5 questions évidentes que vous négligez en entretien d'embauche

Vous savez que le recruteur va vous poser ces questions. Ce sont des incontournables de l’entretien d’embauche. Vous avez donc tout intérêt à les préparer. Pas à répéter quelques bouts de phrases dans votre tête, mais à les écrire et vous entraîner à les dire. Keljob vous guide pour élaborer les meilleures réponses.

1 Parlez-moi de vous…


Cela commence souvent mal alors que la question est attendue. « La plupart des candidats se doutent que l’on va leur demander de résumer leur parcours, constate Yves Gautier. Et pourtant, la majorité ne préparent pas ou anticipent mal cette question. » Ce coach, animateur du site Entretienembauche.tv, observe toujours la même erreur. « Les candidats racontent leur parcours. Ils disent qu’ils ont fait ceci, puis cela. Mais le recruteur le sait déjà car, normalement, il a lu son CV ! » Cet expert recommande une autre approche pour ce premier discours, préparé en fonction des besoins identifiés dans l’annonce. « Privilégiez plutôt des introductions thématiques du genre "Voilà mon parcours dans les grandes lignes et les compétences que je peux vous apporter aujourd’hui." » Yves Gautier suggère alors de citer deux ou trois compétences, illustrées par un exemple. « Généralement on évoque d’abord une compétence technique, ensuite une autre plus centrée sur le relationnel, et éventuellement quelque chose de plus original. »

"Trop de candidats citent des qualités vagues, générales et déconnectées du job en jeu. Or il faut pouvoir pouvoir raconter une histoire qui parlera au recruteur en fonction de ses besoins."

2 Quel est votre principal défaut ?


Jean-Yves Arrivé reconnaît qu’il pose souvent cette question à reculons. « Les candidats ont beau s’y attendre, neuf fois sur dix, ils répondent à côté de la plaque », constate l’auteur du guide Les 50 règles d'or de l'entretien d'embauche. En clair, ce recruteur en a assez des clichés comme l’expert-comptable trop tatillon. « La bonne réaction consiste à ne pas présenter des défauts qui auront l’air de qualités. Il faut être plus pertinent que cela et réfléchir à des défauts qui traduisent une réelle authenticité. Par exemple, vous pouvez confesser une timidité maladive en expliquant comment vous parvenez à la surmonter. Le recruteur sera étonné et retiendra surtout votre honnêteté, voire votre capacité à surmonter une certaine adversité. »

 

3 Pourquoi voulez-vous travailler ici ?


« Souvent je constate que les candidats ne préparent pas assez l'entretien de recrutement alors qu’ils ont beaucoup d’indices à disposition », déplore Marjorie Di Placido. La dirigeante du cabinet Human'ity invite les candidats à réfléchir à leurs motivations… et si possible en fonction des attentes du recruteur. « Il y a déjà, en général, quelques indices dans l'annonce. Quand une start-up évoque une certaine ambiance, il faudra insister sur sa capacité à s'intégrer dans un petit groupe par exemple. Si on a un descriptif de poste, chaque mot est important et il est judicieux de réintégrer subtilement certaines idées dans son échange avec le recruteur. Il faut préparer à chaque fois un topo personnalisé en fonction des besoins de l’autre et en étant capable de l’illustrer deux ou trois idées-phares. »

 

4 Citez-nous une de vos qualités…


Car en effet, l’argument vaut pour toute question sur les principales qualités du candidat ou ses réalisations probantes. « Déjà, on évoque uniquement des qualités ou des réussites clairement en relation avec des expériences passées qui pourront illustrer le propos et rendre son propos plus concret », analyse Alexandre de Gennaro, auteur du livre Entretien d’embauche, comment faire la différence. Ce chasseur de têtes recommande d’ailleurs de préparer quatre ou cinq arguments autour de qualités à la fois techniques et relationnelles et de varier ses réponses en fonction de l’enjeu. « Trop de candidats citent des qualités vagues, générales et déconnectées du job en jeu. Or il faut pouvoir pouvoir raconter une histoire qui parlera au recruteur en fonction de ses besoins. Quand on parle d’une qualité ou d’une réussite, il faut vraiment qu’elle ait une résonance par rapport au poste convoité. »

 

5 Quelles sont vos prétentions salariales ?


Et voilà, pour finir, une question qui survient rarement dès le premier entretien. Raison de plus, alors, pour ne pas buter sur l’obstacle… « Il faut pouvoir parler de sa valeur pour répondre à des objections du genre "Vous êtes cher" », explique Émilie Devienne, auteure du livre Savoir s'exprimer. Cette coach recommande d’abord aux candidats de se poser pour pouvoir répondre par un chiffre sans se perdre en hésitations inutiles. « Ensuite, il faut pouvoir expliquer, sans être gêné ni  arrogant, que votre demande est tout à fait légitime. Parfois, il suffit de dire, en une phrase, que c’est ce que vous touchiez dans votre ancien poste. Vous pouvez aussi vous être référé à l’une des nombreuses études de rémunérations publiées par différents cabinets sur le marché. Et enfin, dans certains cas, il faut être capable de dire "Je vous coûte tant, mais voici ce que je vous apporte et ce que je peux vous rapporter". » Mais quoi qu’il arrive, il vaut mieux s’entraîner… »

La rédaction