Ces mails de remerciement à ne surtout pas envoyer après un entretien

Après un entretien d’embauche, si le poste vous intéresse toujours, n’oubliez pas d’envoyer un mail de remerciement. Par politesse, mais aussi pour se rappeler au bon souvenir du recruteur et remettre en avant sa candidature. Pour un message efficace, il y a tout de même 5 pièges dans lesquels il ne faudra pas tomber.

1 Le mail "bon pote"


Parfois, certains entretiens d’embauche se passent tellement bien qu’on se voit déjà faire partie de l’entreprise. Grave erreur. « Tant qu’on n’a pas signé de contrat, il faut savoir rester très professionnel, prévient Valérie Sablé, directrice associée chez Robert Half. Certains peuvent avoir le sentiment que le job est déjà pour eux. Or, peut-être que d’autres candidats au profil encore plus séduisant ressentent la même chose. J’ai souvenir d’une candidate ravie par son entretien, au cours duquel elle avait pu visiter les locaux et voir que l’ambiance était détendue, se rappelle-t-elle. Dans son mail de remerciement, elle s’est laissée emportée par son enthousiasme : "J’ai adoré votre structure, ça m’a semblé super chouette". Attention, c’est un ton inapproprié. » Quoi que vous en pensiez, vous ne faites pas encore partie de la "famille".
"S’il reçoit toujours le même message bateau non référencé, ça n’apporte aucune plus-value. Ça aurait même plutôt tendance à agacer."

2 Le mail "je sauve les meubles"


Quand, à l’inverse, vous sortez d’un entretien d’embauche avec un sentiment d’inachevé, vous pouvez être tenté de profiter du mail de remerciement pour essayer de vous racheter. Pour Benoît Allo, du cabinet Page Personnel, « il est intéressant de voir un candidat repréciser certaines choses par écrit après coup, par souci de clarté. » Mais pas question d’y évoquer son "plantage" car « le ressenti est parfois différent entre le candidat et le recruteur, explique Valérie Sablé. Parler de votre ressenti dans le mail risque d’apporter de la confusion à votre candidature. » Et d’attirer l’attention du recruteur sur un raté auquel il n’aurait peut-être pas accordé tant d’importance.
 

3 Le mail "vite fait, mal fait"


Les erreurs les plus fréquentes sont aussi les plus bêtes, constatent les recruteurs. Benoît Allo voit trop souvent passer « des mails avec des erreurs de syntaxe et des fautes d’orthographe qui peuvent avoir un effet désastreux sur la dernière impression laissée par le candidat. » Il a une explication à ces inattentions : « Cette ultime étape vient après l’acte de candidature et l’entretien d’embauche, il peut y avoir un certain relâchement. » Pour Valérie Sablé, « il est indispensable de bien relire ce qu’on envoie. Un "cher Monsieur Dupont" alors que ça s’orthographie avec un d, c’est vraiment évitable… Ce serait dommage de voir un bon entretien ruiné par un dernier effort aussi bâclé. »
 

4 Le mail bateau


Autre problème trop souvent repéré par les recruteurs : le mail de remerciement non personnalisé. « Un "madame, monsieur" en introduction alors qu’on a vu la personne quelques heures avant, ça fait vraiment mauvais genre », estime Julien Delair, consultant chez Hays. Un avis relayé par Valérie Sablé : « Il faut qu’il y ait une référence à l’entretien qui vient de se dérouler, même si c’est succinct, en n’oubliant pas non plus de rappeler votre nom et le poste dont il est question, avec le bon intitulé. Il faut se mettre à la place du recruteur qui peut recevoir plus d’une dizaine de mails de ce type en une seule journée. S’il reçoit toujours le même message bateau non référencé, ça n’apporte aucune plus-value. Ça aurait même plutôt tendance à agacer. »
 

5 Le mail roman


Dernière recommandation signée Julien Delair : « Attention à ne pas écrire des tonnes en répétant des propos déjà tenus en entretien. Comme son nom l’indique, le mail de remerciement est là pour remercier et renouveler sa motivation. Il doit être clair et concis. » Le consultant de Hays conseille d’écrire « deux phrases, pas plus », en dehors de la salutation de départ et de la formule de politesse, qui doit en rester à un simple "bien cordialement" ou "restant à votre disposition". Conclusion de Valérie Sablé : « Comme au théâtre, il faut savoir réussir sa sortie en restant clair et disponible aux yeux du recruteur. »

La rédaction