Entretien annuel d'évaluation : que peut-on dire et que doit-on éviter ?

Souvent présenté comme LE moment privilégié de dialogue avec son boss, l’entretien annuel d’évaluation est un rite professionnel qu’il est important de maîtriser pour l’évolution de sa carrière. Retour sur ce qui peut se dire et ce qu’il vaut mieux garder pour soi à ce moment-là.

Préparer le jour J

L’entretien annuel d’évaluation ne peut être abordé sans un minimum de préparation puisqu’il s’agit de faire le bilan de l’année écoulée. « Le salarié peut identifier les réussites qu’il a pu avoir au cours des douze derniers mois. Il doit aussi aborder les points sur lesquels il a été moins optimal », souligne Noémie Cicurel, directrice chez Robert Half International. Pour cela, « il convient de reprendre le formulaire de l’entretien d’évaluation de l’an passé qui indiquait des objectifs quantitatifs comme un chiffre d’affaires à atteindre ou une marge de coûts à réduire, et qualitatifs donc plus axés sur le comportemental », propose Philippe Laurent, coach et formateur en entreprise.

Parler de sa satisfaction

Au cours de l’entretien annuel d’évaluation, le manager abordera vos réussites, vos échecs et recueillera vos commentaires. Vous pouvez, de votre côté, parler de ce qui vous procure du plaisir dans votre travail et de ce que vous aimez le moins. Car c’est l’occasion rêvée, comme l’illustre Noémie Cicurel : « en parlant de son niveau de satisfaction, le salarié peut faire passer un message au manager. S’il est à 80 % content et que les 20 % d’insatisfaction sont dus à un outil informatique désuet qui lui fait perdre du temps, il peut demander la mise en place d’un nouvel outil pour améliorer sa productivité. » Quoi qu’il en soit, lorsque vous soulevez un problème, ayez toujours une solution à soumettre à votre interlocuteur. Montrez-lui que vous savez identifier les difficultés tout en étant force de propositions.  

Évoquer ses besoins

« L’entretien annuel d’évaluation est le moment opportun pour mentionner ses besoins », estime Philippe Laurent. Ils peuvent prendre plusieurs formes à commencer par celle d’une formation. « Un salarié travaillant de plus en plus à l’international peut réclamer un stage pour renforcer son anglais. S’il gère de nombreux petits clients, il peut demander un cours Excel pour renforcer ses bases, illustre Noémie Cicurel. Ces demandes doivent suivre un fil conducteur pendant l’entretien ; elles doivent être reliées à l’insatisfaction ou aux objectifs qui n’ont pas été atteints. » Des souhaits d’une autre nature peuvent être verbalisés à l’intention du manager, selon Philippe Laurent : « il est possible de lui demander un accompagnement plus important, plus d’encouragements ou tout simplement des explications sur l’enjeu de certaines tâches devant être effectuées. »  

Demander une promotion

Au cours de l’entretien, vous pouvez solliciter une augmentation. Toutefois, il faut bien choisir le moment pour aborder le sujet. « Le salarié peut en parler en fin d’entretien à condition que le face-à-face se soit bien passé », avertit Noémie Cicurel. Autrement dit, si votre manager a passé les trente dernières minutes à relever les éléments que vous deviez améliorer, faites l’impasse sur cette demande de revalorisation financière. En revanche, « si le bilan est positif, c’est le moment de la demander ; mais il faut vraiment avoir obtenu de bons résultats, particulièrement en période de crise », confirme Noémie Cicurel. Outre l’aspect financier, vous pouvez réclamer une montée en grade, un surplus de responsabilité ou encore la direction d’un projet. « Si le salarié occupe son poste depuis trois ans, il peut expliquer au manager qu’il souhaite évoluer et aller plus loin dans son travail », complète Noémie Cicurel.  

Se taire, parfois

A priori, « le salarié peut parler de tout lors de son entretien ; il n’y a donc pas de sujet tabou », estime Philippe Laurent. Toutefois, certains thèmes peuvent aisément être passés sous silence. « La rumeur doit être écartée, car elle peut être source de polémique ; donc toutes les phrases commençant par ‘‘il paraît que’’ sont à bannir », conseille Noémie Cicurel. Même chose lorsqu’il s’agit de critiquer un collègue. « Pendant l’entretien annuel, vous parlez de vous et pas des autres ; sur 45 minutes d’échange, ce serait dommage de consacrer un quart d’heure à parler d’autrui », note-t-elle. Si toutefois vous rencontrez des difficultés avec une tierce personne, mentionnez-le dans les points d’insatisfaction sans omettre de proposer un moyen de résoudre le conflit.

Agnès Wojciechowicz