. D’autres, par contre, sont démesurément assurés et veulent s’imposer au reste de l’équipe dès les premiers jours. « Cela arrive parfois avec les jeunes managers, précise Nathalie Atlan-Landaburu. Ils agissent un peu comme un nouveau professeur qui arrive en classe et veut tout de suite asseoir son autorité. Pourtant, cette attitude met les gens mal à l’aise ». Un peu d’humilité, d’observation et d’écoute sont donc à privilégier les premières semaines après la prise de poste.
Vouloir être le centre du monde
« Certains salariés arrivent en voulant immédiatement être dans la relation politique, construire leur base de pouvoir, parler aux personnes qui leur permettront d’évoluer plus vite… Or, cela peut leur jouer des tours », indique Stéphanie Floiras, responsable recrutement pour la SSII Micropole.
Non seulement ces nouveaux collaborateurs ne s’intègreront pas sainement dans l’entreprise mais leur efficacité au travail risque d’en pâtir. « En voulant se mettre au centre du groupe, ce type de salarié peut être moins concentré sur son travail et ses résultats vont vite en souffrir. Ce que ses responsables ne manqueront pas de remarquer tôt ou tard…», ajoute-t-elle.
Ne pas s’adapter à son équipe
Lorsque la nouvel arrivant est un manager, il arrive qu’il oublie d’encadrer l’équipe dont il est en charge, obnubilé par sa propre intégration. « Certains ne prennent pas le temps de réaliser des entretiens et des réunions d’équipe afin de mieux connaître leurs nouveaux collaborateurs », regrette Evelyne Petit.
Pour s’assurer d’une bonne synergie d’équipe, mieux vaut étudier le style de communication de l’équipe en place. « Si le manager est en charge d’une équipe composée principalement de personnes introverties et qu’il leur demande continuellement d’afficher leur avis en réunion ou de se lever pour faire une présentation, son intégration en tant que manager risque d’être difficile », illustre-t-elle.
En bref, quelle que soit la position du nouveau collaborateur, le fait de respecter une phase d’observation permet d’éviter de nombreuses erreurs.

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