Comment réagir face à un recruteur grossier en entretien

Heureusement, ce n’est pas la majorité. Malgré tout, il serait dommage de passer à côté d’un entretien d’embauche ou de se sentir désarmé à cause du comportement grossier d’un recruteur. Voici quelques parades en 5 points.

1 Garder son calme


Le recruteur a oublié que vous aviez rendez-vous. Il vous reçoit avec plus d’une heure de retard, mais, surprise, pas un mot d’excuse. Pire encore, il semble découvrir votre CV et écorche votre nom. « Heureusement, ce n’est pas une généralité, observe Philippe Arsac, président du cabinet de recrutement EuroWin Consulting Group. La plupart des recruteurs sont un minimum courtois. Mais face à quelqu’un de grossier, le premier réflexe à avoir est de rester calme. Crier au scandale ou claquer la porte soulage le candidat dix secondes mais ne sert à rien. »
Pour Hélène Picot, coach et auteure du livre Sans emploi ? Trouvez votre voie et rebondissez ! : « Il faut surtout ne pas prendre les choses personnellement. Restez bien assis, le dos droit et inspirez et expirez lentement. Une astuce qui permet de garder sa contenance et de réguler son stress en attendant de trouver la bonne attitude à adopter. »
"Plus vous serez calme, posé et maître de vous, moins le recruteur sera tenté de vous pousser dans vos retranchements."
 
 

2 Demander de reformuler


Autres classiques vues en entretien par les candidats : les recruteurs qui s’interrogent à voix haute sur votre âge ou tiennent, face à une femme, des propos à connotation misogyne. « Les recruteurs sont humains. Certains, en situation de stress ou débordés, sont juste maladroits et volontiers prêts à reconnaître leurs torts », estime Philippe Arsac. Raison de plus pour les interpeller… poliment dans un premier temps. Autrement dit : tendez-leur une perche avec humour. « Ne vous laissez pas entraîner dans un cercle vicieux de réponses agressives, confirme Cédric Morin, auteur du Guide de l’entretien d’embauche. Vous pouvez aussi lui demander de reformuler sa question, en prétextant que vous ne l’avez pas comprise. Dans cette situation, s’il s’agit d’une maladresse de sa part, il y a de fortes chances qu’il le réalise et qu’il s’adresse à vous d’une autre façon. »
 

3 Prendre les choses en main


« La plupart de vos interlocuteurs seront sérieux, courtois, résume Florence Le Bras, auteure de L’entretien d’embauche mode d’emploi. Les exceptions sont rares. Mais soyez aussi paré à l’éventualité du grossier personnage. » Un recruteur qui vous fait attendre près d’une heure dans une salle d’attente surchauffée, vous propose une chaise bancale pour vous déstabiliser ou encore oriente le spot de son bureau vers votre visage… Pas de doute : ce recruteur est grossier, voire carrément manipulateur. « Plus vous serez calme, posé et maître de vous, moins le recruteur sera tenté de vous pousser dans vos retranchements, recommande l’experte. Faites vous respecter en souplesse, sans vous fâcher : ouvrez la fenêtre de la salle d’attente, allez chercher une autre chaise, demandez-lui de baisser le spot. Il se peut que cette mise en scène soit faite pour tester votre stabilité émotionnelle, et que, satisfait par votre réaction, il s’exécute. »
 

4 Savoir à qui l’on a à faire


Vous avez canalisé la grossièreté de votre interlocuteur ? Félicitations ! Mais le plus dur reste à faire. « Une mise au point s’impose si vous avez des chances d’être recruté, observe Hélène Picot. En dépit de ses méthodes douteuses, si ce grossier personnage est un responsable des ressources humaines que vous ne reverrez que rarement, soit. Mais s’il s’agit de votre futur n+1, sachez où vous mettez les pieds. » Bien que la mise au point soit parfois délicate en période de crise, la coach invite le candidat à mettre à plat la future relation de travail. « Restez factuel et expliquez comment vous préférez communiquer pour être le plus à l’aise et efficace possible dans votre future mission. Si on le peut, c’est bien de mettre certaines choses au point d’entrée. »
 

5 Prévenez son responsable


Reste une dernière possibilité : le recruteur irrécupérable qui, malheureusement, ne fait pas semblant. « Si un recruteur tient des propos grossiers et discriminatoires, il le fait généralement sans témoin, analyse Thomas Roussineau, avocat spécialisé en droit du travail. Il est dès lors compliqué de porter plainte. » Mais que cela ne vous empêche pas de partir la tête haute. «  Si votre interlocuteur se permet des allusions grossières ou déplacées sur votre embonpoint, n’hésitez pas à le remettre en place, encourage Cédric Morin. S’il ne présente pas d’excuses ou s’il n’a pas compris qu’il passait les limites de la décence, interrompez l’entretien. Prenez contact avec son supérieur hiérarchique : cela ne vous fera pas recruter mais permettra à l’indélicat d’apprendre les bonnes manières… », conclut l’auteur.

La rédaction