5 trucs pour manipuler son boss

Que ce soit pour décrocher une augmentation ou obtenir une faveur, il y a des techniques qui vous permettent de parvenir plus facilement à vos fins face à votre chef. Des experts du management vous livrent leurs astuces.

1 Commencer par le flatter… discrètement


Face à son boss, un faux pas est vite arrivé. Il est même très fréquent de riper dès la première phrase dans le bureau de son patron, comme l’explique Monica Wofford, experte américaine en leadership et auteure d’un livre sur la neutralisation des personnalités toxiques. « Si vous dites “Je vous dérange ? ”, en passant une tête dans son bureau, inconsciemment, vous commencez par le dévaloriser. Bien sûr qu’il est débordé ! Dites plutôt “Je peux vous voler une seconde ? ” ». Une manière de le flatter d’entrée de jeu… en toute discrétion.

2 Interpréter son attitude pour lire dans ses pensées


Est-il dans de bonnes dispositions ? À peine entré dans son bureau, vous saurez. S’il penche la tête vers la gauche, c’est qu’il est détendu et potentiellement bien disposé à votre demande. Mais si votre boss penche du côté droit, c’est l’hémisphère gauche du cerveau qui travaille, signe que vous devrez déployer un solide argumentaire pour le convaincre.
Vous souhaitez décrocher une augmentation par exemple ? Quelques notions de synergologie ne seront pas de trop. « Plus de 80 % de nos échanges passent par des canaux non-verbaux », rappelle Martine Hermann, spécialiste du langage corporel et formatrice en synergologie. Regardez votre interlocuteur dans les yeux. Il y a un petit muscle sous l’œil qui se contracte quand on est bien. Mais, si vous commencez à apercevoir le blanc de l’œil, c’est qu’il est déjà moins à l’aise. « Même si la synergologie est une science, on peut apprendre quelques trucs simples. Par exemple, si votre boss se pince les ailes du nez, c’est le signe qu’il ne “sent pas” ce que vous lui dites. Ce sont des indices qui peuvent vous aider à moduler votre argumentation. »

3 Argumenter dans le bon sens


Vous avez trouvé un moment propice d’échange avec votre boss ? Pour ne pas rater votre chance, le coach Stéphane Malochet vous recommande de paraphraser une des célèbres formules du Président Kennedy : ne vous demandez pas ce que votre entreprise peut faire pour vous, mais plutôt l’inverse. « La clé majeure est de construire votre vision, votre projet professionnel en dehors de la simple logique du “J’ai droit à… ” », explique le consultant et co-auteur du livre Et si j’apprivoisais mon chef ? .
Privilégiez plutôt la logique suivante : « Pour me réaliser professionnellement, j’ai besoin de… afin d’atteindre à court ou moyen terme tel objectif ». Souvent vous serez confronté à une surcharge de travail ou un manque de moyens. « Le fait de l’exprimer, voire de s’en plaindre, est souvent peu audible par votre supérieur, poursuit-il. Par contre, lui parler d’analyse des risques peut l’amener à prêter une oreille beaucoup plus attentive. »

4 Neutraliser ses défauts


Pour arriver à ses fins avec son manager, il y a une autre donnée à connaître : « Les mauvais chefs sont les plus difficiles à manipuler, lâche Hélène Jacob, une ancienne manager du secteur de la téléphonie mobile, aujourd’hui devenu coach. « J’ai identifié trois grandes familles de mauvais managers : les passifs, les agressifs et les manipulateurs », résume-t-elle.
Mais quelque soit la nature de votre chef, rien n’est perdu. « Dans un rapport entre un subordonné et son supérieur hiérarchique, il ne faut pas oublier que le salarié porte à 50 % la responsabilité de la nature de la relation » explique la consultante, auteure du livre C’est qui le chef ? Ou comment manager son boss ! .
« Avec un chef passif, il ne faut pas hésiter à fixer des délais et le mettre au pied du mur. Et avec l’agressif, il faut osciller entre le calme et la flatterie. » Reste le manipulateur, par définition le plus compliqué à manipuler. « Celui-là joue sur vos faiblesses. Il faut sortir de l’affect et retrouver une certaine froideur. Formuler sa demande avec des termes clairs, non sujets à interprétation, et surtout concrets. »

5 Hypnotisez-le (enfin presque)


On doit ce conseil amusant à Victoria Remi-Delgado. Cette psychanalyste, spécialisée dans les techniques de relaxation, suggère d’endormir un peu son interlocuteur. Imposez votre tempo. « Hypnotisez-le, ou presque, sourit-elle. En effet, le stress génère le stress. Si votre boss vous met la pression, vous aurez une tendance naturelle à parler vite et beaucoup pour remplir l’espace et garder une contenance. » Or, selon la praticienne, cette attitude est contre-productive. « Consciemment ou pas, votre boss vous manipule et impose son rythme. Or vous pouvez justement casser ce schéma et retourner la situation. »
Plus facile à dire qu’à faire, certes. Pour vous aider, relaxez-vous régulièrement en pratiquant la respiration abdominale - c’est-à-dire gonfler le ventre en inspirant et le rentrer en expirant. Parlez lentement, brièvement et marquez des silences. Par exemple, pour répondre à une question, lâchez une brève locution – du genre “d’accord” - suivie d’une longue pause. C’est un bon début.

La rédaction