En 2017 l'immobilier recrute toujours, avec ou sans diplôme

Le secteur de la gestion immobilière embauche. Les recruteurs sont moins sensibles au niveau d'études du candidat qu'à ses qualités. Esprit d'initiative, autonomie, ténacité, bon relationnel sont particulièrement appréciés.


« L'immobilier est un ascenseur social exemplaire. » Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet, réseau d'agences immobilières qui emploie 2 000 collaborateurs, ajoute : « un candidat motivé peut réussir rapidement, peu importe son origine ou son niveau d'études. »
 

Boom du secteur 


L'immobilier se porte bien. Selon une étude récemment publiée par le cabinet conseil EY, 8,2 % de la population, soit 2,1 millions de personnes travaillent dans ce secteur qui génère 10 % du PIB. Parmi les métiers de l'immobilier, la gestion est le plus gros employeur (741 500 postes en 2015), juste derrière la construction (1,12 million d'emplois), et continue d'embaucher. Antoine Dagnicourt est responsable des recrutements chez Citya immobilier, un administrateur de biens qui propose plusieurs types de services tels que la location, la gérance locative, la transaction immobilière et le syndic de copropriété. Il embauche actuellement des commerciaux : « Nous recherchons 50 négociateurs sur les 170 structures que compte Citya partout en France. »
 

Les qualités requises


« En transaction, le recrutement tient beaucoup à la personnalité du candidat, sa capacité à être pugnace, son savoir être, poursuit Antoine Dagnicourt. Tous nos collaborateurs sont en contact avec les clients, ils doivent être en mesure de leur apporter une prestation et de susciter la confiance. Dans certains métiers, comme la gestion de copropriété il faut également avoir des disponibilités horaires afin d'assister aux assemblées qui se déroulent parfois tard le soir. »
« Nous recherchons des qualités plutôt que des diplômes », abonde Fabrice Abraham de Guy Hoquet. Esprit d'initiative, volonté d'apprendre, ténacité et ambition, sont des qualités nécessaires pour faire carrière. Dans la gestion locative, les employés sont amenés à traiter régulièrement avec le client qu'il s'agisse d'échanges réguliers comme le paiement des loyers, ou le traitement de conflits. 
Pour Isabelle Favre, chargée de développement et directrice académique de l'ESPI (école supérieure des professions immobilières), « les recruteurs cherchent des personnes avec un bon relationnel, autonomes et capables de prendre des responsabilités rapidement ».
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Rapide évolution salariale


La gestion immobilière propose des rémunérations intéressantes. « Avec un bac +3, les jeunes diplômés peuvent espérer pour leur premier poste 28 000 euros annuels, et 33 000 euros annuels avec un bac +5, sans compter bien souvent 20 % de variable en plus », constate Isabelle Favre.      
 

Un secteur plus sélectif qu'auparavant


En 2016, le réseau d'agences Guy Hoquet a recruté 240 nouveaux collaborateurs et compte en embaucher 300 en 2017. « L'immobilier est un secteur qui plaît toujours, et même peut-être un peu plus qu'auparavant », remarque Fabrice Abraham de Guy Hoquet. En 2016 par rapport à 2015, l'entreprise a reçu 30 % de candidatures supplémentaires, et 2017 reste sur la même tendance.
« Nous recrutons une personne tous les 30 candidats », précise Fabrice Abraham. Une sélection plus forte qu'auparavant, selon le PDG, notamment parce que « le marché de l'emploi va mal, alors les candidats se tournent vers l'immobilier qui va bien ». Même constat à l'entrée des écoles spécialisées : l'ESPI a accepté 40 % d'étudiants supplémentaires en 2015 et 2016 par rapport aux années précédentes. « Nous avons plus d'étudiants, mais nous devenons de plus en plus sélectifs car nous souhaitons toujours placer 97 à 98 % de nos élèves à la sortie du cursus », souligne Isabelle Favre.
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De plus en plus de diplômés


Si l'immobilier est un secteur où faire carrière sans diplôme du supérieur reste possible, de plus en plus de recruteurs recherchent des candidats formés et opérationnels. Chez Citya, 72 % des collaborateurs sont des femmes et 26 % ont moins de trente ans. « La politique de l'entreprise et de faire confiance aux jeunes, souligne Antoine Dagnicourt. Les évolutions de carrière sont possibles : notre directrice transaction au niveau national a commencé tout en bas de l'échelle. »
Malgré cet exemple, Citya assume un virage dans la politique de recrutement. « Notre volonté est de recruter de plus en plus de salariés formés. Citya met l'accent sur la formation et son prochain objectif est d'intégrer des étudiants en alternance, en signant des partenariats avec des écoles spécialisées, comme l'ESPI par exemple », informe Antoine Dagnicourt.
À l'ESPI, la formation initiale propose en gestion immobilière un bachelor en trois ans après le bac, et une formation à bac +5 en property management qui permet d'accéder à des postes cadres. Les étudiants sont formés soit en alternance, soit avec un minimum de trois mois par an en entreprise. Une manière d'augmenter leurs chances d'être recrutés à la sortie.
 

Un secteur qui permet la reconversion


L’immobilier est également un secteur qui permet des reconversions. L'ESPI propose ainsi plusieurs types de formations continues. Les personnes qui s'engagent dans une reconversion dans l'immobilier « viennent de tous secteurs confondus », note Isabelle Favre.
 

Une tendance à l'indépendance


Si les candidats recherchent un poste fixe, les recruteurs apprécient de plus en plus ces profils. Cet indicateur montre que même si le marché de l'immobilier va bien, il tend à devenir de plus en plus flexible. Mais la tendance n’est pas générale. Certains acteurs, comme Guy Hoquet, ont fait le choix de ne pas avoir recours à des indépendants, payés à la commission, mais de n'embaucher que des salariés. Selon Fabrice Abraham, « les clients ne veulent pas d'un commercial trop agressif. Un salaire fixe conséquent, avec une petite variable, permet d'éviter les comportements déviants. »
En gestion immobilière, des postes plus sédentaires et techniques peuvent intéresser les profils juristes, et des emplois de terrain, où le relationnel tient une place importante peuvent tenter les commerciaux. Deux métiers éloignés, mais complémentaires, et actuellement recherchés par les agences.
 

La rédaction