Ce qu'il faut cacher aux recruteurs en entretien d'embauche

Pour réussir un entretien d’embauche, il est important d’être sincère et naturel. Mais attention, cela ne signifie pas qu’il faut dire tout ce qu’on pense. Trois experts nous dévoilent ses infos qu’il vaut mieux dissimuler à un employeur potentiel.

La rancœur face à votre ex-employeur


La première chose à passer sous silence est la mauvaise opinion que vous pourriez avoir de votre ex-entreprise. « C’est une erreur fréquemment commise par les candidats, d’autant plus fatale lorsqu’elle est dépourvue de toute remise en cause personnelle, note Françoise Marseu, responsable du recrutement du groupe Atrya. Dans un conflit, il faut être deux ; une critique unilatérale démontre une incapacité totale à l’autocritique et de l’arrogance. »
Si vous estimez, malgré tout, qu’il y a matière à critique, remettez les choses en perspective. Reconnaissez votre part de responsabilité et étayez vos propos avec des arguments neutres. Par exemple : vous êtes parti car vous ne trouviez pas votre compte quant au développement de votre carrière, et non parce que la direction était incompétente.
 

La difficulté à travailler avec son équipe


Vous entreteniez de mauvaises relations avec vos anciens collègues ou managers ? « Il vaut mieux ne pas s’étendre là dessus  », recommande Anne-Sophie Collin, consultante au sein du cabinet Mercuri Urval. Si le recruteur vous questionne sur vos compétences relationnelles lors de votre poste précédent, soignez votre réponse. Anne-Sophie Collin conseille, par exemple, d’expliquer que l’ambiance de travail n’était pas la meilleure ou que votre manager divisait pour mieux régner. Il faut garder en tête que dire du mal des autres ne vous mettra jamais en valeur. Pire, vous risquez de passer pour une personne conflictuelle, inapte à travailler en équipe.
 

Parler en premier de son licenciement


« Il n’est pas nécessaire de dire spontanément que l’on a fait l’objet d’un licenciement », prévient Gaëlle Marre, directrice associée d’Office Team. Toutefois, si le recruteur vous interroge sur les raisons de la fin de votre contrat, ne cherchez pas à dissimuler les faits. D’autant qu’« un bon recruteur va vérifier les références transmises par le candidat, indique Gilles Roger, responsable national business lines d’Experts. Il n’est donc pas pertinent de le lui cacher. »
Lors d’un renvoi pour faute grave, inutile aussi de prendre les devants. Et comme il sera également difficile de le cacher bien longtemps, veillez à faire passer l’information en douceur. « Il faut être capable d’expliquer les circonstances qui ont conduit à ce licenciement et préparer en amont sa réponse », suggère Gilles Roger.
 

Son état de santé


Si votre parcours professionnel a été interrompu pour raisons médicales, sachez que vous n’êtes pas tenu d’en parler, surtout s’il s’agit de dépression. Car « ce mot peut faire peur, observe Françoise Marseu. Et tout ce qui peut inquiéter le recruteur est à bannir, même si le candidat va bien aujourd’hui. »
Gilles Roger confirme : « si la dépression a eu lieu plusieurs années auparavant, on peut éviter le sujet ou alors expliquer comment on a fait pour s’en sortir ; on n’en parle que si cela débouche sur quelque chose de positif. » Et au mot “dépression” qui reste un peu tabou, préférez celui de “pause” ou de “break”, destiné à faire le point. En cas de maladie grave, là encore, « rien n’oblige le candidat à donner le détail », ajoute Gaëlle Marre.
Enfin, si la candidate est enceinte, mieux vaut faire preuve de mutisme, comme le suggère Anne-Sophie Collin : «il est préférable de ne pas le dire lors du premier entretien. » Car une grossesse divulguée peut être, aujourd’hui encore, discriminante pour une femme.
 

Étaler sa vie privée


Vos problèmes de couple, votre divorce, un mauvais relationnel avec vos parents, la réussite scolaire de votre progéniture… Voilà autant de sujets qu’il vaut mieux ne pas partager avec vos interlocuteurs en entretien d’embauche. Tout ce qui n’a aucun lien avec la sphère professionnelle doit être tu, sauf si cela peut l’impacter. « Si vous devez aller chercher vos enfants à l’école à 17 heures tous les jours ou si vous ne pouvez voyager parce que votre enfant est souvent malade, il est recommandé d’en parler », illustre Françoise Marseu.
Veillez à ce que vos propos ne gênent pas votre interlocuteur. Anne-Sophie Collin se remémore une candidate dont les confidences liées à la manière dont elle avait été élevée, l’avaient plongée dans un profond malaise. « Il faut éviter de s’étaler sur le ressort psychologique ; il existe d’autres éléments pouvant expliquer comment s’est construite une personnalité », conclut-elle.

La rédaction