Comment bien parler de ses échecs en entretien d'embauche ?

Contrairement à ce que pense la majorité des candidats, parler de ses échecs professionnels en entretien d’embauche peut constituer une bonne stratégie pour impressionner un recruteur. Encore faut-il savoir bien en parler… Voici nos conseils pour assurer.

« Il ne faut pas avoir peur d’exposer ses failles. Un recruteur a besoin d’avoir face à lui une personne avec qui il a envie de faire un bout de chemin, pas un produit marketing déshumanisé », annonce d’emblée Frédéric Schwenck, directeur solutions de recrutement au cabinet Hudson. Aucun intérêt à se survendre en exposant seulement qualités, compétences et bons résultats. Révéler un moment délicat de sa vie professionnelle peut même être une bonne une stratégie de différenciation. « Ce qu’il faut, c’est que le candidat donne l’impression qu’il est en capacité d’apprendre de ses échecs, poursuit Frédéric Schwenck. Assumer de ne pas avoir compris telle ou telle chose, de ne pas avoir obtenu les résultats escomptés. Savoir employer "je" pour parler d’un échec, c’est signe de maturité. »
"Si vous avez été victime de la conjoncture économique ou d’une mauvaise gestion, le recruteur ne doit en aucun cas entendre ce type d’argumentaire." 
Effet escompté : démontrer sa capacité à apprendre de ses erreurs
Parler de ses échecs est une bonne idée, d’accord, mais comment en parler ? Réponse de Maeva Goffin, chargée de recrutement chez ALD Automotive : « Il faut avancer des raisons valables et de manière constructive. Dire par exemple qu’on a pu manquer d’autorité dans la gestion d’une équipe mais expliquer qu’on a appris de cet échec et qu’on en est sorti grandi. »  Émilie Trappler, senior manager chez Hays, abonde dans le même sens en estimant qu’il faut réussir à « transformer une difficulté en leçon apprise et assimilée. Plutôt que de retenir l’échec, il est indispensable que le recruteur constate que le candidat a pris du recul et su trouver les bonnes solutions pour ne plus que ça se reproduise. » Néanmoins Valérie Sablé, directrice associée chez Robert Half, prévient: « Attention à rester factuel et sortir de l’affect : s’en tenir à des points précis, en expliquant par exemple un échec par des objectifs non atteignables. Des arguments à préparer en amont. »
 
 
Doser échecs et réussites
« Le recruteur n’est pas là pour juger de vos expériences précédentes mais pour observer vos réactions et entendre vos arguments, insiste Valérie Sablé. Savoir reconnaître que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour réussir une mission, c’est honnête et absolument pas rédhibitoire. » Dans l’argumentaire que vous préparez pour parler de votre carrière, il faut essayer d’avoir un juste dosage entre une majorité de points positifs à saupoudrer de quelques épisodes plus difficiles car, pour Sébastien Canard, directeur associé chez Open Sourcing, « un candidat parfait n’existe pas. Ou, s’il se présente comme tel, il en deviendrait presque suspicieux. »
 
Assumer en toutes circonstances
Maeva Goffin insiste sur « l’importance d’assumer ses échecs car ça dénote un sens de la responsabilité. » Se poser de victime est très contre-productif. Si vous avez été victime d’une conjoncture économique défavorable ou d’une mauvaise gestion de la société, le recruteur ne doit en aucun cas entendre ce type d’argumentaire en entretien. Pourquoi ? « D’abord parce qu’un candidat doit se montrer positif en entretien et que s’épancher sur des causes externes va donner l’impression d’une personne plaintive, estime Sébastien Canard. Ensuite parce que prendre ses responsabilités, c’est une qualité humaine que le recruteur ne peut qu’apprécier, quel que soit le poste. » Enfin,  pour Emilie Trappler : « Il faut savoir tirer du bien de chaque expérience, même lorsqu’elle s’avère négative à la base. Un échange franc et sincère entre un candidat et un recruteur peut largement rattraper une expérience professionnelle malheureuse. »

La rédaction