Entretien d'embauche en vidéo différé : comment s'en servent les recruteurs ?

Venue d’outre-Atlantique, cette technique fait de plus en plus d’émules parmi les recruteurs français. Et pour cause, l’entretien vidéo différé permet d’effectuer une première sélection de candidats. Des professionnels du recrutement reviennent sur leurs critères d’évaluation à travers cet outil.

« L’entretien d’embauche en vidéo différé n’a pas remplacé le face-à-face, assure Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France qui utilise le procédé depuis plusieurs mois. En revanche, il peut se substituer au pré-entretien téléphonique. » D’autant que « le recruteur n’a pas toujours 20 minutes à consacrer à chaque candidat par téléphone, relève Michaël Cabrol, co-fondateur d’Easy Recue, plateforme de recrutement par vidéo. L’entretien en vidéo permet à la fois de contourner cet obstacle matériel puisqu’il lui suffit d’envoyer un lien à tous les candidats s’il le souhaite, et de capter des profils plus originaux. »
"Les candidats aux profils plus atypiques qui constituent 25 % des recrutements effectués par nos clients, se font repérer avant tout par les réponses qu’ils donnent aux questions des recruteurs."

Une chance pour tous


L’entretien en vidéo différé présente plusieurs avantages tant pour les recruteurs que pour les candidats. « Je peux regarder la vidéo du candidat quand je suis disponible ; je suis donc mieux concentré et plus attentif », indique Romain Devrièse, directeur chez Fed Supply. De plus, il leur permet de repérer des candidats qu’ils ne sélectionneraient pas forcément. « Certains ont réussi à me convaincre en vidéo alors que je ne les aurais pas nécessairement retenus sur la seule base de leur CV », confie Romain Devrièse. En effet, « cet outil donne une chance aux profils qui auraient pu paraître atypiques sur le papier, note Olivier Gélis. C’est une chance pour les candidats qui peuvent mettre en avant des qualités qu’on ne peut pas deviner à la lecture d’un CV », comme le dynamisme, un esprit synthétique, un discours structuré, etc. La vidéo peut donc créer la surprise ! En outre, « comme l’entretien vidéo différé peut être réalisé dans des conditions optimales à savoir quand les candidats se sentent prêts, ils ne sont plus pris au dépourvu par l’appel du recruteur », complète le directeur général de Robert Half France. Aussi les professionnels du recrutement vont-ils être particulièrement attentifs au degré de préparation des personnes.

 


Du punch et du contenu


À l’instar d’un entretien classique, c’est avant tout le discours du candidat qui déterminera la suite du processus de recrutement. « Les candidats aux profils plus atypiques qui constituent 25 % des recrutements effectués par nos clients, se font repérer avant tout par les réponses qu’ils donnent aux questions des recruteurs », illustre Michaël Cabrol. « Des candidats que je n’aurais pas retenus à la seule lecture de leur CV, ont réussi à me convaincre en vidéo grâce à leurs propos. Je me souviens d’un candidat qui m’a laissé un souvenir très précis car il avait un discours percutant et parce qu’il parlait face à la caméra avec ses mains et de manière synthétique », se remémore Romain Devrièse.
 

Accrocher comme dans un film


« La vidéo est un exercice nouveau donc moins aisé, les questions posées n’ont pas pour objectif de déstabiliser la personne, au contraire », assure Olivier Gélis. Romain Devrièse de préciser : « nous questionnons le candidat sur ses motivations et nous lui demandons en quoi son profil correspond au poste. Si les questions sont simples, les réponses doivent être préparées afin que le discours soit précis et efficace tout de suite. Comme dans un film, s’il n’accroche pas immédiatement, nous n’aurons pas envie de regarder la suite. » Même exigence pour Sasha Kalusevic : « la personne doit entrer dans le vif du sujet très rapidement en formulant des réponses structurées et précises pour qu’il me donne envie de le revoir en entretien. »
 

Une image professionnelle


Enfin, le candidat va être jugé à l’aune de facteurs plus protocolaires tels que le cadre dans lequel il s’enregistre, son look vestimentaire, ses gestes et sa posture. « Nous restons attentifs à des éléments plus formels tels que la présentation du candidat, sa tenue, l’angle de la caméra  », confirme Sacha Kalusevic. « La présentation physique reste importante de même que l’environnement ; au fond le principe est le même que lors d’un entretien en face à face », conclut Romain Devrièse.

La rédaction