Comment négocier ses horaires de travail lors de son embauche ?

Si vous êtes retenu pour le poste, vous aimeriez aménager un peu, moyennement, voire beaucoup, vos horaires de travail. Pas évident à demander lors d’un entretien d’embauche ! Mais tout est possible, à condition de bien amener les choses, étape par étape… Des spécialistes vous guident.

1 Trouver le bon moment pour en parler


« L’essentiel dans une négociation est de rester au plus près des besoins du recruteur », répète volontiers Patrick Taranto. Pour ce consultant, auteur du livre Devenez un as de l’entretien d’embauche, chacun peut demander à aménager un peu son temps de travail à condition de respecter un certain timing. « Il faut partir des attentes du recruteur avant d’évaluer son degré de flexibilité. Il faut d’abord se focaliser sur les résultats attendus, expliquer comment on peut les atteindre, le rassurer, puis, seulement évoquer ses impératifs. » Dès lors, la question peut-être envisagée en bonne intelligence. « Les temps ont changé, rassure Pierre Bultel, fondateur du cabinet PBRH. De nos jours, les employeurs cherchent aussi des salariés équilibrés. »
"Si vous souhaitez négocier un 4/5ème, il faut d’abord insister sur son implication et son efficacité avant d’en parler. Mais si vous voulez un 3/5ème ou un vrai mi-temps, il faut en parler vite." 

2 Si vous voulez prendre un après-midi de temps en temps


Scénario le plus courant : une maman, ou un papa, veut pouvoir prendre un après-midi de temps en temps avec ses enfants – ou pour une autre raison - et s’interroge sur la flexibilité de son futur employeur. Mais que peut-il lui demander exactement ? « Même si l’entretien se passe bien, un accord verbal ne vaut rien, rappelle Eric Rocheblave, avocat spécialisé en droit du travail. Car au final, si son contrat prévoit la présence du salarié entre 9 et 18 heures, un salarié peut s’exposer à une faute si un employeur procédurier décide de pinailler sur les horaires. »
Malgré tout, le juriste suggère de contourner la question intelligemment. « Sans entrer dans les détails de sa vie personnelle, on peut poser la question des RTT. Peut-on les morceler et les poser dans quels délais ? De même, les cadres peuvent poser la question des heures supplémentaires. Si elles sont récupérées, le salarié peut-il les placer lui même ? Existe-t-il des horaires fixes et d’autres modulables ? ». Des questions à poser uniquement quand on est dans la phase finale du processus de recrutement.
 

3 Vous souhaitez travailler à temps partiel


Cependant la négociation devient plus ardue si vous voulez travailler à temps partiel. « Ce n’est pas forcément idéal pour un recruteur, reconnaît Pierre Bultel. Si vous souhaitez négocier un 4/5ème, il faut d’abord insister sur son implication et son efficacité avant d’en parler. Mais si vous voulez un 3/5ème ou un vrai mi-temps, il faut en parler vite. Pas d’entrée, au risque de braquer son interlocuteur, mais pas trop tard non plus et donner l’impression de le mettre devant le fait accompli. »
Autre mise en garde : si le recruteur accepte, la négociation n’est pas finie ! « Idéalement, il faudra inscrire ces modalités dans le contrat de travail, commente Eric Rocheblave. Dans votre intérêt, il vaut mieux faire stipuler que l’on peut revenir à plein temps si on le souhaite, pour se protéger en cas de coup dur. »
 

4 Pourquoi pas le télétravail ?


Mais il arrive, aussi, que la modulation des horaires soit liée à une légère délocalisation : c’est la philosophie du télétravail. « Pour gagner en flexibilité horaire, ne serait-ce qu’en s’épargnant de longues heures de transport certains jours, de plus en plus de salariés apprécient un ou deux jours de télétravail par semaine », constate Matthieu Billette de Villemeur, auteur du livre Le télétravail, comment gagner sa vie en restant chez soi. Cependant, mieux vaut se renseigner sur la position de l’entreprise sur le sujet avant de l’évoquer en entretien. Et encore, avec quelques précautions. « Car même si vous postulez dans une entreprise qui a signé un accord sur la question, ce n’est pas gagné, poursuit notre spécialiste.
Il vaut mieux poser quelques questions générales sur les modalités d’application. D’abord pour sonder l’opinion du recruteur sur la question, mais surtout parce que la plupart des accords prévoient un an d’ancienneté dans l’entreprise avant de pouvoir prétendre au télétravail. » Malgré tout, tout reste négociable. « Même si un accord prévoit une ancienneté, voire s’il n’y a pas d’accord du tout, vous pouvez toujours essayer d’inclure une part de télétravail dans un contrat d’embauche, ajoute Eric Rocheblave. Il suffit juste d’inscrire les modalités choisies, ainsi que la possibilité de changer d’avis plus tard sur la question. Pour le salarié comme pour l’entreprise. »

La rédaction