Comment les recruteurs vérifient votre CV

Niveau de langue arrangé, intitulé de poste trompeur, diplôme gonflé… Les candidats sont nombreux à enjoliver leur CV. Des petits mensonges souvent risqués car les recruteurs ne sont pas dupes et disposent de nombreuses techniques pour démasquer les candidats les plus roublards. Découvrez lesquelles…

L’entretien d’embauche


L’entretien est, aux yeux des recruteurs, le meilleur moyen pour s’assurer de la véracité des informations présentes dans les CV. Au fil des années, Isabelle Bernard, directrice du développement RH au sein de SGS France, a adopté de précieux réflexes. « Je demande, par exemple, aux candidats s’ils sont titulaires du diplôme qu’ils indiquent, car nombreux sont ceux qui ont suivi l’année du diplôme sans jamais l’avoir obtenu. »
Grâce aux techniques de questionnement et de reformulation, les employeurs réussissent à découvrir les fausses informations contenues dans le CV. « C’est en croisant les réponses des candidats que nous parvenons à lever nos doutes », confirme Anne Hoppenot, responsable du pôle recrutement chez SCC. L’entretien est aussi l’occasion, pour les recruteurs, de soumettre les candidats à une batterie de tests sur leur niveau d’anglais ou leur degré de connaissance d’un logiciel, par exemple.

Les réseaux sociaux


Les profils Viadeo et LinkedIn des candidats constituent une riche mine d’informations pour les recruteurs. « Ils contiennent peu de mensonges dans la mesure où les candidats y sont en contact avec leurs anciens collègues et managers », constate Michel Dumont, associé du cabinet Euro Consulting Partners. Sur ces plateformes, ces derniers ne prennent pas le risque de mentir sur les postes qu’ils ont occupés ou les dates de leurs précédents contrats.
Même s’ils ne l’avouent qu’à demi-mot, les recruteurs sont de plus en plus nombreux à jeter un coup d’œil aux profils Facebook des candidats. Si ces derniers n’ont pas pris la peine de restreindre l’accès à leur compte, les recruteurs peuvent y trouvent des informations de première importance, comme le contexte dans lequel les candidats ont quitté leur ancienne entreprise.

La prise de références


De plus en plus plébiscitée, la prise de référence est devenue l’arme ultime des recruteurs émettant un doute sur un profil. Pour s’assurer du type de missions confiées, du degré de participation à un projet ou du nombre de personnes managées, les professionnels RH se lancent dans une série d’interviews avec les anciens N+1 ou N-1 du candidat. « Cet entretien de 30 minutes me permet également de valider les compétences d’un profil comme sa capacité à faire preuve d’adaptation ou à diriger une équipe », explique Michel Dumont.
Pour Isabelle Bernard, ce sont les périodes d’inactivité qui peuvent être démasquées par ce biais. Des informations qui peuvent, pourtant, être indiquées en toute transparence dans le CV aujourd’hui. « Il y a quelques années, ces périodes suscitaient des interrogations chez les recruteurs. C’est de moins en moins le cas, vu le contexte économique », assure-t-elle.

Les annuaires des anciens


Lorsqu’un candidat annonce qu’il est diplômé d’HEC Paris, le premier réflexe des recruteurs est de se plonger dans les annuaires des grandes écoles pour vérifier l’information. Et s’ils n’ont pas cette base de données à portée d’eux ou s’ils ne partagent pas le même réseau professionnel que le candidat, un simple coup de téléphone au directeur de l’établissement en question leur permet d’être rassurés. « Nous sommes en lien étroit avec les responsables entreprises des écoles spécialisées dans notre domaine d’activité, ce qui facilite la vérification d’informations lorsque nous recrutons des alternants ou des jeunes diplômés », témoigne Anne Hoppenot. En revanche, si le candidat est diplômé d’une école étrangère, les choses se compliquent. En Angleterre par exemple, les universités ne divulguent pas le nom de leurs anciens diplômés. Seuls les candidats peuvent formuler cette demande.

Les prestataires spécialisés


Control-CV, Verifdiploma, Infor Crédit… Les sociétés spécialisées dans la vérification de CV ont récemment investi l’Hexagone. Mais contrairement à leurs confrères anglo-saxons, les recruteurs français se tournent peu vers elles. Actuellement, seuls les cabinets de recrutement ou les grands groupes effectuant des embauches sur des marchés étrangers ont recours à ces prestataires. Total, Orange, Safran et Ernst & Young font partie de ceux-là. Ces entreprises chargent, par exemple, ces vérificateur de CV de valider les anciens postes occupés par les candidats qu’ils s’apprêtent à recevoir en entretien.

La rédaction