Décrocher un CDI grâce aux groupements d'employeurs

Les groupements d’employeurs emploient 35 000 personnes en France. Créés à l’origine par les entreprises agricoles, ils sont aujourd'hui présents dans tous les secteurs et permettent d’obtenir un CDI à temps complet. Keljob vous éclaire sur leur fonctionnement et les conséquences pour les candidats.

C’est souvent pour palier des difficultés de recrutement que des entreprises d’un même territoire créent un groupement d’employeurs. « Il a pour objectif d’embaucher et de créer un emploi en CDI à temps plein ou à temps partiel », explique Philippe Vitoria, animateur général du Syndicat National des Groupements d’Employeurs. Comment ça marche pour les candidats ? Très simplement explique Fabienne Brismontier, recrutée le 1er décembre 2015 par le groupement d’employeurs breton Cornoualia et qui travaille désormais pour deux sociétés : Chancerelle à Douarnenez, et Cummins Filtrations à Quimper. « J’ai appris qu’un poste d’infirmière santé était à pourvoir à temps partagé et j’ai envoyé ma candidature au groupement d’employeurs ». Tout simplement on vous dit.
"Si le temps de travail est fractionné entre entreprises, le salarié n’a qu’un  patron. C’est le groupement d’employeurs qui l’emploie et qui établit son bulletin de salaire ainsi que son emploi du temps."

Un processus de recrutement plus long


Une fois la candidature reçue, c’est le groupement d’employeurs qui gère le recrutement du candidat. « Il sélectionne plusieurs candidats et les reçoit en entretien afin de s’assurer qu’ils répondent bien aux demandes des entreprises. », précise Cédric Ruellan, auteur du blog des groupements d’employeurs et président d’un groupement de 230 adhérents. Une candidature doit être validée par les entreprises demandeuses. Le candidat peut donc être amené à passer un entretien d’embauche dans chacune des entreprises concernées. « Si une entreprise n’aime pas le candidat, ce dernier peut toutefois être embauché pour les autres, explique Cédric Ruellan. Le groupement peut alors leur demander d’augmenter le nombre d'heures afin d'obtenir un temps plein. Il peut aussi se mettre en quête d’une entreprise ayant le même besoin. » Au final, « le recrutement est identique à celui d’une entreprise unique mais un peu plus laborieux car il faut obtenir l’accord des adhérents », note Philippe Vitoria. Fabienne Brismontier explique ainsi : « J’ai été sélectionnée pour un premier rendez-vous avec la directrice de Cornoualia. Puis j’ai eu deux entretiens d’embauche avec les DRH et les responsables hygiène, sécurité et environnement des deux entreprises qui embauchaient. Mais les deux sociétés ont sélectionné une candidate différente. J’ai alors passé deux autres entretiens et, cette fois-ci, j’ai reçu une réponse positive mi-novembre. J’ai commencé à travailler quinze jours après. »
 

Employé par le groupement d’employeurs


Si le temps de travail est fractionné entre plusieurs entreprises, le salarié n’a qu’un  patron. « C’est le groupement d’employeurs qui l’emploie et qui établit son bulletin de salaire ainsi que son maillage, autrement dit l’emploi du temps partagé entre les entreprises », ajoute Isabelle Le Faucheur, présidente de la Fédération Nationale des Groupements d’Employeurs. Le maillage peut s’effectuer de différentes façons : un morcellement par jour, par semaine ou par mois. « Je travaille à temps partagé, explique Fabienne Brismontier. Les lundis et mardis je suis chez Cummins Filtrations, les jeudis et vendredis chez Chancerelle. Les mercredis des semaines paires, je suis à Quimper, et à Douarnenez les semaines impaires ». « Un groupement d’employeurs facture tous les mois le nombre d’heures travaillées à chaque entreprise. Pour l’employé, cela ne fait aucune différence puisqu'il ne reçoit qu’une fiche de paie où tout est regroupé », poursuit Philippe Vitoria.
 

Un engagement envers le salarié et une certaine sécurité de l’emploi


« Si l’une des missions s’achève, le groupement est dans l’obligation de trouver une solution. Il peut alors proposer les compétences du salarié à d’autres entreprises, souligne Isabelle Le Faucheur. Dans tous les cas, il s’engage envers le salarié à le maintenir en CDI. » Certains groupements assurent parfois un salaire à temps plein alors que le nombre d'heures du salarié est incomplet, le temps de réussir à combler les trous. Par ailleurs, « le salarié est soumis aux mêmes conditions que les autres employés de l’entreprise et bénéficie des mêmes avantages au pro rata de son temps de travail dans la structure », ajoute Cédric Ruellan.
 

Adaptabilité et indépendance


Si les avantages sont évidents, travailler au sein d’un groupement d’employeurs nécessite d’avoir certaines aptitudes. « Il faut avoir beaucoup d’autonomie et de flexibilité », constate Philippe Vitoria. « La capacité d’adaptation du candidat doit être grande pour passer d’une entreprise à l’autre, d’autant que la diversité des tâches et des métiers est importante ; ce n’est pas pour les profils qui aiment la routine », selon Isabelle Le Faucheur. C’est ce que constate Fabienne Brismontier : « Mes responsabilités sont différentes d’une société à l’autre. Être sur deux sociétés demande de l’énergie et une concentration physique et intellectuelle constante. Cela nécessite aussi d’être bien organisée. Il me faudra une bonne année avant de me sentir parfaitement à l’aise dans mes deux missions. Mais c’est très intéressant car j’évolue dans deux mondes professionnels différents.  Si j’avais intégré une seule entreprise, je me serais peut-être lassée. Alors qu’ici, je retrouve un second souffle professionnel. »
 
Les groupements d’employeurs en chiffres *
- 1985 : création des premiers groupements d’employeurs dans le secteur agricole.
- 35 500 salariés travaillent dans les groupements d’employeurs.
- 5 100 groupements d’employeurs sont implantés dans l’Hexagone.
- 400 groupements d’employeurs sont multisectoriels, 180 se spécialisent dans l’insertion et la qualification.
 
* Chiffres de l’Union des Groupements d’Employeurs de France (UGEF) 2014

La rédaction