Comment valoriser ses missions d'été sur son CV ?

Que ce soit un boulot d’été ou un job alimentaire, ces missions doivent trouver leur juste place sur votre CV. Et attention, car selon les formulations choisies, elles peuvent soit valoriser votre candidature, soit la discréditer.

1 Être clair sur les dates


« La première erreur est de gonfler artificiellement les dates d’un petit boulot pour tenter de leur donner plus d’importance », observe Joelle Walraevens-de Luzy, consultante en développement de carrière. Parmi les classiques, un stage ou un CDD d’un mois renvoyant à la période "été 2015", quand ce n’est pas l’année entière sans plus de précision. « Or c’est précisément l’inverse qui vous fera sortir du lot. Peu importe si la mission a été courte. Cette information apparaîtra comme un premier signe de rigueur. » Mieux encore, il est bienvenu de stipuler la nature du contrat. « Je suis aussi sensible aux dates, concède Audrey Brichant, senior manager au cabinet Walters People. Il n'y a pas de mal à avoir une expérience courte. Mais je recommande aux chercheurs d’emploi de les expliquer et de spécifier s’il s’agit d’un stage, d’un CDD ou d’un contrat d'intérim par exemple. Cela permet de lever un doute et d’éviter de penser aux raisons pour lesquelles un contrat aurait été écourté. »

"Peu importe la mission : c’est de ne rien indiquer de ou rester trop vague qui suscite un flou sur l’amplitude du poste occupé et sa réussite."

2 Présenter son employeur


Certains candidats sont mal à l’aise avec leurs expériences plus confidentielles. « Si l’entreprise est en rapport avec sa formation mais peu réputée, il ne faut pas hésiter à renseigner son secteur d’activité et son chiffre d’affaires pour donner une idée de la taille de la structure, ajoute Isabelle Wackenheim, auteure du Guide du CV et de la lettre de motivation. Et le conseil vaut aussi si le job en question n’a rien à voir. Même une boulangerie est une TPE ! En précisant le nombre de salariés, on donne une idée du spectre de responsabilités que l’on a pu occuper. »

 

3 Assumer ses jobs alimentaires


Pour Joelle Walraevens-de Luzy, tout peut s’écrire dans un CV à condition de pouvoir expliquer une logique ou une démarche. « On peut valoriser un job purement alimentaire, y compris pour un profil confirmé qui aurait travaillé deux mois pendant une plus longue période de chômage, poursuit-elle. Le candidat devra cependant spécifier sur le CV qu’il s’agit d’un CDD ou d’une mission et ensuite expliquer dans sa lettre de motivation et en entretien qu’il a préféré accepter un job alimentaire plutôt que de rester inactif. Peu osent le faire alors que cela peut permettre à un candidat de marquer des points car il y a toujours quelque chose à en tirer. » Parmi les erreurs courantes, Guillaume Pican cite des postes non étayés de résultats. « Même si c’est plus facile pour certains postes, tous les profils s’y prêtent, assure ce directeur de département au cabinet Michael Page. Partout on peut évoquer un volume de réalisations ou des initiatives prises. » Peu importe la mission : c’est de ne rien indiquer de ou rester trop vague qui suscite un flou sur l’amplitude du poste occupé et sa réussite. »

 

4 Etoffer ses compétences transférables


Pour aller plus loin, un candidat peut même réactualiser la rubrique de son CV dédiée aux compétences grâce à de nouvelles connaissances transversales. « Les compétences transversales sont susceptibles d'irriguer toute l’entreprise », explique Isabelle Wackenheim. Ainsi, même si son job d’été était éloigné du poste visé, peut-être un candidat a-t-il eu l’opportunité d’encadrer des équipes ou de s’initier à un logiciel. « Si vous avez géré des stocks, pratiqué une langue étrangère ou managé un projet, vos compétences peuvent intéresser tout type d’entreprise. Il faut juste se demander ce qui pourrait intéresser un futur recruteur dans ce que l’on a fait et le faire ressortir dans son CV. Dans une petite structure, on devient vite un profil indispensable et touche à tout. »

 

 

5 Des centres d’intérêt… plus intéressants


Mais nul besoin d’avoir été salarié ou en stage pour forcément tirer son épingle du jeu. Faute d’avoir trouvé mieux - ou d’avoir eu besoin ou envie de travailler un été - une expérience de bénévolat ou dans l’humanitaire peut s’avérer valorisante. « Une expérience bénévole permet de se faire remarquer d’un recruteur et de susciter un sujet de conversation supplémentaire et plus personnel, commente Joelle Walraevens-de Luzy. Je recommande simplement de parler de ce type de mission dans la rubrique dédiée aux centres d’intérêt. Ce sera un plus pour le savoir-être du candidat. Cela permet de valoriser une empathie, une curiosité ou encore des valeurs qui aideront le candidat à sortir du lot. » 

La rédaction