CV : rubrique "divers", de l'originalité, sinon rien

Il va falloir se décider à lui secouer les puces à cette fameuse rubrique « Divers ». Vous aimez le cinéma ? La lecture ? Les balades dans le parc ? Fantastique, sauf que ça n’intéresse personne. Et surtout ça n’apporte rien à votre candidature. Le tri entre ce qui marche et ce qui tombe à plat.


Ne vous sentez pas « obligé » !


Avant toute chose, dites-vous bien que cette dernière rubrique, que tout un chacun s’impose et peine à remplir, est totalement facultative. « Personne ne doit se sentir obligé, insiste Wilhelm Laligant, directeur général de Search & Selection, a fortiori si l’on n’a rien de particulier à y mettre. Certaines professions sont très chronophages, à cela s’ajoute la vie de famille, la vie sociale… une journée, ça ne dure jamais que 24 heures. » Le mot d’ordre : soit j’ai quelque chose d’intéressant à raconter, soit je m’abstiens.

Stop au titre fourre-tout


Commençons par le commencement : nommer cette partie du CV « Divers » est une grave erreur. Car elle est sensée, comme le rappelle le directeur général de Talent People Jean-Jacques Durizy, apporter un éclairage complémentaire sur votre personnalité avec un ou plusieurs éléments d’importance, que vous n’avez pu caser ailleurs. On ne met pas du « divers » dans un CV, mais des choses précises et significatives. Choisissez un titre plus approprié et moins fourre-tout, comme : « Autres centres d’intérêt », ou « Activités extra-professionnelles ».

Objectif originalité


« Si c’est pour parler de télévision, de cinéma ou de lecture, ce n’est pas la peine, c’est beaucoup trop banal », estime Wilhelm Laligant. Vous devez donc opter pour des éléments qui vont retenir l’attention, de par leur originalité. Le coup du sportif, ça marche toujours. Mais attention, quand on dit sport, on ne parle pas des fois où vous allez taper la balle avec les copains histoire de vous détendre. On parle de classement, voire d’exploit, à tout le moins de compétition à un certain niveau. Qui démontrent ainsi votre capacité à travailler pour atteindre des objectifs, et bien entendu votre professionnellement transposable et hyper-développé esprit d’équipe. CQFD. Ceci étant, comme le souligne Jean-Jacques Durizy : « l’individualisme n’est pas une barrière au recrutement. Parfois il est même apprécié ».

Quelques très bons exemples


Wilhelm Laligant partage avec nous quelques exemples de formules qui l’ont particulièrement marqué :Un grand moment d’émotion : dégustation d’un Château Ikem 68Alors là, c’est 20 sur 20. Le candidat ne s’est pas contenté d’écrire « amateur de vin », mais adresse un clin d’œil au recruteur, qui ne manquera pas d’aborder cet évènement lors de l’entretien. Bien joué !Tour du monde avec mon sac à dos en 2002Marathonien 2h20Ces deux « activités » ne sont pas à la portée de tout le monde, les candidats évoquent en quelques mots mille et une qualités : endurance, détermination, goût du risque et de l’aventure, etc., etc. Titulaire du permis hauturierHa ! Tiens ! Vous faites de la voile ? Pourquoi, comment, depuis combien de temps ? Élevage de chats sacrés de Birmanie pendant 5 ansC’est décalé, c’est sympa, ça sort de l’ordinaire… Pourquoi pas !Autre piste intéressante, à l’heure du Web 2.0, celle que donne Jean-Jacques Durizy : « si l’on a des réalisations particulières à montrer, on peut tout simplement mettre un lien vers son blog par exemple. C’est très pratique pour le recruteur d’aller jeter un œil sur vos peintures, vos écrits ou autre ».

Ce qu’il faut bannir


Mieux vaut éviter de mentionner certaines choses. Vous vous investissez peut-être beaucoup, mais signaler vos activités politiques ou syndicales peut jouer en votre défaveur. Idem si vous faites partie d’un cercle religieux, ou d’une association « très connotée » (du style groupe anti-avortement, club pro-euthanasie, Amicale des Échangistes de Bourg-la-Reine...).

N’en faites pas trop non plus


On vous l’a maintes fois répété, la rubrique concernant vos centres d’intérêt permet de détendre l’atmosphère, de discuter « à bâtons rompus » d’un sujet autre que professionnel, voire de découvrir des atomes crochus avec votre employeur potentiel. Une somme de vertus qui ne doivent pas masquer les risques qu’elle comporte. « Gare à l’effet double-tranchant », prévient Wilhelm Laligant, qui se souvient d’une candidate très investie dans des activités associatives. Trop investie, en fait. « Elle avait tant de contraintes – elle devait partir tous les soirs à 16h25, avait de nombreuses réunions, prenait le train… – bref, ses autres centres d’intérêt étaient devenus son seul centre d’intérêt », raconte-t-il. Évidemment, il s’agit là d’un exemple extrême, et lorsque la pratique d’une activité extra-professionnelle exige des aménagements, on peut toujours trouver des arrangements avec son employeur.

La rédaction