Ces fautes d'orthographe qui tuent une candidature

Il arrive à tout le monde de faire des fautes, mais dans une candidature certaines erreurs sont vues comme impardonnables. Et elles sont d’autant plus faciles à corriger que ce sont souvent les mêmes qui reviennent. Parole de recruteurs (un peu) énervés.

1 Se tromper sur… son métier


« Hélas, trois fois hélas, on voit toujours les mêmes fautes ! », soupire-t-il. Chef d’entreprise et recruteur, Christophe Bergeon reconnaît que certaines fautes d’orthographe restent rédhibitoires. « J'ai rencontré encore récemment un jeune développeur qui ne savait pas écrire son métier correctement et l’orthographiait avec un seul  "p", observe le fondateur de la start-up Zest. Peu importe qu’il n’ait pas un profil littéraire. Je lui ai dit qu’il était d’autant moins exonéré que, justement, un informaticien devait savoir au moins mettre en place un correcteur orthographique ! » Pas de doute là-dessus : on attend encore du CV qu’il soit impeccable. Conseil de recruteurs : activer le correcteur d’orthographe sur son logiciel de traitement de texte et, surtout, lire, relire et faire relire son CV. « Car il y a aussi des fautes courantes qui reviennent dans des descriptions de postes, relève Karine Doukhan, directrice au cabinet Robert Half. Une fois sur deux, je vois encore "chiffre d’affaires" écrit sans "s". Tout de suite cela catalogue le candidat comme ayant mal relu son CV et lui sera forcément préjudiciable. »

"Souvent, certes, il s’agit de fautes de frappe. « Peu importe. Au niveau du CV et de la lettre de motivation, certaines coquilles ne pardonnent pas." 

2 Écorcher le nom d’un employeur


« Il y a clairement des fautes d’orthographe qui tuent un CV, abonde Benjamin Stanislas, consultant senior au sein du cabinet Clémentine. Quand un CV comporte certaines fautes, je ne le présente même pas à mes clients. » Parmi les impairs impardonnables, il cite ainsi des erreurs dans l’orthographe de certains employeurs. « J’ai déjà vu des fautes dans le nom de l’entreprise convoitée, mais aussi dans le nom de certains employeurs précédents ! » Souvent, certes, il s’agit de fautes de frappe. « Peu importe. Au niveau du CV et de la lettre de motivation, certaines coquilles ne pardonnent pas. » Son conseil : « Il faut passer tous les noms propres dans un moteur de recherche comme Google pour vérifier que tout est parfaitement écrit. »

 


3 Malmener la règle du participe passé


Plus un candidat avance dans un processus de recrutement, et plus son attention à l’orthographe se relâche, semble-t-il. « Il y a quelques fautes d'accord qui ne passent pas dans les CV, dans les lettres de motivation, mais aussi dans les mails de remerciements », déplore Benjamin Stanislas. Parmi les grands classiques, les candidats semblent souvent fâchés avec la règle du participe passé et rédigeront "les postes que j’ai occupés" sans "s" par exemple. À défaut d’apprendre la règle une fois pour toutes (que l’on trouve en ligne ici), Karine Doukhan invite les intéressés à écrire des phrases courtes sur le modèle sujet-phrase-complément. « Je suis sensible aux phrases dynamiques qui comportent un sujet, un verbe d’action et un complément, précise l’experte. Et en plus, cela permet d’éviter certaines fautes. »

 

4 Des mots raccourcis


« Bjr », « cdlt », et ils en passent… qui ne passent pas justement. « Certains candidats se permettent un peu trop de libertés dans les mails de motivation et de remerciements alors que l’exercice reste plus codifié qu’on ne le croit », insiste Christian Malécot, formateur et consultant associé du cabinet en management et recrutement Axessio. Ce spécialiste invite ainsi à bannir toute forme d’abréviation et à revenir à davantage de sobriété. « Un mail doit transmettre une information et non pas une humeur. Les mots, comme les marques de ponctuation, ont un sens. » Parmi les écueils souvent observés : des points d’exclamation utilisés à outrance qui peuvent être interprétés comme un signe d’agressivité. Ou, pire, qui sont détournés de leur usage premier. « Dans le doute, le smiley est évidemment réservé à des collègues proches. Dans une candidature, c’est déplacé. »

 

5 Et des liaisons dangereuses… à l’oral


Reste enfin l’ultime épreuve de l’entretien à ne pas négliger. « Car certaines fautes s’entendent aussi à l’oral ! », commente Christophe Bergeon. Exemple : rajouter un "s" imaginaire à quatre et prononcer "les quatre z’expériences" ou oublier un accord de participe passé sonore et dire « les présentations que j’ai "fait" au lieu de "faites". « Souvent, cela s’entend au moment où on le dit, nuance ce recruteur. C’est pourquoi je recommande, avant l’entretien, de répéter oralement une présentation de son parcours d’environ quinze minutes. » Mais si, malgré tout, une telle faute apparaît dans son discours, pas de panique. « Pour le coup, il suffit de répéter la phrase correcte sans s’appesantir. Et puis même si le candidat ne s’en aperçoit pas, le recruteur sera plus indulgent s’il s’agit d’un profil plus technique par exemple qui a déjà passé toutes les étapes précédentes avec succès. » Et en faisant un sans-faute…

 

La rédaction