Comment répondre à la question « Avez-vous d'autres pistes ? »

C’est une question incontournable de l’entretien d’embauche. Même si, en apparence, elle ne recèle pas de piège, mieux vaut préparer des éléments de réponse pour donner confiance aux recruteurs.

Habituellement, lorsqu’un recruteur vous pose cette question, vous hésitez entre lui dire que vous croulez sous les propositions et qu’il est votre seul espoir ? Sachez qu’il n’y a pas de quoi céder à la panique. « Ce n’est pas une question piège, rassure Julien Defrance, responsable recrutement et partenariats écoles au sein du groupe bancaire BPCE. Je cherche ici à savoir si le candidat a une démarche proactive de recherche d’emploi. »
Un avis partagé par Gaëlle Marre, directrice associée du cabinet Office Team. « Cette question, que je pose systématiquement en début d’entretien, me permet simplement de voir à quel type d’annonces le candidat postule et de savoir si celles-ci sont proches du poste que je compte lui proposer. »

Si la réponse est oui…


Même s’il n’y a ni bonnes ni mauvaises réponses à cette question, il ne faut pas se leurrer : les recruteurs aiment bien savoir qu’ils ne sont pas les seuls à convoiter un bon profil. « Un candidat est forcément plus attirant s’il est déjà courtisé », confirme Yves Gautier, coach en recrutement, spécialisé dans l’entretien d’embauche.
« J’apprécie de voir que mon impression à propos d’un candidat est corroborée par celle d’un autre recruteur », ajoute Julien Defrance. « Si je suis face à un candidat intéressant, le fait qu’il ait d’autres pistes va créer une urgence et accélérer le processus de recrutement », confie, pour sa part, Gaëlle Marre.
Si vous avez déjà passé un premier entretien pour une entreprise, attendez-vous à ce que le recruteur qui vous reçoit vous demande des précisions sur cette mystérieuse piste. « Notamment l’intitulé du poste, le secteur d’activité de l’entreprise ainsi que le type de contrat proposé », précise Gaëlle Marre.
Adoptez une formulation du type : « Je suis en échange avec une entreprise du secteur agro-alimentaire implantée dans le Grand-Ouest pour un poste d’ingénieur qualité à pourvoir en CDI à partir du mois de novembre. » Contentez-vous de donner ces éléments sans trop entrer dans le détail et faites preuve de discrétion en évitant de nommer l’entreprise qui vous a approchée. Car un recruteur n’apprécie pas qu’un candidat se répande sur un concurrent, que ce soit dans des termes positifs ou négatifs.

Si la réponse est non…


Si vous n’avez pas l’ombre d’une piste, même pas un vague contact qui pourrait partager votre CV à son supérieur, ne cherchez pas à duper le recruteur. « Ce n’est pas honteux de ne pas avoir d’autres pistes, explique la directrice associée d’Office Team. D’autant qu’il peut y avoir plein de raisons qui peuvent l’expliquer : un candidat qui commence tout juste ses démarches et qui n’a pas encore mis son CV sur un jobboard, un autre qui tient à cibler ses recherches sur un seul secteur d’activité ou un dernier qui évolue dans une filière très concurrentielle… »
Pour répondre avec brio à cette fameuse question, ne vous attardez pas sur le contexte économique difficile. Rebondissez plutôt sur vos motivations à décrocher le poste pour lequel vous êtes reçu. Bannissez la formulation : « C’est le calme plat. Si vous n’acceptez pas ma candidature, je ne sais pas ce que je vais devenir ». Préférez plutôt : « L’opportunité que je trouve la plus intéressante est celle pour laquelle nous nous rencontrons aujourd’hui ».

Et si je tentais le bluff ?


À ce jour, vous avez envoyé quelques CV par-ci par-là et vous êtes entrés en contact, via les réseaux sociaux, avec des DRH d’entreprises ou des consultants de cabinets de recrutement. Quoiqu’importante, cette étape n’est pas considérée comme « une piste » aux yeux des recruteurs.
Toutefois, si vous souhaitez absolument susciter l’intérêt d’un responsable RH, « rien ne vous empêche d’enjoliver la réalité », estime Yves Gautier. Vous pouvez expliquer, tout en restant évasif, que vous avez un certain nombre de pistes et que certaines sont à un stade plus avancé que d’autres. Ou encore que certaines demandent à être précisées. « Bien maîtrisé, ce bluff peut permettre au candidat d’obtenir, lorsque la négociation sera plus avancée, des avantages de rémunération ou de formation supplémentaires », précise le coach en recrutement.
Pour autant, gardez en tête qu’il est important de ne pas emmener le recruteur sur une fausse piste. « Un entretien de recrutement sert à nouer une relation de confiance. Un candidat qui me ment sur cette question ou qui s’embourbe dans ses contradictions, c’est rédhibitoire », conclut Gaëlle Marre.
Morale de l’histoire : « le meilleur moyen de ne pas se tromper est encore de rester honnête du début à la fin de l’entretien », conclut Julien Defrance.

La rédaction