C’est quoi être un bon manager en 2014 ?

Évidemment il y a autant de façons de manager que de managers. Et ceux d’hier n’ont plus rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Keljob a enquêté sur les qualités d’un super boss en 2014.

 « Il y a une évolution mondiale aussi bien dans l’entreprise qu’en dehors », observe Meryem Le Saget. Auteure du guide Le Manager intuitif, cette consultante détaille une évolution anticipée depuis le siècle dernier : « l’anthropologue américain Joseph Campbell avait prédit qu’à partir du moment où le monde entier serait connecté, il serait de plus en plus difficile de s’octroyer le droit de diriger les autres sans les laisser s’exprimer. » D’aucuns appellent cela aujourd’hui le management "wikipédié", allusion à la célèbre encyclopédie participative en ligne. « On est ainsi passé du leader tout-puissant au management plus collaboratif, où chacun peut faire entendre sa voix. Et même si la génération Y a été la première à demander ce changement, cette exigence s’est aujourd’hui étendue à l’ensemble des salariés. » Ou comment le management vertical est devenu plus horizontal…
"Parce qu’il est soumis à une immense pression, le manager direct oublie souvent le b.a.-ba de sa mission : expliquer, clarifier... et dire merci !"  

Seuls 19 % des salariés satisfaits de leurs managers


Les Français sont-ils satisfaits de leur boss ? La question mérite d’être posée pour éclairer les n+1. Selon une récente étude BPI group avec l’institut BVA, seuls 19 % des salariés de l’Hexagone affichent une « très bonne opinion » à leur encontre. Or 75 % des sondés reconnaissent à leurs managers un impact « significatif ou très significatif » sur leur attachement à l’entreprise !  « La crise est passée par là, analyse Valérie Ader, fondatrice du cabinet de conseil Colombus Consulting, spécialisé dans l’accompagnement des organisations. Quand les dirigeants donnent des coups de barre, les managers intermédiaires subissent de plein fouet les turbulences. Ils ont souvent eu le mauvais rôle et dû appliquer des décisions par forcément très agréables. »
 

Donner du sens plutôt que des ordres


Communiquer avec ses salariés, cela s’apprend. « Le manager d’aujourd’hui ne donne plus d’injonctions, insiste Frédéric Rey-Millet, président du cabinet EthiKonsulting. Il ne peut plus être dans l’incantation et se réfugier derrière des formules toutes faites : il doit définir un cap et donner du sens au mouvement. » Selon ce consultant, les managers d’aujourd’hui doivent apprendre à parler et à écouter. « Même quand l’entreprise va mal, le salarié est capable de l’entendre. Il réagira sans doute même mieux s’il a été sensibilisé à certains enjeux. » « Impliquez, faites adhérer, confirme Alexandre Ginoyer auteur du livre Les Clés du management. Faites prendre par l’équipe les décisions possibles, concertez les collaborateurs avant de décider, expliquez bien vos décisions. »
 

Motiver son équipe comme un coach


Au final, les managers sont jugés sur leurs capacités à motiver, à communiquer et à reconnaître la qualité du travail de leurs collaborateurs. « Parce qu’il est, lui aussi, soumis à une immense pression, le manager direct oublie souvent le b.a.-ba de sa mission, résume Valérie Ader. Expliquer, clarifier... et dire merci ! » Aux antipodes d’un autocrate, autoritaire et purement centré sur son chiffre d’affaires, le manager participatif est tourné à la fois sur ses collaborateurs et ses résultats. « Le manager participatif fonctionne comme le capitaine d’une équipe sportive, décrit le consultant Alexandre Ginoyer. Il y a une victoire à aller chercher, tous ensemble, chacun dans son rôle. Il joue sur les complémentarités, dynamise, stimule. »
 

Et faire monter en compétence


« En quelque sorte, il faut passer du petit chef au super coach, analyse Meryem Le Saget. On sort d’une décennie où l’on a beaucoup insisté sur le leader. Aujourd’hui il faut travailler en équipe. Quitte à avoir un chef, autant qu’il soit à la hauteur et tire le salarié vers le haut, qu’il soit un minimum bienveillant en cas d’erreur et aide ses collaborateurs à monter en compétence. » Au final, la consultante convient qu’on leur en demande beaucoup. « C’est difficile et ce n’est pas un hasard si beaucoup ne veulent plus manager », sourit-elle. Sans oublier que les managers ont souvent eux aussi des supérieurs et des attentes qui ne sont pas toujours entendues...

La rédaction