Comment trouver un job grâce au réseau... même quand on n'en a pas

Faire appel à son réseau quand on cherche un emploi peut s’avérer très efficace. Mais comment s’en sortir quand on n’a pas les bons contacts ? Deux experts nous éclairent sur les techniques à adopter.

« Il faut dédramatiser ce terme de réseau. Ce n’est rien d’autre que l’ensemble de notre tissu relationnel. Le réseau est là, sous votre nez », rassure d’emblée Bérangère Touchemann, coach de carrière. Et même si vous pensez que votre famille ou vos amis ne peuvent pas vous aider, eux connaissent certainement des personnes qui le pourront. « Il faut bien distinguer les liens forts des liens faibles, précise Jean-Paul Lareng, consultant marketing en stratégie digitale. Les liens forts sont l’entourage immédiat de la personne, son réseau de confiance familial, amical et professionnel. Ce sont eux qu’il faut solliciter en premier car ils nous permettent de rebondir pour atteindre les liens faibles, qui constituent un second cercle, là où peut se trouver votre futur employeur. En théorie, tout le monde dispose d’un réseau pour atteindre le recruteur de l’entreprise qu’il vise. »
"D’abord, vous devez mettre au point un speech d’une trentaine de secondes qui dit clairement ce que vous faites et ce que vous cherchez comme poste."

Oser parler de votre recherche d’emploi


Pour ce qui est de la méthodologie, Bérangère Touchemann suggère d’avancer de façon pragmatique : « D’abord, vous devez mettre au point un speech d’une trentaine de secondes qui dit clairement ce que vous faites dans la vie et ce que vous cherchez comme poste. Il permettra à votre premier cercle (familles, amis, anciens collègues de travail ou camarades de promotion…) de cerner vos attentes pour estimer s’ils ont dans leur propre entourage des personnes susceptibles de vous aider. » Reste alors à solliciter ces personnes sans détour. Par exemple, si vous cherchez un poste de commercial et que vous savez qu’une cousine ou un ami travaille pour une entreprise qui vous plaît, pourquoi ne pas simplement lui demander un contact au service RH ? « Dans leur grande majorité, les gens sont ravis de pouvoir donner un coup de main et ça ne coûte rien d’essayer, estime Bérangère Touchemann. Mais attention : un réseau ne doit pas fonctionner que dans un sens, vous devez aussi faire en sorte d’aider si on vous sollicite. »
 

Pour que ça marche, il faut s’investir


Toutes les personnes que vous connaissez sont donc autant d’opportunités potentielles. Mais pour que cela débouche sur du concret, il faut s’investir. « Le relationnel s’inscrit sur du long terme avec des efforts à fournir pour réseauter efficacement », rappelle Jean-Paul Lareng.  Il s’agit notamment de prendre régulièrement des nouvelles de ses anciens collègues et de s’intéresser à leur parcours. Vous pouvez par exemple profiter de la nouvelle année pour envoyer un mail cordial, un petit rien qui permet de garder le contact. Si vous avez aussi des clients parmi vos contacts, profitez d’un coup de téléphone professionnel pour parler de manière désintéressée. C’est ainsi que se resserre encore un peu plus le maillage d’un réseau. Avec en prime depuis quelques années la possibilité d’échanger plus rapidement par le biais des réseaux sociaux.
 

Les réseaux sociaux en complément du réseau réel


« Posséder un compte LinkedIn ou Viadeo permet à la fois de se rendre visible auprès des recruteurs et de constituer un réseau plus efficace et mieux informé », estime Bérangère Touchemann. Jean-Paul Lareng confirme : « Les réseaux sociaux viennent compléter le réseau réel. Vous rencontrez quelqu’un, le courant passe bien, à partir de son simple nom vous pouvez être connecté à l’ensemble de son réseau LinkedIn. C’est une mine d’informations qui permet, depuis chez vous, de voir qui solliciter et par quel intermédiaire passer. » Les deux experts estiment qu’il vaut mieux se concentrer sur un réseau social ou deux maximum, mettre les comptes à jour régulièrement, et ne se tourner vers l’alimentation d’un blog ou d’un compte Twitter que pour des métiers bien spécifiques, dans le marketing ou la communication par exemple.
 

Pas envie de soigner son réseau ? Pourquoi c’est une mauvaise idée


Certains irréductibles considèrent tous les efforts nécessaires pour entretenir son réseau comme du temps perdu. « Même une personne en CDI dans la même entreprise depuis des années, sans envie d’en changer, n’est pas à l’abri d’un plan social ou de circonstances qui vont l’amener à devoir trouver un autre poste, remarque Bérangère Touchemann. Il faut pouvoir devancer d’éventuels changements de vie professionnelle » Mieux vaut donc faire preuve de sociabilité et avoir un minimum de présence sur les réseaux sociaux. 
 

La rédaction