Comment le manque de confiance vous empêche de trouver un job

Entre petites et grandes déceptions, la confiance en soi est souvent mise à rude épreuve pendant une recherche d’emploi. Mais attention, car c’est un élément déterminant pour convaincre un recruteur. La bonne nouvelle, c’est que ça se travaille !

« Le manque de confiance est-il un frein pour un candidat ? Clairement, oui, répond Wilhelm Laligant, DG de Randstad Search & Selection. Il faut se mettre à la place du recruteur : s’il a face à lui une personne visiblement peu à l’aise, il n’a aucun intérêt à lui accorder la confiance nécessaire pour le poste. » Un constat partagé par Stéphanie Roels, experte en leadership du cabinet Elysée Coaching, qui développe : « Derrière ce manque de confiance en soi, il y a souvent la peur du jugement et de l’exclusion potentielle. Ce trait de caractère touche aussi bien les jeunes au discours pas encore rodé que les seniors, qui se retrouvent sur le marché de l’emploi et sortent de la zone de confort dans laquelle ils ont pu être installés. » Voix chevrotante, hésitations, jambes qui se croisent et se décroisent, autant de signe de nervosité qui ne manqueront pas d’être analysés par les recruteurs comme le signe d’une certaine fébrilité.
"Avoir confiance, ce n’est pas "se la raconter". On sait tous que l’entretien est une épreuve stressante, il ne s’agit pas de la cacher mais de faire en sorte qu’une relation de confiance s’installe."

Travailler son entretien pour gagner en confiance


« Il y a une corrélation directe entre la confiance et la clarté de son projet », assure Catherine Colas, coach professionnelle du cabinet Carrière et Sens. Sa préconisation : bosser son argumentaire en amont pour bien montrer le lien entre son profil et les attentes du poste, mais aussi son désir d’implication. Elle compare : « C’est comme quand vous allez chez un concessionnaire pour acheter une voiture : si vous ne vous êtes pas interrogé avant sur vos attentes et renseigné sur les différents modèles, vous serez en position de faiblesse face aux questions du vendeur. Quelle motorisation souhaitez-vous ? Quels équipements ? Quelle gamme de prix ? » Appliqué à la recherche d’un emploi, le travail avant l’entretien implique de potasser son CV jusqu’à le connaître par cœur et à se renseigner, via Internet et son réseau, sur l’entreprise, le poste ou encore son interlocuteur lors de l’entretien. Plus vous aurez de maîtrise et moins vous aurez de risque d’être déstabilisé par une question ou d’être gagné par le stress.
 

La fausse assurance à bannir


« Chacun doit faire avec son caractère. En fonction des postes, le manque de confiance en soi peut poser plus ou moins problème. Pour un commercial par exemple, ça semble rédhibitoire : s’il manque d’assurance en entretien, qu’en sera-t-il avec les clients ? Mais dans tous les cas on a une exigence : il faut que le candidat soit naturel », constate Wilhelm Laligant. En clair, si vous êtes d’une nature timide, n’arrivez pas en roulant des mécaniques, car ça ne trompera pas longtemps votre interlocuteur. « Avoir confiance, ce n’est pas "se la raconter", précise également Catherine Colas. On sait tous que l’entretien est une épreuve stressante, il ne s’agit pas de la cacher mais de faire avec en faisant en sorte qu’une relation de confiance s’installe. » Comment ? En répondant aimablement aux questions, sans donner l’impression d’être déstabilisé par l’une d’elles, en n’hésitant pas non plus à en poser en retour. « Il faut être dans une attitude de bienveillance », conseille aussi Stéphanie Roels. En clair, vous devez montrer que vous êtes vrai, fiable et avenant poursuit l’experte en leadership : « "ai-je été assez clair ?", ou "est-ce que ça répond à votre question ?", c’est le genre de comportement qu’un recruteur appréciera de la part d’un candidat. » Ces questionnements ne seront pas interprétés comme un manque de confiance mais comme la marque d’une personne qui veut bien faire les choses.
 

La confiance, ça se travaille


Comment faire si un manque persistant de confiance vous fait perdre vos moyens en entretien ? Les coachs professionnels et autres formations ou entraînements sur le processus de recrutement sont là pour aider les moins à l’aise dans cet exercice. « La confiance peut se perdre en enchaînant les déconvenues en entretien, reconnaît Stéphanie Roels. Dans ce cas, je suggère de demander aux candidats des explications aux recruteurs qu’ils n’ont pas convaincus : "qu’est-ce qui n’a pas retenu votre attention dans ma candidature ?", "que me conseillez-vous d’améliorer ?", etc. » En clair : quitter le registre de l’affect pour avoir des pistes concrètes et objectives d’amélioration en vue des entretiens futurs.
 

La rédaction