6 modèles de CV à jeter à la poubelle

Le tout premier tri de CV qu’opèrent les recruteurs dure moins d’une minute ! Vous comprenez que le fond et la forme sont tout aussi importants. Pour vous éviter de choisir une présentation qui dessert votre parcours, quatre pros du recrutement commentent des CV qu’ils ont reçus et écartés.

Le CV girly


« La charte graphique est très lourde et comporte beaucoup trop de fioritures. Les motifs et le choix du rose le rendent puéril. La photo est également trop grosse. Du coup, je ne vais regarder que la présentation et passer à côté du contenu. Le CV donne une idée très orientée sur la personne que l’on peut avoir en face de soi : il y a beaucoup d’ornements mais pas fond. C’est beaucoup trop exubérant. Le CV doit être neutre et la photo ne peut pas occuper la moitié d’une page. On peut utiliser une police un peu plus originale ou de la couleur, tout en restant pondéré. Le CV est une description des compétences et non un dessin », rappelle Céline Lachenal, chargée de recrutement chez SGS.
 

 


Le CV bidouille


« Aucun effort de présentation n’a été fourni. La candidate a scanné un modèle Word qu’elle a ensuite utilisé comme fond de document pour son CV. Ensuite, elle a tout simplement collé son texte. Elle a aussi laissé des fautes d’orthographe et des erreurs de syntaxe. Elle a également rajouté un partie intitulée "À propos de moi" dans laquelle elle explique  ̎aimer varier son alimentation  ̎. Elle en dit trop et de manière bizarre. Elle a voulu être originale mais reste très décalée au final. Pour limiter les dégâts, mieux vaut ne pas trop en dire et faire relire son CV par un tiers et demander un avis extérieur sur la forme », conseille Céline Lachenal.
 

 


Le CV qui veut trop bien faire


« La photo est vraiment too much. Elle prend un quart de la page et vient parasiter la candidature. La main tendue, le sourire, le bronzage : c’est une caricature. En mettant ce type de photo, le candidat veut faire passer un message mais ça tombe à plat et décrédibilise totalement sa candidature. Un commercial doit rester sobre dans sa présentation. Ici, il met en exergue une panoplie d’adjectifs pour se qualifier ; là encore c’est absurde. Pour valoriser ses qualités, on met en avant ses réussites professionnelles en les détaillant. Ce CV illustre que le plus peut parfois être l’ennemi du bien », ponctue Emmanuel Stanislas, cofondateur du cabinet Clémentine.
 
Cliquez pour voir le CV en entier 
 

Le CV sans structure


« De prime abord, c’est assez fouillis. Ce qui est important ne ressort pas. Le CV n’est pas organisé. Les deux blocs verticaux brouillent la lisibilité et empêchent la fluidité de la lecture car le déroulé est sur deux pages. La présentation est assez indigeste et comporte beaucoup trop de détails. Dans les métiers classiques comme c’est le cas pour celui de comptable, le CV doit rester basique et clair. Il doit être sobre pour avoir une chance de plaire au plus grand nombre. Enfin, lorsqu’un candidat cumule 20 ans d’expérience, il est inutile de mentionner les stages ou les missions d’un mois. Cela ne fait qu’alourdir le CV », note Valérie Sablé, associate director de Robert Half Finance et Comptabilité.
 
Cliquez pour voir le CV en entier 

 


Le CV en 10 lignes


« Le CV est trop synthétique : cela ne donne pas envie de le lire. Rien ne ressort, rien n’est expliqué et rien n’est mis en valeur. Il aurait dû détailler beaucoup plus son parcours professionnel, en expliquant si les expériences mentionnées étaient des jobs alimentaires ou pas. Il n’aurait pas dû les mettre toutes au même niveau car ce n’est pas compréhensible. Il ne faut pas oublier que nous passons en moyenne 40 secondes par CV donc nous n’avons pas le loisir d’aller fouiller chaque expérience. De ce fait, le candidat perd toutes ses chances en envoyant un CV comme celui-là et pour toutes ces raisons, je ne l’appellerai pas », conclut Alain Jacob du cabinet de recrutement AJ Conseil.
 

Le CV de 20 pages


« Je n’ai pas le temps ou l’envie de lire un CV qui fait 20 pages. Le candidat me raconte sa vie. Un CV n’est ni un portfolio, ni une biographie, mais une synthèse d’un parcours professionnel. Ici le candidat met une expérience par tableau et par page. Du coup, c’est à moi de synthétiser son parcours pour comprendre ce qu’il sait faire. Je crois que le candidat n’a pas compris ce qu’était un CV. Ceci n’est pas un CV et ce n’est pas exploitable », estime Emmanuel Stanislas.
  

La rédaction