Comment améliorer sa mémoire ?

Une bonne mémoire est un atout professionnel. Et bonne nouvelle : c’est loin d’être un simple don. Quelques techniques et exercices permettent d’optimiser son temps de cerveau disponible. Suivez les conseils de nos experts.

1 Évaluez les performances de votre mémoire


Interrogation surprise. Prenez les noms de lieux suivants : Chine, Strasbourg, Italie, Île Maurice, Baléares, Écosse, New York, Mexique, Nouvelle-Zélande, Espagne, Malte, Japon, Sénégal, Buenos Aires et Le Cap. Regardez-les attentivement pendant une minute en tâchant d’en retenir le maximum. But du jeu : déterminer votre empan lexical - autrement dit, le nombre de mots que vous êtes capables de mémoriser.
« Pour une mémoire normale, sur 15 noms proposés et connus, l’empan lexical moyen est de 7 », relativise Nicole Payan, qui publie ce test dans son livre Testez et musclez votre mémoire. Mais peu importe le résultat, rien n’est définitif. « Tout le monde ne peut pas être champion mais, comme les muscles, la mémoire peut être augmentée si on l’exerce. »

2 Choisir des exercices ludiques


Si ce n’est pas vital, avoir de la mémoire est un atout considérable. « Dans la vie professionnelle, avoir une bonne mémoire et pouvoir rester concentré sont des qualités primordiales », analyse Roland Geisselhart, auteur du guide Entraîner sa mémoire. Une mémoire bien exercée permet en effet de retenir une liste, de se souvenir des personnes, de leurs noms et de mémoriser une présentation ou un argumentaire complexe. « Avoir une mémoire fiable est un facteur important de réussite dans la vie professionnelle », plaide Roland Geisselhart.
Parmi les exercices suggérés, ce psychologue de formation propose dix symboles associés à des chiffres de 1 à 10. Exemple : une bougie pour le chiffre un, un cygne pour le deux, un trident pour le trois... « Dès lors que vous connaîtrez les symboles numéraux sur le bout des doigts, vous pourrez absolument tout mémoriser », promet-il.
Il suffit, par exemple, d’associer les objets à mémoriser à une histoire cocasse et absurde pour retenir un numéro de téléphone ou quelques points numérotés dans un exposé. Sans compter que la même technique, avec d’autres symboles, peut aussi s’appliquer à des lettres pour enregistrer des noms. « Le cerveau se comporte comme un muscle : plus il est sollicité, plus il devient performant.

3 Bien alimenter son cerveau


En même temps, tous ces exercices ne changeront rien si vous ne soignez pas les fondamentaux. « L’impact de l’alimentation sur le bon fonctionnement de notre cerveau n’est plus à démontrer, explique la diététicienne Catherine Chegrani-Conan, auteure du livre La santé du cerveau est dans votre assiette. »
Le saviez-vous ? Une simple carence en zinc peut nuire à la mémoire. La diététicienne conseille ainsi de picorer quelques fruits secs et oléagineux (raisins secs, abricots secs ou amandes) pour nourrir son cerveau. De même, les poissons gras (sardine, hareng, maquereau), principaux fournisseurs en Oméga-3, alimentent les neurones et jouent un rôle important sur la mémoire. Enfin, le fer favorise le transport de l’oxygène jusqu'au cerveau et augmente nos facultés de mémorisation et de concentration. Mais - petit bémol pour certains – on les trouve dans les épinards et plus encore dans les abats (foie, rognons, ris de veau ou boudin noir).
Mais il suffit parfois de peu de choses. « Souvent, quelques changements stratégiques de nos habitudes permettent une amélioration appréciable », assure Danielle L’Heureux. Cette naturopathe livre néanmoins quelques trucs qui peuvent aider : une plante comme le ginkgo biloba, en infusion, est très utile à la concentration car elle augmente l’irrigation des cellules du cerveau, tout comme la consommation d'ail, d'oignon, de chou ou de piment de Cayenne... À l’inverse, l’alcool et le sucre suscitent l’anxiété et peuvent causer une mémoire à court terme défaillante.

5 Respecter son rythme biologique


Enfin, pour une concentration optimale, nos neurones ont aussi besoin de se régénérer. Il faut bien dormir, mais pas seulement. Car le cerveau a des règles précises. C’est généralement au début de la matinée et entre 16 h et 18 h qu’il est le plus frais et le vif, donc le plus disponible pour les tâches les plus importantes. De même, après une plage de réflexion intense, il est tout aussi impératif de faire une pause pour éviter le burn-out. Cinq petites minutes suffisent parfois à le reposer.

La rédaction