Alternance : 5 questions à se poser avant de choisir son entreprise

Lors d’un entretien, les deux parties sont évaluées. D’anciens alternants partagent leur expérience et font le point sur les questions qu’il est bon de se poser avant de se lancer.

Est-ce que j’ai un bon feeling avec mon futur tuteur ?


Le feeling. C’est le mot qui vient spontanément aux ex-alternants interrogés quand ils évoquent la relation à leur tuteur. Dans le cas – improbable – où le futur encadrant ne participe pas au processus de recrutement, il faut absolument demander à le rencontrer. « On ne peut pas être sûr que tout va bien se passer, mais on peut sentir si ça ne colle pas du tout », assure Marie, deux contrats d’apprentissage derrière elle. « Quand on s’entend bien avec son responsable, on se donne à 200 % et on envie d’avancer », confirme Émilie, qui termine un master en alternance. En discutant avec son futur tuteur, on peut également comprendre facilement s’il va prendre son rôle de formateur au sérieux. Osez donc le faire parler de son expérience de l’apprentissage et l’interroger sur la manière dont il envisage l’organisation quotidienne avec vous.

Quelle est ma position par rapport à l’ensemble des collaborateurs ?


« Quand je suis arrivée dans mon entreprise, j’ai été très surprise par la lenteur de la prise de décisions. Avec trois niveaux de validation et un nombre incalculable de réunions, boucler un dossier tout simple peut prendre un mois », raconte Clotilde. Des lourdeurs qui peuvent être un véritable frein à l’apprentissage. Alors, la jeune fille conseille  de poser des questions pendant l’entretien sur les différents niveaux de hiérarchie. Pour avoir une idée encore plus précise, pourquoi ne pas demander un rendez-vous informel avec un salarié de l’entreprise avec qui vous risquez de travailler au quotidien ? Ce serait un bon moyen de comprendre si vous allez pouvoir apprendre beaucoup ou rester bloqué des mois au même point.

Quelles seront mes missions, précisément ?


« Sur la fiche de poste, il faut apprendre à lire entre les lignes : trop de missions qui n’ont rien à voir entre elles, ce n’est pas bon. Il faut être sûr que l’on va bosser sur un vrai projet, le seul moyen pour apprendre », conseille Clotilde. Émilie est du même avis, car elle a fait l’erreur au départ de penser qu’elle apprendrait davantage « en faisant plein de choses ». C’est le meilleur moyen de se retrouver à être l’assistant de tout le monde et ne pas réellement avancer. Cependant, tout dépend de la structure de l’entreprise. « J’ai fait mon premier apprentissage dans une toute petite structure, et j’étais très polyvalente, tout comme les autres collaborateurs. Ça a été un avantage pour mon CV, de pouvoir remplir des missions variées », oppose Marie. Finalement… il faut savoir lire entre les lignes et comprendre si vous aurez un rôle à part entière pour l’organisation.
 Il faut savoir lire entre les lignes et comprendre si vous aurez un rôle à part entière pour l’organisation.

Quelles compétences vais-je acquérir ?


« Même si les compétences requises pour être embauché sont toujours indiquées sur la fiche de poste, il ne faut pas hésiter à se renseigner également sur d’autres aptitudes que l’on pourra acquérir, et demander si l’on pourra apprendre à maîtriser certains logiciels par exemple », recommande Émilie. Vous ne pouvez pas vous griller en rappelant en entretien que vous êtes là pour apprendre et que vous comptez sur eux pour vous pousser.
Dans la même veine, essayez de vérifier si votre futur responsable a bien pris connaissance de votre programme de cours, si les périodes de cours et celles en entreprise se répondront en termes d’apprentissage. « Personnellement, les deux étaient très séparées et j’ai appris à m’adapter. Mais j’ai vu certains de mes camarades être totalement perdus, en cours comme au travail, parce qu’on leur demandait des choses totalement différentes », confirme Marie. Alors, autant s’assurer dès le début que l’entreprise sera bien un complément du programme de cours, pour avoir le plus de chances de progresser.

Quels seront mes horaires et mes gratifications ?


En France, ce n’est pas toujours bien vu de parler tout de suite de salaire ou d’horaires. Mais tant que vous pouvez, si vous avez plusieurs possibilités d’embauche, comparez les avantages. Il ne faut pas que vos horaires vous empêchent de réussir à l’école. Et quitte à être salarié, autant que ce soit de la façon la plus confortable possible.

Est-on d’accord sur le type de contrat qu’on s’apprête à signer ?


Renseignez-vous sur les différences entre un contrat de professionnalisation et un contrat d’apprentissage, si vous avez le choix. Connaissez tous vos droits et vos devoirs. Et surtout, vérifier auprès de votre futur employeur qu’il sait bien dans quoi il s’engage. « Peu de temps après avoir commencé mon premier apprentissage, je me suis rendue compte qu’ils ne savaient pas du tout en quoi consistait mon contrat. Par exemple, le comptable pensait que je ne devais être payée que pour mes jours de présence en entreprise. C’était une petite boîte et j’étais la première apprentie, donc ça a été à moi de le leur expliquer », raconte Marie. La jeune femme a eu de la chance. Un employeur mal renseigné aurait pu regretter l’embauche, et cela l’aurait mise dans une position inconfortable.
 

La rédaction