Entretien d'embauche : comment savoir ce qu'un recruteur pense de votre candidature

On n’y pense pas toujours, mais pour savoir ce qu’un recruteur pense de votre candidature, le plus simple c’est de lui demander ! La plupart des employeurs accepteront de vous livrer leur analyse à chaud. Voici nos conseils pour poser cette question en fin d’entretien d’embauche, sans paraître grossier.

La réaction des recruteurs face à ce type de question


Pour savoir comment ils se positionnent par rapport au poste qu’ils convoitent, certains postulants n’hésitent pas, en fin d’entretien, à demander aux recruteurs leurs avis sur leur candidature. Si certains professionnels des RH préfèrent botter en touche, d’autres sont plus ouverts. « Non seulement je trouve cette demande de feedback normale, mais en plus je m’y oblige. Lorsque j’ai besoin de prendre du recul et de rencontrer d’autres profils, je suis transparent et l’explique aux candidats, qui le comprennent très bien. Cette attitude me permet d’instaurer une relation de confiance avec eux », témoigne Sébastien Bompard, co-fondateur du cabinet Taste RH.
Un avis partagé par Amélie De Borda, consultante au sein du cabinet Ad Hominem. « Je ne suis jamais choquée lorsqu’un candidat me demande de lui faire un retour à la fin de l’entretien. Toutefois, je reste vigilante à la manière dont il est prêt à recevoir mes remarques négatives : certains peuvent facilement entendre que leur CV n’est pas bon, que leur parcours comporte des incohérences ou que leur personnalité ne colle pas aux attentes de l’entreprise, tandis que d’autres ne le peuvent pas. Dans ce dernier cas, je ne rentre pas trop dans les détails », explique-t-elle.
"Cette question permet de réenclencher la discussion, de défendre de nouveau des arguments voire même de parler d’une expérience qui n’a pas été abordée."

Les formules simples, toujours gagnantes


Catherine Sok, directrice des ressources humaines de Numergy, société qui propose des services de cloud computing, conseille aux candidats de privilégier les formulations simples pour cette question. Par exemple : "Comment évaluez-vous ma candidature au regard des autres candidats ?", "Quel retour pouvez-vous me faire à ce stade ?", "Qu’avez-vous pensé de notre échange ?", "Quelle suite pensez-vous pouvoir donner à ma candidature ?", "Pouvez-vous m’expliquer pourquoi je ne suis pas retenu dans la short-list ?" « Il est inutile de tourner autour du pot ou de recourir aux formulations trop policées. Autant prolonger l’échange de l’entretien en allant droit au but », estime-t-elle.
S’il ne fallait retenir qu’une seule formulation, Catherine Sok choisirait celle-ci : "Quels sont, selon vous, mes points forts et mes axes d’amélioration vis-à-vis du poste ?" Et pour cause : « cette question permet aux candidats de réenclencher la discussion, de défendre de nouveau leurs arguments voire même de parler d’une expérience ou d’une passion qui n’a pas été abordée pendant l’entretien. C’est une seconde chance », précise-t-elle. Si Amélie De Borda trouve cette stratégie pertinente, elle ne permet pas toujours d’obtenir de bons résultats, prévient-elle. « Il est rare que cette dernière étape de l’entretien me fasse changer d’avis sur un candidat. »
 

Reformuler les enjeux du poste


Pour Sébastien Bompard, la démarche gagnante c’est de s’appuyer sur son propre ressenti du rendez-vous pour demander son avis au recruteur. « Comme il le ferait dans un mail de relance, le candidat peut reformuler la fonction telle qu’il l’a comprise et synthétiser les enjeux du poste avant d’indiquer ses forces et ses faiblesses », explique-t-il. Par exemple : "Pour renforcer votre développement dans telle région, j’ai bien compris que vous recherchiez un manager meneur d’hommes, capable de fédérer une équipe et de soutenir les responsables locaux. Au regard de votre besoin, je pense que mon principal atout est de connaître les leviers de motivation qui peuvent mener une équipe vers la réussite. Pour occuper ce poste, j’estime toutefois qu’il me reste à acquérir des compétences dans la gestion de crise. Partagez-vous mon analyse ?" Cette formulation permet par ailleurs aux candidats de marquer des points en fin d’entretien. « Si la personne brigue un poste de commercial, elle prouve qu’elle dispose de bonnes facultés à écouter les autres. Plus généralement, cette technique envoie un message positif au recruteur : le candidat est prêt à s’améliorer », avance Catherine Sok.
 
Éventuellement, abstenez-vous de demander un avis si...
 
  • L’échange n’a pas été chaleureux. Vous risquez de braquer le recruteur, peut-être peu habitué à partager son ressenti à chaud.
  • L’entretien a duré moins de 20 minutes. Le recruteur ne pourra entrer dans le détail sur votre profil au vu des éléments qu’il aura récoltés en si peu de temps.
  • Vous êtes susceptible. Inutile de vous mettre dans une situation où vous risqueriez de perdre votre contrôle dès la moindre critique évoquée

La rédaction