Développer son charisme : 5 trucs à tester au travail

Il n’y a pas que les managers qui ont besoin d’exercer une certaine autorité naturelle. Le charisme peut être utile à tous et dans de nombreuses occasions. Et bonne nouvelle, contrairement à ce que beaucoup pensent, ça peut se travailler. Pour cela, suivez les conseils pratiques de 2 experts.

Le charisme, ça s’apprend !
« L’autorité naturelle, ça se cultive », résume Mathieu Maurice, auteur du livre 4 clés pour gagner en autorité naturelle. Pour ce responsable du département Développement personnel du Cepig (Centre d’études de psychologie individuelle et de groupe) l’autorité naturelle repose sur un ou plusieurs piliers tels que le statut, mais aussi ses compétences ou sa capacité à faire partager une vision.
 
« Bien sûr qu’il y a une part d’inné dans le charisme d’un individu, qui tient à ses origines sociales et son éducation, ou encore sa taille et sa corpulence, ajoute Jean-Louis Muller, formateur et directeur associé du groupe Cegos. Mais il reste une très grande part d’acquis à la portée de quiconque. ».
 
Voici 5 principes à appliquer pour augmenter son charisme :

1 Autorité naturelle ne veut pas dire autoritarisme


« Cette autorité, ou charisme, se définit d’abord comme le pouvoir de se faire obéir, ou plus largement, par le pouvoir de se faire suivre, explique Mathieu Maurice. Elle ne se décrète pas mais se construit dans la durée. » L’autoritarisme, au contraire, est contre-productif. C’est même généralement un signe de faiblesse. « Quand on est mal, on surjoue et on est agressif. Un “petit chef” est souvent mal dans sa peau. Or une autorité naturelle laisse de la place aux autres, laisse d’autres autorités émerger. »
 

2 Savoir canaliser son agressivité


Toute autorité naturelle suppose une “agressivité constructive”, quel que soit son statut. « Que l’on soit chef ou pas, on doit savoir faire face intelligemment à certaines contrariétés », confirme Jean-Louis Muller. L’expert suggère la technique dite des trois phrases. « Prenez, par exemple, quelqu’un qui arrive très en retard à un rendez-vous et s’excuse platement. Ne dites pas que ce n’est pas grave, car c’est une attitude de soumission. Pas la peine de crier sa colère non plus, car cela entraînerait une escalade verbale stérile. En revanche, vous pouvez énoncez le problème, le malaise et les conséquences en trois phrases et clore de débat. Dites par exemple “Lorsque tu arrives à cette heure-ci, je me sens en colère car cela retarde le projet”. C’est une façon de dire la loi, sans attaquer ni humilier, de marquer le coup et de passer facilement à autre chose. »
 

3 Savoir prendre de la hauteur


Malgré tout, ce type de mise au point doit s’exercer avec circonspection. Car l’autorité naturelle suppose aussi un certain détachement par rapport à certaines réalités parfois triviales de la vie de bureau. « Si vous voulez exercer votre autorité naturelle à un poste de chef, il faut savoir accepter quelques désagréments, poursuit ce formateur également auteur du livre Exercez votre autorité avec diplomatie. Il faut savoir que l’on peut avoir un surnom ou être l’objet de critiques. Cependant, il ne faut pas être blessé et se dire que ce n’est pas la personne qui est visée mais la fonction. »
 
4 Savoir où on va
Pour exercer son autorité naturelle, l’individu doit aller vers un but précis. « Le point central est la cohérence, savoir ce que l’on veut, observe Mathieu Maurice. Il n’y a rien de pire que le tiraillement pour susciter le rejet. Il faut ainsi énoncer clairement ce que l’on veut. Celui qui rentrerait dans le bureau du patron en demandant une augmentation, tout en s’excusant d’être là manquerait son objectif. » Et il en va de même pour un manager. « Avoir de l’autorité, c’est vendre du futur, commente Jean-Louis Muller. Par exemple si quelque chose ne se fait pas, si vous dites “Je n'ai pas pu”, vous êtes cuit ! Il faut feindre d’avoir décidé de ne pas faire ou avoir une vraie alternative à proposer. »

5 Exercer son charisme


Le formateur propose quelques trucs faciles à appliquer pour augmenter sa force de persuasion. « On peut d’abord utiliser la technique de la lenteur, explique-t-il. On charme davantage en parlant lentement, en pesant ses mots et en travaillant la musicalité de sa voix. »
Il suggère, ensuite, de “saturer” l’espace. « Considérez que l’espace vous appartient. Dès que vous le pouvez, arrivez en avance quelque part pour reconnaître les lieux. C’est un effet habile de diversion. Pendant que vous prenez possession de l’espace, vous laissez moins de place aux idées négatives de votre interlocuteur. » La conquête, naturelle, commence.

La rédaction