Changer son image pour booster sa recherche d’emploi

Avec certains ateliers proposés par Pôle emploi et d’autres associations ainsi que le développement de l’offre de coachs en image se dessine une vraie tendance : travailler sur le paraître serait une importante clé du retour à l’emploi…

« C'est beaucoup plus ancré dans les mœurs, se réjouit-elle. Même si certains ont encore tendance à nous réduire à du relooking, notre métier permet des changements en profondeur. » Depuis sept ans qu’elle exerce comme coach en image, Caroline de Vige a eu le loisir de voir son métier évoluer, toucher de plus en plus de monde et changer des vies, notamment auprès de chercheurs d’emploi. 

"Rares sont ceux d’entre nous conscients de l’image qu’ils projettent. Or, être bien dans son corps, dans ses vêtements et dans sa posture, cela s’apprend." 

Comprendre ce que l’on dégage


Quand elle anime des groupes à la demande de Pôle emploi ou d’associations d’insertion par exemple, elle commence toujours par un jeu de rôle. « J’organise des simulations et je demande aux participants de venir habillés comme pour un entretien. Ils décrivent ensuite leur tenue en rappelant quel est leur projet professionnel. » Et, souvent, il y a quelque chose qui cloche. Quand il s’agit d’une session collective, ce sont les autres participants qui, de façon toujours bienveillante, expriment leurs impressions. Les remarques récurrentes sont souvent les mêmes. Par exemple, il ou elle ne fait pas assez sérieux ou au contraire paraît trop apprêté pour le job. Elle est trop maquillée ou au contraire… aurait pu faire un effort. Ou, de façon encore plus courante, il ou elle ne paraît vraiment pas très à l’aise dans sa tenue… « Tout cela est bien normal, relativise Caroline de Vige. Rares sont ceux d’entre nous conscients de l’image qu’ils projettent. Or, être bien dans son corps, dans ses vêtements et dans sa posture, cela s’apprend. » Et, surtout, cela change tout.

 

Retrouver confiance en soi


Aude Roy développe une approche et un discours similaires. « Le matin, avant de se rendre à un entretien d’embauche, il faut se poser quatre questions et toujours devant un miroir en pied. Est-ce que je me reconnais ? Suis-je crédible par rapport à la fonction que je veux occuper ? Mon look est-il stratégique par rapport aux personnes que je vais rencontrer ? Et, enfin, ma tenue est-elle confortable ? » Pour répondre correctement à ses quatre questions, une petite formation peut s’imposer et faire la différence. L’exercice n’est pas forcément déplaisant, loin de là. « Une partie du travail consiste à aider chacun à valoriser ses points forts, poursuit cette consultante en image. Un maquillage complet, par exemple, ne prend que 7 minutes dès que l’on sait comment valoriser ses yeux, sa bouche ou encore, que l’on soit un homme ou une femme, avoir le bon teint qui va donner bonne mine, se rendre séduisant et donner aux autres de vous rencontrer. » Faute de savoir comment se maquiller, Caroline de Vige observe que beaucoup de candidates préfèrent rester naturelles. De même, les hommes, pour la plupart, ne se sentent pas toujours concernés, à tort, par cet aspect. « Un peu de maquillage, pour un entretien, représente un minimum, assure la coach. Il y a des codes à respecter et il est toujours important de donner l'impression d'avoir fait un petit effort. » Sa formation comprend un cours d’automaquillage à base de rouge à lèvres, mascara, blush et fond de teint. « Quand elles se regardent, les candidates sont toujours contentes et reprennent un peu confiance. Mais cela vaut aussi pour les pour les messieurs à qui je donne des trucs pour l'entretien de la peau et des cheveux et pour un bon rasage. Tout cela participe à l’aura que l’on va dégager. »

 

Apprendre la grammaire de couleurs


La difficulté, ensuite, est de choisir le bon dress code en fonction de l’entreprise visée. L’agence de Sylvie Estrade ne s’appelle pas "Enfin moi" pour rien. « Je pratique ce métier depuis près de dix ans et j’ai assisté à une prise de conscience, témoigne cette coach en image. Quand on vient me voir aujourd’hui, c’est clairement pour affirmer sa personnalité et reprendre confiance. » Pendant la première séance, la coach explique au client ce qu’elle perçoit de lui, sans rien connaître encore de sa vie ni de ses projets. « Si le client pense que je me trompe, je lui explique que c’est souvent lui qui émet le mauvais message. Et on peut commencer à travailler. » Dans le cadre d’une recherche d’emploi, ces conseils sont précieux. « On peut déjà enseigner la grammaire des couleurs qui dégagent toutes quelque chose. » Car si un costume ou un tailleur bleu paraît rassurant et passe partout, et toutes les touches de couleur ne se valent pas. « Le bleu, c'est le calme, le consensus et la couleur favorite dans le monde entier, résume Aude Roy. Mais si l’on porte ou l’on ajoute une touche de rouge, on voudra se faire remarquer. L’orange, plus chaleureux, donne du pep's. Le jaune marque clairement une originalité. On apprend aussi ce vocabulaire visuel, et surtout à le doser au contact d'un coach. »

 

Éviter les fausses notes


Au final, on comprend que l’image de soi se dégage de bien des façons. « L’image de soi, c’est du non verbal, de ce que l’on porte jusqu’à sa posture, en passant par des tics éventuels », ajoute Caroline de Vige. Mais à défaut de pouvoir se changer, on peut prendre quelques bonnes habitudes. « On peut apprendre à garder une contenance, en évitant les bijoux et accessoires que l’on serait tenté de triturer pendant un entretien. On peut s’occuper les mains avec un dossier cartonné pour canaliser son stress et, surtout, arrêter de regarder en l’air ou par terre. » Être à l’aise avec son image, regarder le recruteur dans les yeux et créer, enfin, un véritable échange sur un pied d’égalité.

La rédaction