CV en anglais : les 5 erreurs des candidats français

Lorsqu’il s’agit d’écrire un CV en anglais, les candidats français ne sont pas forcément les plus brillants. Erreurs de traduction, contenus approximatifs, problèmes de hiérarchisation… Tour d’horizon des erreurs à éviter si vous visez une carrière à l’international.

1ère erreur : la traduction mot à mot


Si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare, ne comptez pas sur les traducteurs automatiques pour vous venir en aide. Trop approximatifs, ils se contentent généralement de traductions purement littérales. « Or, toute expression a besoin d’un contexte pour être correctement retranscrite », rappelle Marie-Laure Gaurat, directrice au sein du cabinet Page Personnel.
Ces logiciels vous induiront en erreur en traduisant « savoir-faire » par « know-how », plutôt que par « expertise » ainsi que « grande école » par « high-school » (qui signifie lycée), plutôt que par « top school ».Dans la même veine, prenez garde aux faux amis, très présents dans les CV des candidats non-anglophones. Notamment « lecture » (qui signifie conférence), « abilities » (capacités) ou encore « degree » (diplôme).

2ème erreur : le vocabulaire anglais n’est le même que l’américain


Votre CV est susceptible d’être lu par un recruteur anglosaxon ? Retenez-bien cette règle : si vous briguez un poste en Grande-Bretagne, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, rédigez votre CV en anglais britannique. A contrario, si vous postulez aux États-Unis, utilisez plutôt des termes américains. Car l’écriture des mots, des dates et des abréviations diffère selon les cultures.
En anglais, « licence » et « programme » s’écrivent respectivement « license » et « program » en américain. Le mot « entreprise » se dit « company » aux États-Unis tandis qu’il se traduit par « enterprise » en Grande-Bretagne. Attention : si la différence vous semble minime, elle peut perturber les recruteurs anglophones.

3ème erreur : des rubriques dans le désordre


« Les anglo-saxons étant plus tournés vers la pratique que la théorie, la rubrique du CV sur les expériences professionnelles doit précéder celle sur les diplômes », explique Olivier Briard, dirigeant du cabinet ISP Briard.
Afin de montrer que vous êtes capable d’évoluer dans un environnement international, optez pour cet ordre de rubrique :
  • « Personal Details » (état civil)
  • « Career Objective » (objectif professionnel)
  • « Work Experience » (expérience professionnelle)
  • « Education » (formation initiale)
  • « Special Skills » (compétences particulières)
  • « Miscellaneous » (divers)
  • « References » (références)
Pour cette dernière partie, si vous ne souhaitez pas communiquer les coordonnées de vos anciens employeurs, indiquez au recruteur que vos références sont disponibles sur demande, via la formule : « References available upon request. »

4ème erreur : ne pas mentionner les équivalences de diplômes


Si vous envoyez votre CV à un recruteur d’outre-Atlantique, vous devez indiquer l’équivalence anglophone de vos diplômes français. « Des organismes comme le British Council et le NARIC informent les candidats français sur la reconnaissance des diplômes universitaires », explique François Pétré, conseiller Eures pour Pôle emploi International.
D’après ses organismes, le Doctorat équivaut au « PhD » tandis que le BTS équivaut au « BTEC Higher National Diploma ». Plutôt que de faire l’étalage de tous vos diplômes dans l’ordre anti-chronologique, « sélectionnez le dernier obtenu ou ceux qui sont directement en lien avec le poste visé », conseille François Pétré.
Étant donné que les recruteurs étrangers connaissent peu les contenus de formation français, il est également conseillé de « détailler toutes les matières que l’on a abordées durant sa formation », précise Olivier Briard.

5ème erreur : un contenu trop abstrait


Les recruteurs anglophones partagent le même point de vue : les CV rédigés par les Français ne sont pas suffisamment accrocheurs. Plutôt que d’indiquer, sur une ligne, que vous avez occupé un poste de commercial dans telle entreprise, entrez dans les détails. « Puisqu’un CV anglo-saxon fait entre une et trois pages, il est possible de consacrer un paragraphe de 5 à 8 lignes sur l’expérience la plus significative » souligne François Pétré.
Par ailleurs, comme les Américains ont la culture du résultat, ne soyez pas avares de chiffres. « Pensez également à utiliser des verbes d’action pour susciter l’intérêt des recruteurs », ajoute-t-il.
Enfin, veillez à ne pas utiliser le style télégraphique. « Dans un CV anglophone, mieux vaut expliquer ses missions avec des phrases plutôt qu’avec des tirets », confirme Marie-Laure Gaurat.
Attention à la réglementation américaine   Si vous briguez un poste aux États-Unis, n’indiquez pas votre âge, votre date de naissance, votre nationalité ainsi que votre situation familiale sur votre CV. Depuis l’entrée en vigueur des mesures anti-discrimination, les photos sont, elles aussi, proscrites. Sachez que la réglementation est moins stricte outre-Manche. « En Angleterre, les recruteurs apprécient lorsque l’état civil est très détaillé », précise Olivier Briard.

La rédaction