Ce que regardent les recruteurs sur un CV de dessinateur-projeteur

Métier technique par excellence, le dessinateur-projeteur dispose d’un savoir-faire et de compétences très recherchés. Les recruteurs soignent leur sélection pour ne retenir que les meilleurs candidats, en cherchant quelques éléments bien précis sur le CV.

Des projets plus que des contrats


La rubrique consacrée aux expériences professionnelles est prioritaire et doit occuper dans la majorité des cas une place de choix dans l’agencement du CV de dessinateur-projeteur : idéalement tout de suite après l’en-tête. « Il faut détailler ces expériences au maximum en fournissant des informations sur les projets réalisés ou sur les structures concernées (réseau de canalisation, circuit électrique, circuit climatique…). On peut aussi renseigner le type d’employeur : est-il privé (entreprise du bâtiment, cabinet d’architecture ou cabinet d’études) ou public (collectivité locale, office HLM…) », développe Céline Bagur, manager au sein du cabinet de recrutement FED Construction. Des conseils partagés par son confrère de FED Ingénierie Julien Louis, qui insiste : « Il faut s’attacher à parler des projets dans lesquels on a été impliqué et préciser les étapes sur lesquelles on est intervenu (dessins d’études, dessins d’exécution…). Mentionner idéalement un ou deux projets majeurs par expérience est intéressant pour une bonne compréhension du parcours du candidat. Quels étaient les enjeux techniques du projet ? » Quelques éléments chiffrés peuvent aussi compter. Exemple : X mois d’études pour un budget de X millions d’euros.
"Un niveau bac spécialisé, de type bac pro Technicien d’études du bâtiment, pouvait suffire jusqu’à il y a peu, mais la norme aujourd’hui est le bac +2 avec une spécialisation en conception industrielle."

La maîtrise des logiciels de CAO/DAO


La connaissance des logiciels de CAO (Conception assistée par ordinateur) et de DAO (Dessin assisté par ordinateur) est la base du métier de dessinateur-projeteur « et c’est l’un des premiers éléments que le recruteur vérifiera », assure Céline Bagur. Mieux vaut donc y consacrer une rubrique à part, estime Agnès Dorne, consultante en recrutement au cabinet Confluent : « Certains logiciels, encore appelés "soft", sont incontournables. C’est le cas d’AutoCAD, utilisé par tous les professionnels de l’architecture, de l’ingénierie et de la construction. » Un autre logiciel est en passe de se généraliser et de devenir lui aussi indispensable pour postuler à ce type de poste : Revit. D’autres encore sont recommandés : Catia, SolidWorks, PTC Creo… « On peut donner des indications sur le niveau de maîtrise pour chaque logiciel : depuis quand on l’utilise, parler d’une maîtrise avancée, détailler les modules ou encore sa version », conseille Julien Louis. Inutile d’être exhaustif, les candidats seront systématiquement testés en entretien, mieux vaut donc ne parler que des logiciels que l’on connaît vraiment, pas ceux dont on n’a que de vagues notions.
 

Une spécialisation en conception industrielle


S’agissant de l’incontournable rubrique consacrée au parcours de formation, elle prend une importance grandissante, assurent les recruteurs interrogés. La raison ? « Un niveau bac spécialisé, de type bac professionnel Technicien d’études du bâtiment, pouvait suffire jusqu’à il y a peu mais la norme d’entrée aujourd’hui est le bac +2 avec une spécialisation en conception industrielle, qui offre des perspectives d’évolution de carrière et de salaire plus intéressantes, sur une fourchette allant de 1 600 à 2 300 euros bruts environ », remarque Julien Louis. Les BTS Bâtiment et Constructions métalliques sont adaptés, de même que les DUT Génie mécanique et Génie civile. « Les DUT ont même plus la cote actuellement que les BTS », observe Agnès Dorne, dont certains clients en bureau d’études exigent même désormais des candidats « avec une licence pro en conception (type la licence pro CAO) en complément d’un BTS ou d’un DUT ».
 

Stabilité appréciée


Le métier de dessinateur-projeteur est particulièrement recherché, avec peu de bons profils pour le nombre de postes à pourvoir. Un état de pénurie qui ne doit pas transparaître sur le CV. « Attention à ne pas apparaître comme volage, avec beaucoup de contrats qui se succèdent en peu de temps, recommande ainsi Julien Louis. On sait que pour ce type de poste, les candidats sont régulièrement sollicités mais il est vraiment mal vu de courir les contrats pour quelques centaines d’euros en plus. » La stabilité est bien perçue et nécessaire pour réellement pouvoir prétendre maîtriser un sujet technique. Mieux vaut donc idéalement afficher un parcours d’expériences où celles-ci se succèdent à un rythme de 2 à 3 ans plutôt que tous les six mois.
 
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La rédaction