Déjeuner avec son chef : évitez les pièges classiques

Votre patron vous invite à manger un midi ? À priori, c’est qu’il a quelque chose à vous dire. C’est aussi l’occasion de faire bonne impression… ou pas. Découvrez les ingrédients d’un repas professionnel réussi.

1 Préparez-vous à toutes éventualités


Dans la plupart des cas, vous serez alerté par un mail que votre boss souhaite déjeuner avec vous. À moins qu’il ne passe une tête par votre bureau pour vous proposer une date. Quoi qu’il en soit, vous serez prévenu...
« Sans doute a-t-il quelque chose à vous dire », observe le consultant Yves Maire du Poset, auteur de Toutes les clés du savoir-vivre en entreprise. Tout est possible. Il peut vouloir vous recadrer comme vous annoncer une bonne nouvelle. Ou peut-être veut-il simplement vous connaître davantage.
Peu importe, il y a un enjeu et vous devez vous préparer. « Vous pouvez toujours faire des plans sur la comète, mais il est plus sage de formaliser sur un papier quels ont été vos succès derniers, vos échecs éventuels… bref, quelle a été votre activité ces derniers temps et comment vous vous en êtes sorti. C’est la meilleure manière de faire face à une éventuelle proposition nouvelle. Avec un tel travail de préparation, vous serez plus fort pour trouver la meilleure argumentation pour répondre à votre patron. »

2 Adaptez-vous à son rythme


Mais c’est au restaurant que les choses sérieuses commencent. « C’est un déjeuner avec un enjeu, pas un café au bout du couloir, analyse Steve Martel, responsable de Lamayonnaise, une société spécialisée dans le team-building culinaire en entreprise. Quand on déjeune avec son boss comme avec des clients, il y a des codes de préséance à respecter. »
Cet ancien consultant en management recommande notamment d’analyser le « profil du mangeur » que l’on a en face de soi… et de s’aligner. « C’est un moment de partage et il faut être en phase avec celui qui invite. C’est lui qui donne le la. S’il commande un plat direct, vous suivez. Même chose s’il prend d’abord une entrée. Il faut veiller à respecter son timing, sans manger trop vite ni traîner. »
Attention cependant à ne pas commander n’importe quoi. « C’est une évidence, mais il faut bannir les plats en sauce, type spaghettis bolognaise, ou les crustacés, pour être sûr de garder de bonnes manières à table. Pour ne pas parasiter le dialogue, mieux vaut opter pour des plats neutres et faciles à manger. » Et pour ce qui est de la boisson, on laisse là aussi faire le patron. « Si il prend une bouteille de vin, on accepte un verre mais s’il boit beaucoup, on fait plutôt semblant de l’accompagner. On trempe juste ses lèvres pour garder les idées claires. »

3 Soyez attentif


Quoi qu’il arrive, l’invité ne doit pas oublier l’enjeu du repas ni avec qui il se trouve. « Au final, c’est un moment faussement décontracté dans un contexte qui reste professionnel mais en dehors du bureau, poursuit Steve Martel. Il peut arriver que le manager vous interroge sur votre vie privée et mieux vaut réfléchir avant à ce que l’on a envie de donner ou pas. »
Toutefois, le pire serait de monopoliser la parole en parlant trop de soi : en effet, il faudrait quand même savoir où son boss a voulu en venir avec cette invitation ! « Ça peut être à la fois une épreuve comme un moment formidable et parfois même une aubaine, résume Yves Maire du Poset. Nous vous recommandons d’être patient, d’attendre qu’il s’exprime sur ses intentions. »
Mais si (et seulement si) rien ne vient, il n’est pas interdit de lui tendre une perche. « Si vous avez une idée à faire passer en rapport avec votre travail, cela peut-être une occasion à saisir, concède la coach en entreprise Stéphanie Roels. Mais il s’agit d’être bref, d’évoquer une envie ou une problématique précise, et de proposer de s'en entretenir ultérieurement au bureau. »

4 Réussir sa sortie de table


« Ça tombe sous le sens, l’invité n’essaie pas de payer, rappelle Steve Martel. C’est un déjeuner professionnel. C’est le boss qui paye et qui va même le passer en frais. » L’erreur serait de penser soudain que l’on a mangé avec un nouveau copain. Même si l’échange a été agréable, et même s’il a mordu sur des sujets plus intimes, le rapport de hiérarchie reste inchangé.
Yves Maire du Poset suggère même de s’en rappeler dans un petit mot bien tourné. « Envoyez un e-mail de remerciement de quelques lignes, simple mais sincère. » C’est souvent payant. « En procédant ainsi, vous marquez le coup en vous distinguant des autres qui n’auront pas eu cette bonne idée de remercier de manière formelle. Et en remerciant de la sorte, vous montrez à votre interlocuteur l’importance qu’un tel entretien représente pour vous. »

La rédaction