CV : les fausses bonnes idées des candidats

Votre CV, vous en êtes fier ! Contenu, rubriques, mise en page, … Tout vous semble impeccable. Mais avez-vous vraiment fait les bons choix ? Faites le point avec Keljob sur les principales idées reçues des candidats.

« J’ai fait un CV de trois pages pour multiplier les mots-clés et montrer que j’ai beaucoup d’expérience »


Vous le savez, les recruteurs passent peu de temps sur un CV pour faire un premier tri. Et vous ne serez pas surpris d’apprendre que c’est un laps de temps beaucoup trop court pour lire un document de trois pages.
Non seulement un CV qui traîne en longueur est peu engageant pour votre lecteur mais peut aussi renvoyer l’image d’une personne qui manque d’humilité. D’autant plus si vous avez peu d’expérience.
Pour éviter les erreurs de jugement, mieux vaut être le plus synthétique possible. « L’enjeu est de réussir à faire ressortir, au sein du CV, les informations qui apportent une valeur ajoutée à la candidature », explique Florian Devauchelle, directeur du cabinet H3O. Pour réussir à faire tenir votre CV sur une seule page, débarrassez-vous des descriptifs de poste au profit d’éléments concrets. « Privilégiez des données factuelles comme des chiffres d’affaires, des taux de marge, des volumes… », conseille-t-il.

« J’ai imaginé une mise en page originale pour taper dans l’œil des recruteurs »


Il est parfois tentant d’abandonner le traditionnel document Word au profit d’un CV à la mise en page plus originale. D’autant plus si vous évoluez dans un secteur hyper-concurrentiel. « Un CV décalé peut se justifier dans des secteurs comme la communication ou le marketing, où l’on demande aux candidats d’être créatifs », concède Florian Devauchelle.
Pour autant, si vous ne convoitez pas un poste de créatif, c’est un pari plutôt risqué. Mal maîtrisé, cet élan d’originalité peut même desservir votre candidature. « Le CV doit être appréhendé comme un outil de communication : il doit être clair, lisible et ne pas brouiller la vue du recruteur avec une quinzaine de polices de caractères différentes », rappelle Véronique Rivalier, consultante-coach au sein du cabinet Profil.
Avant de vous lancer dans une mise en page atypique, gardez également en tête que les logiciels de recrutement utilisés par les grands groupes ne lisent pas les documents trop lourds ou aux formats non-traditionnels. Pire, certains les assimilent à des spams ou à des virus.

« J’ai réussi à intégrer toutes mes expériences professionnelles à mon CV »


Il est louable de vouloir intégrer tous les postes que l’on a occupés dans la mesure où le CV doit retranscrire le parcours professionnel. Pour autant, toutes les expériences ne sont pas dignes d’intérêt.
Savoir que vous avez été vendeur de glaces durant un job d’été n’apportera pas grand-chose à un recruteur si vous briguez maintenant un poste d’expert-comptable ou d’ingénieur process. « Il est plus judicieux d’insister sur les expériences qui sont en adéquation avec le poste pour lequel vous postulez », précise Florian Devauchelle.
Pour jouer la carte de la personnalisation jusqu’au bout, « rédigez deux ou trois CV différents et adaptez-les à chaque fois aux compétences recherchées par les employeurs », conseille Véronique Rivalier. En sélectionnant vos informations, vous montrerez au recruteur que vous avez l’esprit de synthèse et que vous savez faire preuve d’analyse.

« J’ai réussi à masquer le trou de deux ans que j’ai dans mon parcours professionnel »


Sachez que cette prise de risque peut vous coûter très cher. « En biaisant un recruteur, le candidat entamera automatiquement sa confiance », prévient le directeur du cabinet H3O. Pour éviter d’aller droit dans le mur, ne mentez pas sur ce type d’informations.
D’autant que les mentalités ont évolué sur ce sujet : les recruteurs n’accableront pas un candidat ayant pris une année sabbatique ou un congé parental. Ni même un candidat dans une situation de recherche d’emploi depuis plusieurs mois.
Pour autant, à moins que vous ayez réalisé une expérience enrichissante pendant cette période (tour du monde, mission humanitaire…), ne le mentionnez pas en toute lettre dans votre CV. Pour ne pas que ce trou accapare l’œil du recruteur, « le candidat peut indiquer les années civiles des débuts et des fins de ses différents contrats sans pour autant préciser les mois », soumet Florian Devauchelle.

La rédaction