Comment avoir de la répartie en entretien d'embauche ?

Une bonne répartie en entretien d’embauche, c’est montrer que l'on est à l'aise et que l'on a confiance en soi. Découvrez comment ça marche.

1 Apprendre ce qu’est la répartie

« De plus en plus, les recruteurs cherchent à tester l'intelligence émotionnelle des candidats », reconnaît Olivier Bettach, auteur du guide Voilà ce que j'aurais dû dire !. En pratique, cela peut se traduire par une question incongrue ou personnelle. Pour cet expert en charisme, le candidat va alors penser que le recruteur veut mesurer sa répartie. « C’est vrai, mais encore faut-il s’entendre sur sa définition. Les recruteurs, souvent fatigués d’entendre des candidats réciter un discours lisse et préparé, veulent juste tester leur capacité à ne pas perdre leurs moyens dans une position inconfortable. Dans ce cas, ce n'est pas tant la réponse qui compte mais comment la formuler, sur quel ton et surtout avec quel naturel. »

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2 Comprendre comment son cerveau génère cette répartie

Si rien n’interdit - si on peut - de répondre quelque chose de brillant, ce consultant invite surtout les intéressés à parler sans avoir peur. « Mais pour cela, il faut surtout que le candidat comprenne comment la répartie est formulée par le cerveau. La répartie dépend de la vitesse de connexion entre les synapses que nous avons au bout de nos neurones. Or, dès que l’on ressent de la peur ou une anxiété, ces angoisses déclenchent du cortisol qui se pose au bout de nos récepteurs synaptiques et ralentissent notre délai de réponse et sa qualité. » Pour s’en persuader, il suffit de songer à l’aplomb que l’on peut manifester dans un (léger) état d’ébriété ou, de façon plus saine, dans ses rêves. Ou encore de se souvenir de toutes ces réponses brillantes qui surgissent souvent une heure après l’entretien lorsque la pression est retombée. « C’est la preuve que tout est déjà dans sa tête, souvent. Il suffit juste de trouver la clé pour pouvoir y accéder. »

 

 

3 Se préparer avec des jeux de rôle

« La première clé de la répartie, c’est d’accepter ce qui est dit par l’autre », abonde Gilles Laborde. Le président de la société Théâtre à la carte, qui propose depuis 25 ans des interventions en entreprise, se veut rassurant. « Tout ce qui est lié à la prise de parole en public peut s’apprendre, y compris de façon assez ludique. » Souvent sollicité pour aider des managers à porter un discours d’autorité, cette compagnie propose des exercices utiles en toutes circonstances. « En fait, il faut surtout parvenir à accueillir une émotion ou une remarque déroutante par exemple. » Il cite une mise en scène efficace pour y parvenir à tester avec un coach ou des amis. « Nous appelons cela le jeu du réalisateur. Un des participants imagine qu’il présente un film au festival de Cannes et les autres participants lui posent des questions de plus en plus intrusives et déstabilisantes. Le but du jeu est de répondre à chacun en commençant par "Oui, mais… ". C’est une façon de s’habituer à entendre et à accepter ce qui est dit, tout en sachant argumenter derrière. »

 

4 Oser se lancer !

Isabelle Marcé confirme qu’il suffit de se lancer. Ancienne directrice des ressources humaines chez Octo Technology, elle a testé la méthode d’Olivier Bettach avec ses salariés, mais aussi pour elle-même. « Je me souviens d’exercices très simples où le groupe formait un cercle. À tour de rôle, l’un des participants devait s’avancer et dire le premier mot qui lui venait à l’esprit. » Elle tire une leçon de cette expérience : il faut juste se faire confiance et se dire que quelque chose de pas ridicule finit toujours par sortir ! » Mais surtout, moins l’on est stressé et plus on peut s’illustrer dans l’exercice. « J’ai constaté des résultats vraiment spectaculaires chez les profils les plus introvertis, observe cette ancienne DRH. On découvre chez certains une assertivité et parfois de l’humour que l’on ne soupçonnait pas. »

 

5 Et avoir de la répartie… avec son corps

Enfin, il ne faudrait pas oublier que la répartie n’est pas qu’une affaire de mots. « La posture est d’autant plus importante quand on sait que plus de 80 % du discours ne passe pas par le non-verbal, rappelle Gilles Laborde. Il suffit souvent de se filmer pour comprendre ce qui cloche avec sa gestuelle ou son regard. » Mais Olivier Bettach rappelle là aussi qu’une gestion du stress sera là aussi très efficace. « Il suffira parfois de quelques exercices de respiration pour être plus serein, explique le spécialiste. C’est la meilleure façon de lâcher prise, d’oser s’exprimer et en même temps d'être aligné sur ce qu’on dit. » Car au final, la répartie, c’est aussi une question de naturel… 

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Céline Chaudeau